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De la Courbe de Phillips à l'arbitrage entre chômage et inégalités. Natixis. Juin 2016.

Publié le 22/06/2016

Flash Économie n°666, 21 juin 2016.

par Patrick Artus.

Résumé

Dans le passé, l'arbitrage central en macroéconomie était l'arbitrage entre chômage et inflation (la Courbe de Phillips) : les politiques de soutien de la demande de biens et services font baisser le chômage mais au prix d'une inflation plus forte venant d'une hausse des salaires plus rapide.

On voit aujourd'hui, avec la flexibilité accrue des marchés du travail, avec la baisse du pouvoir de négociation des salariés, probablement la disparition des Courbes de Phillips.

Mais on voit apparaître un nouvel arbitrage, sauf dans un très petit nombre de pays, aussi lié au fonctionnement du marché du travail, l'arbitrage entre chômage et inégalités de revenus.

Pour obtenir un chômage faible, dans les économies contemporaines, il faut accepter la bi-polarisation du marché du travail, entre des emplois qualifiés à salaire élevé et des emplois peu qualifiés dans les services peu sophistiqués à salaire faible. Le plein emploi est en effet assuré par les créations d'emploi peu qualifiés dans les services, pendant que le nombre d'emplois intermédiaires, dans l'industrie en particulier, diminue.

S'il faut de fortes créations d'emplois dans les services peu sophistiqués pour assurer le plein emploi, il faut que les salaires associés à ces emplois soient faibles, donc il faut accepter des inégalités de revenus élevées.

Les pays qui rejettent les inégalités et maintiennent des salaires élevés pour les peu qualifiés réduisent l'emploi dans les services peu sophistiqués, et conservent un chômage élevé (structurel).