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Le logement social diminue-t-il la ségrégation ? OFCE. Mai 2018.

Publié le 28/05/2018

Quel est l'effet de l'habitat en logement social sur la mixité sociale et la ségrégation des populations immigrées non-européennes en France ? Pour répondre à cette question, Gregory Verdugo, économiste à l'OFCE, et Sorana Toma, sociologue à l'ENSAE, ont exploité les données du recensement de la population française de 1982 à 2012, afin de connaitre précisément le niveau et l'évolution de la ségrégation spatiale des immigrés en France. Ce billet du blog de l'OFCE présente les résultats de leur étude (Can public housing decrease segregation ?, OFCE Working paper, n°17, 2018).

Les immigrés non-européens ont une probabilité croissante de vivre en logement social depuis 1982. De nombreux HLM se situent dans des grands ensembles isolés du reste de la population, mais il existe aussi des quartiers où le logement social est minoritaire à côté des logements privés. Les auteurs montrent que, si la ségrégation est relativement stable en moyenne sur la période étudiée (et largement inférieure au niveau de ségrégation observé aux États-Unis par exemple), la situation est très variable selon les quartiers et leur composition sociale. Dans les "enclaves immigrées" où la population se compose de plus de 30% de ménages immigrés, la part des immigrés non-européens a presque triplé entre 1982 et 2012, pour atteindre plus de 30% en 2012. En revanche, dans les quartiers ayant moins de 30% d'immigrés, seulement 5 à 15% des ménages sont des immigrés non-européens et cette proportion a eu tendance à diminuer.

Comment expliquer que l'installation des immigrés non-européens dans les grands ensembles HLM ait renforcé leur concentration ? Selon les auteurs, la croissance de la part des ménages non-européens en logement social s'est faite au même rythme dans les grands ensembles et dans les petites cités. Mais, près des grands ensembles, la part des natifs vivant en logement privé a chuté, ce qui a diminué la diversité sociale des quartiers. A l'inverse, l'installation des immigrés non-européens dans des cités plus petites a favorisé la mixité sociale, car elle a permis d'augmenter la présence de ces minorités dans des quartiers où le logement social est plus rare et où les logements privés sont principalement occupés par des natifs.

"Le logement social diminue-t-il la ségrégation ? Les leçons ambiguës de l'immigration non-européenne en France", Blog de l'OFCE, billet du 23 mai 2018.

par Gregory Verdugo.

Résumé : La hausse du nombre d'immigrés non-européens résidant en logements sociaux en France a eu des effets ambivalents sur la ségrégation à leur égard. Si leur installation dans des cités de taille modeste a modéré leur concentration, leur installation dans les grands ensembles l'a renforcée, notamment parce qu'en même temps le nombre de natifs dans les logements privés de ces quartiers a chuté. La répartition des HLM entre quartiers a un impact important sur la mixité sociale.

 

Graphique Distribution des ménages immigrés non-européens selon la proportion d'immigrés dans le quartier, 1982-2012

Source : Blog de l'OFCE, 23 mai 2018