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Où en est le débat sur la stagnation séculaire ? DGT. Octobre 2016.

Publié le 13/10/2016

Cette publication de la direction générale du Trésor revient sur le concept de stagnation séculaire, ses différents facteurs, ainsi que ses applications au niveau régional ou mondial. Elle propose un état des débats économiques sur la réalité de la stagnation séculaire et sur les solutions préconisées.

Les Lettres Trésor-Éco visent à apporter un éclairage économique synthétique sur des sujets d'importance structurelle ou d'actualité. 

Lettre de Trésor-Éco n°182, 11 octobre 2016.

par Anne Jaubertie et Linah Shimi.

Résumé

Le concept de stagnation séculaire a été introduit en 1938 par Hansen, inquiet d'un niveau d'investissement insuffisant pour atteindre le plein-emploi. Oublié pendant les décennies suivantes, ce concept a été réintroduit par Summers à la fin de l'année 2013, en le définissant comme une situation où l'économie ne parvient pas à se rapprocher de son potentiel de croissance, du fait notamment de la difficulté à abaisser suffisamment les taux d'intérêt réels.

Initialement centré sur une faiblesse persistante de la demande, ce concept recouvre également une situation d'affaiblissement de la croissance potentielle, en particulier de la productivité et de l'accumulation du capital. Les explications de la faiblesse de l'activité par des facteurs de demande ou d'offre ne sont pas exclusives et se renforcent mutuellement. En effet, la faiblesse de la demande peut peser sur la croissance potentielle via des effets d'hystérèse (par exemple, perte de capital humain liée à la persistance d'un chômage de longue durée). Réciproquement, une faiblesse anticipée de l'offre potentielle à long terme peut peser sur la demande dès le court terme via des effets d'anticipations.

L'échelle géographique d'application du concept de stagnation séculaire demeure source d'interrogations : si certains économistes soulignent l'importance de la dimension mondiale, les premières applications ont souvent été proposées à l'échelle nationale. Actuellement, le débat académique se centre sur la transmission internationale de la stagnation séculaire et les risques de guerre des changes et de stagnation économique mondiale qui y sont liés.

Ce concept de stagnation séculaire suscite de vifs débats parmi les économistes, à la fois quant à sa réalité et aux facteurs qui l'expliquent. La plupart des économistes s'accordent toutefois sur la nécessité d'une réponse globale pour éloigner les risques d'une stagnation durable, combinant des mesures monétaires, budgétaires et structurelles, et de préférence coordonnée au niveau international.

Sommaire

1. La stagnation séculaire : approche par l'offre ou par la demande ?

1.1 Un concept initialement centré sur la faiblesse de la demande, qui s'explique notamment par une hausse de l'épargne désirée

1.2 Un concept complété par des facteurs d'offre, qui expliquent notamment le recul de l'investissement

1.3 Des facteurs de demande et d'offre qui se renforcent mutuellement

2. La stagnation séculaire : une baisse du taux d'intérêt réel d'équilibre qui fait peser un risque de faiblesse durable de l'activité

2.1 Un écart entre épargne et investissement désirés qui se traduit par une baisse du taux d'intérêt réel d'équilibre

2.2 Une baisse du taux d'intérêt réel d'équilibre qui fait peser un risque de faiblesse durable de l'activité dans le contexte actuel ?

3. La stagnation séculaire : un phénomène local ou mondial ?

3.1 L'application du concept au niveau local : de l'exemple américain à l'exemple européen

3.2 Une dimension mondiale au cœur du phénomène de stagnation séculaire, basée sur une transmission par le marché d'actifs sûrs

4. Les recommandations politiques pour éloigner les risques de stagnation séculaire

4.1 Une réponse globale combinant politiques monétaire, budgétaire et réformes structurelles

4.2 Une réponse coordonnée pour tenir compte de la dimension mondiale du phénomène