Flash Economie n°170, 21/02/2013.par Patrick Artus.
RésuméSi le multiplicateur budgétaire (effet sur le PIB d'une variation ex ante de 1 point du PIB du déficit public) dans les pays de la zone euro est effectivement supérieur à 1, la stratégie budgétaire de la zone euro va continuer à conduire à une forte perte de croissance et à une faible amélioration des finances publiques.
Il faudrait donc pouvoir faire baisser le multiplicateur budgétaire dans la zone euro; compte tenu de ce que sont les déterminants du multiplicateur, il faudrait :
- qu'il puisse y avoir une reprise du crédit, mais aujourd'hui d'une part les banques dans beaucoup de pays de la zone euro continuent à accumuler des créances douteuses; d'autre part, le désendettement du secteur privé n'est pas terminé; il faudrait donc accélérer le nettoyage des bilans des banques et le désendettement;
- qu'il puisse y avoir baisse du taux d'épargne des ménages pour soutenir la demande privée; ceci implique d'abord que les ménages anticipent une croissance de long terme plus forte, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui où le recul de l'investissement accentue la faiblesse de la croissance potentielle; toutes les politiques qui soutiennent la croissance de long terme (investissements européens, effort d'innovation, dérèglementation des marchés des biens et services) sont donc utiles. La baisse du taux d'épargne des ménages nécessite aussi que la réduction des dépenses publiques dans le futur et la stabilisation du taux d'endettement public soient crédibles.