Ce qui est tout à fait assuré relève des points 1 et 2.
1 - L'atmosphère qui entoure la Terre, à la manière d'une serre, piège le rayonnement solaire : c'est l'effet de serre, déjà souligné par un physicien
Arrhenius à la fin du 19ème siècle. C'est à priori un effet heureux : en son absence, il ferait un temps un peu frisquet et sans doute inhospitalier aux formes de vie auxquelles nous sommes accoutumés : la température moyenne sur la Terre serait, de source autorisée, aux alentours de moins dix-huit degrés !
L'intensité de l'effet est liée à la présence dans l'atmosphère d'un certain nombre de gaz, les fameux gaz à effet de serre. Parmi les 6 retenus dans le protocole de Kyoto, le gaz carbonique (C02) - on l'appellera souvent comme le font les Anglo-Saxons dioxyde de carbone -, et le méthane (dont la formule chimique est CH4), sont les deux principaux responsables de l'effet de serre {viennent ensuite le protoxyde d'azote (N20), les hydrofluorocarbones (HFC), les hydrocarbures perfluorés (PFC) et l'hexafluorure de soufre (SF6)}. De tous, le gaz carbonique, est le plus important pour sa contribution instantanée au réchauffement, mais aussi le plus tenace : il faut plus de cent ans pour que quittent l'atmosphère la moitié de cent molécules qui y sont diffusées aujourd'hui, contre une dizaine d'années pour le méthane...
2 - La concentration de CO2, que les scientifiques mesurent en parties par millions en volume (ppmv), est passée de 280 à 370 ppmv, soit une augmentation de plus de trente pour cent depuis le début du XIXe siècle.

Source : Rapport du CAE n°39
Kyoto et l'économie de l'effet de serre p.14 graphique 3a
Si ces chiffres ne sont pas inédits dans l'histoire de la planète, il faut quand même sans doute remonter à 16 millions d'années pour retrouver des niveaux analogues, en gaz carbonique. Mais plus que l'amplitude, c'est la rapidité de l'évolution qui est frappante : pour le gaz carbonique, plus de 100 000 siècles d'une stabilité relative sont à mettre en regard de deux siècles de montée continue.
3 - Le troisième point est lui aussi peu douteux. L'accroissement de la concentration des gaz à effet de serre date du début de la révolution industrielle, même si tout ne vient pas de l'industrie : l'activité agricole est un autre facteur important de l'accroissement des émissions de méthane. Mais c'est bien le bouleversement de nos modes de production et de nos modes de vie, issu de la révolution industrielle, qui est à l'origine de la montée de la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre. Elle est comme disent joliment les experts, d'origine anthropique. Pour le gaz carbonique, l'accroissement des émissions vient bien entendu du développement considérable de l'usage des combustibles fossiles : charbon, pétrole et gaz ont de multiples usages, ils servent à produire une grande part de l'électricité et plus généralement de l'énergie mise à la disposition tant de l'industrie que des particuliers pour leurs usages domestiques (chauffage...). L'énergie utilisée dans les transports vient quant à elle presque exclusivement des combustibles fossiles, directement (essence et gazole) ou indirectement utilisés (lorsqu'ils servent à produire une partie de l'énergie utilisée - l'électricité qui alimente la motrice du TGV par exemple).
Globalement pour la France, on attribue aujourd'hui 22 pour cent des émissions de gaz carbonique à l'industrie, 18 pour cent à la production d'énergie, 34 pour cent aux transports et 26 pour cent au résidentiel et à l'agriculture.

Source : Rapport du CAE n°39
Kyoto et l'économie de l'effet de serre p.12 graphique 1
Le bilan global est spectaculaire : chaque Français contribue en moyenne à émettre chaque année dans l'atmosphère 6,25 tonnes de gaz carbonique et donc - chaque tonne de CO2 contenant 12/44 de carbone - 1 tonne 700 de carbone ! La moyenne européenne est de 2 tonnes 3. La différence vient en partie de notre parc nucléaire qui, souvent décrié par ailleurs, produit une électricité sans carbone. Les Américains, eux, détiennent un record : 6 tonnes de carbone par habitant. Là-bas, la croissance est gourmande en énergie, laquelle est jusqu'à présent restée bon marché par consensus politique.