Publié le :
26 juillet 2007
Enfin aux échelons 6,7 et 8, nous montons d'un cran dans l'incertain.
6 - Si le diagnostic sur les évolutions passées n'est pas pleinement assuré, l'incertitude qui entache la prévision et l'avenir est plus grande encore et ce d'autant plus que l'avenir est plus lointain. Quels seraient, par exemple, les effets sur le climat d'une multiplication par 2,5 de la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère par rapport à son niveau préindustriel - un niveau que les évolutions tendancielles pourraient faire rejoindre au début du siècle prochain ?. Les études conduisent à des résultats qui, pour un même scénario d'évolution des gaz à effet de serre, restent dispersés. Le Groupe International d'Etudes du Climat (GIEC), qui est l'instance internationale d'expertise sur l'effet de serre indique, pour le scénario de montée des concentrations évoqué ci-dessus, une élévation de la température moyenne sur la planète en 2100, qui va, selon les modèles de 2,7 à 4,7 degrés, donc dans une fourchette dont le milieu est de 3,7 degrés. Et, il faut le souligner, un changement de température moyenne de 3 à 4 degrés est sans doute synonyme de bouleversement climatique. Avec 5 degrés de moins en moyenne qu'aujourd'hui le climat de la planète, il y a 15000 ans, était très différent : l'Europe était alors couverte de glaces !
7 - Les effets du changement climatique sont eux mêmes incertains
A court terme, d'abord. Les effets climatiques d'un effet de serre accru, dont l'ampleur est de toute façon mal assurée, sujette à caution, devraient rester limités. Limités ne veut pas dire qu'ils ne seront pas spectaculaires. Rappelons-nous les tempêtes de 1999. Elles appartiennent à la catégorie de ce que les météorologues appellent des événements extrêmes, événements dont les modèles climatiques prévoient la multiplication. Mais cette prédiction ne pourra trouver de vérification statistique dans un avenir proche : il faut pour la confirmer des observations en nombre suffisant quand les événements extrêmes restent par nature même relativement rares... Limités ne veut pas dire non plus qu'ils ne pourront être extrêmement dommageables, pour certaines régions, certaines activités. Ainsi un réchauffement sensible toucherait-il de plein fouet l'activité des stations de sports d'hiver de moyenne montagne, déjà affectées par les années chaudes de la décennie 1990. À échéance sans doute plus lointaine, la montée du niveau des mers due à au réchauffement pourrait menacer les zones sensibles du Bangladesh comme celles de la Hollande et en submerger une partie. Les grands récifs de coraux disparaîtraient-ils alors ? C'est vraisemblable selon les experts. Le climat serait-il différent ou dégradé ? Et cela de façon temporaire ou définitive ? Personne n'a, semble-t-il, de réponse assurée à ces question.
À plus long terme, le risque devient multiforme. Les spécialistes évoquent, sans se risquer à quantifier les probabilités d'occurrence, "des surprises". L'une d'elles serait, par exemple, le dégel du permafrost sibérien libérant le méthane qu'il contient, alimentant un processus cumulatif de réchauffement et dégazage, autre "surprise" possible, au-delà de ce siècle, le changement de la circulation thermohaline dans l'océan Atlantique ferait redescendre le Gulf Stream de l'Irlande du nord à Gibraltar. L'Europe se refroidirait (se couvrirait même de glaces dans certains scénarios) dans un monde qui, globalement, se réchaufferait
8 - L'évaluation des dommages socio-économiques du changement climatique, au fur et à mesure de sa manifestation, est un exercice particulièrement délicat. On peut certes évaluer les changements de production agricole, les pertes de capital productif. Mais comment évaluer les pertes environnementales, les effets des migrations que susciteraient nécessairement en Asie et en Afrique certaines des modifications attendues. Et comment évaluer la souffrance des "réfugiés climatiques" ou les difficultés des sociétés d'accueil ? Nous connaissons mal les impacts, et donc les dommages, de l'effet de serre sur le climat.