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Testing et discrimination à l'embauche. Insee. Juillet 2012.

Economie et Statistique n°447, juillet 2012 :


par Yannick L’Horty, Emmanuel Duguet, Loïc du Parquet, Pascale Petit et Florent Sari.

Résumé

Cet article propose une mesure expérimentale des effets du lieu de résidence sur l'accès à l'emploi de jeunes qualifiés. Il s'agit non seulement de mesurer un effet toutes choses égales par ailleurs, mais aussi de vérifier si cet effet est différent pour certaines catégories de population. Ainsi, la discrimination à l'embauche à l'encontre des jeunes est étudiée en Île-de-France à travers trois effets : réputation du lieu de résidence, sexe et origine (française ou maghrébine). Les données résultent d'un protocole de testing : 3 684 candidatures ont été envoyées en réponse à 307 offres d'emploi pour une profession qualifiée et en tension, les informaticiens de niveau BAC+5, pour laquelle les discriminations devraient, a priori, être très réduites. Pour étudier la discrimination territoriale les candidats fictifs ont été localisés dans trois communes du Val-d'Oise : Enghien-les-Bains, Sarcelles et Villiers-le-Bel. Dans l'ensemble, une origine maghrébine n'apparaît pas discriminante pour les hommes. Elle est cependant plus pénalisante lorsque les candidats résident à Sarcelles : les hommes et les femmes y ont de plus faibles chances d'accéder à un entretien d'embauche (en CDI pour les hommes et quel que soit le poste pour les femmes). Une discrimination territoriale affecte exclusivement les femmes. Pour celles-ci, le fait de résider dans une commune défavorisée (Villiers-le-Bel ou Sarcelles) plutôt que dans une commune favorisée (Enghien-les-Bains) réduit la probabilité d'accéder à un entretien d'embauche. De plus les candidates d'origine française qui résident à Villiers-le-Bel sont plus pénalisées que celles qui vivent à Sarcelles. En effet, elles habitent dans une commune qui a connu en 2007 des émeutes urbaines médiatisées, tandis que Sarcelles est également une commune défavorisée, mais moins médiatisée.


par Romain Aeberhardt, Denis Fougère et Roland Rathelot.

Résumé

Parmi les méthodes utilisées pour détecter la présence de phénomènes discriminatoires, les expériences de terrain de type testing font aujourd'hui l'objet d'un intérêt tout particulier. La mesure de ces phénomènes à l'aide des sources statistiques usuelles soulève en effet un certain nombre de difficultés auxquelles le testing est présumé apporter une réponse simple et efficace. Il était donc tout naturel qu'Économie et Statistique ouvre ses colonnes à cette approche et l'article de Yannick L'Horty, Emmanuel Duguet, Loïc du Parquet, Pascale Petit et Florent Sari est une très bonne occasion de le faire. Comme c'est souvent le cas pour ce type de travail, les résultats obtenus sont relatifs à un terrain particulier, mais ils sont intéressants par la tentative de croiser différentes sources potentielles de discrimination et d'analyser leur interaction. Et leur article est surtout une introduction concrète très utile à la méthodologie du testing, avec une présentation détaillée du protocole suivi et de ses justifications. Pour autant, il importe de rappeler que cette méthodologie n'est pas sans limites, et que ses résultats doivent donc être considérés avec précaution. Le présent commentaire ne va pas reprendre point par point les différents aspects du travail de L'Horty et de ses co-auteurs, mais il va s'efforcer de rappeler les principaux éléments du débat dont les méthodes de testing sont actuellement l'objet.

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mise à jour le 19 juillet 2012
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