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Secteurs multi-collèges à Paris : un outil efficace pour lutter contre la ségrégation sociale ? IPP. Septembre 2018.

Publié le 20/09/2018

Note IPP n°35, Institut des Politiques Publiques, septembre 2018

par Julien Grenet et Youssef Souidi.

Résumé

Les collèges parisiens se caractérisent par des niveaux de ségrégation sociale parmi les plus élevés de France, du fait de l'ampleur des contrastes sociaux qui opposent des quartiers pourtant proches géographiquement (ségrégation résidentielle) et de l'importance de l'évitement vers le secteur privé des catégories sociales les plus favorisées.

Face à ce constat, le Conseil de Paris a voté au mois de janvier 2017 la création de trois secteurs bi-collèges dans les 18e et 19e arrondissements. Ce dispositif a consisté à mettre en place des secteurs communs à plusieurs collèges afin de diversifier leur recrutement social. Le bilan provisoire que l'on peut tirer de la première année d'expérimentation (2017-2018) est encourageant. Deux des trois secteurs ont atteint leur objectif de mixité sociale et ont entraîné une diminution de l'évitement vers le secteur privé. Si le troisième secteur n'a pas permis de rééquilibrer à court terme la composition sociale des collèges concernés, les résultats de l'évaluation permettent d'envisager plusieurs pistes d'amélioration.

Points clés

• À la rentrée 2017-2018, trois secteurs bi-collèges ont été mis en place dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale et ont concerné près de 700 élèves entrant en sixième.

• Deux procédures distinctes ont été mises en œuvre pour affecter les élèves dans les secteurs nouvellement créés : la «montée alternée» (secteur Berlioz-Coysevox) et le choix régulé (secteurs Curie-Philipe et Bergson-Pailleron).

• Au terme de leur première année d'existence, les secteurs Berlioz-Coysevox et Bergson-Pailleron ont permis de renforcer la mixité sociale dans les collèges concernés et ont entraîné un reflux de l'évitement vers le secteur privé.

• En revanche, l'échec du secteur Curie-Philipe à rééquilibrer à court terme la composition sociale de ces deux collèges REP met en lumière les difficultés inhérentes à la transition d'un système d'affectation vers un autre.

 

Une forte ségrégation dans les collèges parisiens :

Les élèves de PCS défavorisées représentent 17% de l'ensemble des collégiens parisiens, mais cette proportion varie de 0,3% dans le collège le plus favorisé à 63% dans le collège le plus défavorisé. Les collèges privés accueillent 24% d'élèves de PCS défavorisées et les collèges privés seulement 3%.

La ségrégation entre collèges publics se manifeste à une échelle spatiale très fine, elle est présente dans presque tous les arrondissements périphériques.

Source des graphiques : Note IPP n°35, septembre 2018