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CDD, CDI : comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans ? Dares. Juin 2018.

Publié le 25/06/2018

Cette étude de la Dares montre que la dualisation du marché du travail s'est accentuée en France depuis 25 ans, entre les salariés en CDI et les salariés multipliant les CDD, dont la durée a eu tendance à se raccourcir. L'usage du CDD s'est profondément transformé. Les entreprises ont plus souvent recours aux CDD lorsqu'elles embauchent (graphique 1), ce qui a généré une augmentation de la part des CDD dans le stock d'emploi : 12% des personnes en emploi salarié (hors intérim) dont en CDD en 2017. La hausse du nombre d'embauches en CDD résulte aussi de la réduction de la durée moyenne des CDD, qui a entraîné une hausse du nombre de CDD successifs pour un volume de travail donné (graphique 2). Ainsi, en 2017, la proportion des contrats très courts parmi les CDD, d'une durée inférieure à un mois, s'élevait à 83%, contre 57% en 1998 (graphique 3). Les employés et les professions intermédiaires du tertiaire ont la plus forte probabilité de signer un contrat très court, tandis que les cadres obtiennent plus fréquemment des CDI que les autres catégories professionnelles. L'industrie et la construction ont davantage recours à l'intérim qu'aux CDD pour leurs embauches en contrat temporaire (tableau 1).

Dares Analyses n°026, 21 juin 2018.

par Kévin Milin (Dares).

Résumé

En France, 88% des salariés (hors intérim) sont en contrat à durée indéterminée (CDI) et 12% en contrat à durée déterminée (CDD) en 2017. Cette part de CDD dans l'emploi salarié a augmenté fortement entre 1982 et 2002, puis plus modérément.

Au sein des flux d'embauches en CDD et CDI, la part des CDD a nettement progressé en vingt-cinq ans, notamment à partir des années 2000, passant de 76% en 1993 à 87% en 2017. Cette évolution structurelle dans les mouvements de main-d'œuvre s'accompagne d'une forte hausse des contrats de très courte durée ; en 2017, 30% des CDD ne durent qu'une seule journée.

Le phénomène est particulièrement marqué dans certains secteurs d'activité, comme l'hébergement médicosocial, l'audiovisuel ou la restauration. Il est moins marqué dans l'industrie et la construction, où l'emploi temporaire passe avant tout par l'intérim.

En 2017, 40% des salariés ont un contrat de moins d'un mois au cours d'un trimestre donné, sans avoir ce trimestre-là ni CDI ni CDD plus long et signent en moyenne 3,5 CDD de moins d'un mois dans le trimestre.

En matière de rupture de contrats, les pratiques ont évolué suite, notamment, à l'instauration des ruptures conventionnelles en 2008. Ces dernières se seraient substituées principalement aux démissions et également en partie aux licenciements économiques. Ceux-ci voient donc leur baisse tendancielle accentuée par cette nouvelle forme de rupture.

Le taux de rotation de la main-d'œuvre augmente fortement en vingt-cinq ans, passant de 29% en 1993 à 96% en 2017. Cette hausse résulte essentiellement du développement des CDD très courts, alors que le recours au CDI reste relativement stable. Les pratiques contractuelles font ainsi apparaître une dualisation du marché du travail plus marquée, entre des salariés en CDI et d'autres multipliant les contrats très courts.

Sommaire

  • Un usage du CDD profondément transformé
  • Forte diminution de la durée des CDD
  • Une plus grande fréquence des CDD très courts dans certains secteurs du tertiaire
  • Une récurrence des CDD très courts plus élevée dans les services
  • La démission, premier motif de rupture anticipée
  • Vingt-cinq ans de pratiques de ruptures de contrat…
  • … dans un contexte de relative stabilité des taux de sortie en CDI
  • Une hausse du taux de rotation de la main-d'œuvre en vingt-cinq ans

Encadrés :

  • Encadré 1 : Législation du CDI et du CDD : quelques points clés
  • Encadré 2 : Les sources de données mobilisées pour la reconstitution des mouvements de main d'œuvre
  • Encadré 3 : Champ retenu et principaux indicateurs commentés dans l'étude
  • Encadré 4 : La prééminence de l'intérim sur le CDD dans l'industrie et la construction
  • Focus : Estimation de l'effet des ruptures conventionnelles sur les autres modes de rupture de contrat

 

Quelques graphiques extraits de la publication :

• La très grande majorité des contrats signés chaque trimestre est constituée de CDD :

Graphique 1

graphique Part des CDD dans les embauches

Source : Dares Analyses n°026, juin 2018

• La durée moyenne des CDD a été divisée par un peu plus de deux entre 2001 et 2017 :

Graphique 2

graphique Moyenne et quartiles des durées des CDD arrivés à terme

Source : Dares Analyses n°026, juin 2018

• La part des contrats de moins d'un mois atteint 83% en 2017 :

Graphique 3

graphique Part des CDD de moins d'un mois dans les CDD arrivés à terme

Source : Dares Analyses n°026, juin 2018

• Le nombre d'embauches en contrats temporaires (CDD et intérim) est proche des 200 pour 100 salariés en 2017, avec prédominance de l'intérim pour l'industrie et le bâtiment et des CDD pour le tertiaire :

Tableau 1

tableau Taux d'entrée en contrat temporaire (intérim et CDD) et part de l'intérim en 2017 selon le secteur

Source : Dares Analyses n°026, juin 2018

Sur le même sujet, voir aussi cette publication :

Rémy V. (2017), "Pourquoi les employeurs choisissent-ils d'embaucher en CDD plutôt qu'en CDI ?", Dares Analyses n°070.