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Crise du coronavirus : impacts, enjeux et politiques économiques. Mars 2020.

Publié le 30/03/2020
Les éclairages des chercheur·e·s en économie sur la crise du Covid-19

La pandémie du Covid-19 et les mesures prises pour limiter sa propagation provoquent un choc récessif de grande ampleur et sans équivalent dans l'histoire récente. Il s'agit à la fois d'un choc d'offre et de demande. La réponse à la crise sanitaire par le confinement de la population dans de nombreux pays réduit fortement l'activité économique, ce qui pèse sur l'emploi, les revenus et la situation financière des entreprises, certains secteurs étant particulièrement touchés (commerce, restauration, tourisme, construction, etc.). Le choc a démarré dans l'économie réelle, mais il se transmet aux marchés financiers, affectés par l'incertitude liée à la crise sanitaire et par le ralentissement de l'activité économique mondiale. Plus qu'une crise boursière, les économistes craignent une crise bancaire et une crise des dettes souveraines, en raison des faillites d'entreprises, des risques de défaut des ménages endettés et de l'explosion des dettes publiques. Apparu d'abord en Chine, le choc se diffuse aussi à l'économie mondiale par l'intermédiaire du commerce international et des chaînes de valeur mondiales. Les difficultés d'approvisionnement apparues avec la crise sanitaire ont révélé la fragilité de ces chaînes de valeur et la dépendance de nombreux secteurs de notre économie à l'égard des intrants chinois.

Pour atténuer ce choc négatif majeur et éviter que la crise se transforme en récession prolongée, les États ont rapidement réagi par des mesures de politique économique exceptionnelles. La réponse des États est en grande partie budgétaire. Pour permettre aux États de soutenir leur économie et leur système de santé sans compter, la Commission européenne a pris une mesure inédite en suspendant le 20 mars les règles de discipline budgétaire de l'UE. Elle a également assoupli les règles en matière d'aides d'État. Les banques centrales déploient une vaste panoplie d'outils pour garantir le financement de l'économie et jouer leur rôle de prêteur en dernier ressort afin d'éviter une crise financière systémique comme celle de 2008-2009. 

La crise mondiale du Covid-19 a suscité de nombreuses analyses, études et commentaires de la part de chercheur·e·s en économie, dont nous vous proposons une première recension (non exhaustive). Celle-ci pourra être complétée par le dossier très complet proposé par le site partenaire Toutéconomie COVID-19 : quels impacts économiques.

L'impact du choc économique provoqué par la crise du coronavirus

► Richard Baldwin, Beatrice Weder di Mauro (eds), Economics in the time of COVID-19: A new eBook. VoxEU, 6 mars 2020.

Ce billet introduit un eBook Economics in the Time of COVID-19, proposé par Vox.EU, le portail du Centre for Economic Policy Research (CEPR) consacré au débat sur la politique économique. Il réunit 14 courts articles écrits par des économistes de premier plan sur un large éventail de sujets liés à l'économie COVID-19. L'eBook analyse « la contagion économique » de la crise provoquée par la pandémie, ses mécanismes et les politiques économiques que l'on peut mettre en œuvre pour y répondre.

► Xavier Timbeau, L'économie au temps du COVID-19. Blog de l'OFCE, 9 mars 2020.

Peut-on faire du calcul économique face à une crise sanitaire ? Poser la question semble obliger à répondre non. Pourtant, nous allons nous livrer à cet exercice morbide, espérant y trouver quelques éléments utiles à la réflexion pour les décisions difficiles à prendre dans les prochains jours.

► Richard Baldwin, Keeping the lights on : Economic medicine for a medical shock. VoxEU, 12 mars 2020.

The COVID-19 economic crisis is different. It hit the economic giants all at once – the G7 nations and China. And the economic strikes are widely spread, hitting many sectors all at once. It is not a credit crisis, or a banking crisis, or a sudden-stop crisis, or an exchange crisis. Today's crisis is a bit of all these. Given the transient nature of the underlying medical shock, this column argues that governments should focus on « keeping the lights on » using costly but quick measures to ensure the circular flow of money continues to circulate. The goal should be to reduce the persistence of the crisis and avoid the unnecessary accumulation of « economic scar tissue ».

► Patrick Artus, Crise du coronavirus : les questions qu'il faut se poser. Natixis, Flash Economie, n° 318, 16 mars 2020.

Les questions soulevées par la crise du coronavirus nous semblent aujourd'hui : Quelle est sa sévérité et sa durée ? La situation est-elle plus favorable qu'en 2008 ? Quel est le bon remède de politique économique ? Quels pays souffrent le plus d'une récession mondiale ? La chute du marché des actions amplifie-t-elle la récession ? Quel est l'effet de la chute du prix du pétrole ? Quels effets durables de la crise sur les économies ? Quel profil du PIB après la crise ? Quelles évolutions pour les cours boursiers et les spreads de crédit après la crise ? Quelle organisation de la production après la crise ?

► Jean Moussavou, Covid-19 : décryptage d'un vent de panique sur les marchés financiers mondiaux. The Conversation, 16 mars 2020.

L'histoire montre que les marchés financiers mettent généralement entre 6 mois et un an pour se relever d'un choc sanitaire.

► Valérie Mignon, Effondrement des marchés financiers : le coronavirus n'explique pas tout. Blog du CEPII, 26 mars 2020. Article paru dans The Conversation le 25 mars 2020.

L'effondrement des marchés boursiers internationaux à l'œuvre depuis le 9 mars 2020 a surpris par sa brutalité et son ampleur. Si le coronavirus a certes accéléré son déclenchement, la crise financière était latente : avant l'irruption de la crise sanitaire, les cours boursiers étaient déconnectés des fondamentaux économiques.

► Patrick Artus, Zone euro : quels sont les risques essentiels avec la crise du coronavirus ? Natixis, Flash Economie, n° 371, 27 mars 2020.

Que faut-il surtout craindre, en ce qui concerne la situation financière, avec la crise du coronavirus ?
- une crise des dettes souveraines, particulièrement périphériques, de la zone euro ? Non, avec le nouveau programme (PEPP) de la BCE qui lui permet d'acheter les dettes qu'elle souhaite et de stabiliser les spreads de taux d'intérêt des pays ;
- un « credit crunch », un rationnement du crédit bancaire ? Non, avec les mesures déjà prises : du côté de la BCE, TLTRO avec un financement à - 0,75 % des banques ; du côté des États, des garanties publiques des crédits et des mesures pour éviter les faillites ;
un excès d'endettement des entreprises, conduisant à une dégradation généralisée de la qualité du crédit et des ratings, et à une détérioration importante des marchés du BBB et du high yield ? Oui probablement, puisqu'une des solutions à la crise est de permettre un supplément d'endettement des entreprises pour compenser une partie de la perte de chiffre d'affaires.

► Patrick Artus, La crise du coronavirus peut être beaucoup plus grave aux États-Unis que dans la zone euro. Natixis, Flash Economie, n° 382, 30 mars 2020.

Les facteurs d'aggravation de la crise du coronavirus aux États-Unis par rapport à la zone euro sont connus : la faiblesse du système de santé ; la faible indemnisation du chômage ; la réaction brutale des entreprises pour réduire l'emploi ; la fermeture du financement High Yield des entreprises ; la crise bancaire due aux défauts sur les crédits immobiliers avec la hausse du chômage ; la chute du prix du pétrole.

► Hubert Kempf, Zone euro : le Covid-19 change la donne. The Conversation, 31 mars 2020

Contrairement à la crise de la dette, l'épidémie impacte tous les pays membres, générant une unanimité inédite.

► Jean Tirole, Le coût économique de la crise sanitaire. TSE, 31 mars 2020.

Crise du coronavirus et mondialisation

► Sébastien Jean, L'épidémie de Covid-19 est aussi une crise de la mondialisation. Blog du CEPII, 10 mars 2020.

En illustrant les interdépendances et les fragilités de l'économie mondialisée, l'épidémie de Covid-19 pourrait influer sur sa structuration à l'avenir, en modifiant le regard porté sur la nature des risques, la fiabilité des marchés et la dépendance à la Chine. Article paru dans The Conversation le 6 mars 2020.

Voir également l'émission Coronavirus : la mondialisation est-elle fragile ? sur France Culture, le 3 mars 2020, avec Sébastien Jean.

► Elie Gerschel, Alejandra Martinez, Isabelle Mejean, Propagation des chocs dans les chaînes de valeur internationales : le cas du coronavirus. Note IPP, n° 53, mars 2020.

Avant de se propager à l'échelle mondiale, l'épidémie de coronavirus est apparue dans la province du Hubei. Pour contenir la propagation du virus, le gouvernement chinois a imposé des mesures de quarantaine, entraînant un ralentissement de l'activité économique. Nous étudions ici la manière dont ce ralentissement de la production, initialement limité à la province de Hubei, se diffuse à l'économie mondiale via les chaînes de valeur internationales. La dépendance à l'égard des intrants chinois a augmenté de manière spectaculaire depuis le début des années 2000. De ce fait, la plupart des pays sont exposés au ralentissement de l'activité en Chine, à la fois directement via leurs importations de produits intermédiaires chinois et indirectement, du fait de la valeur ajoutée chinoise incorporée à d'autres intrants à la production. Cette note quantifie l'exposition totale de la France comparée à celle d'autres pays. Dans un premier temps, nous calculons la part de la valeur ajoutée chinoise dans la production française. Ensuite, nous utilisons des données au niveau des pays et des secteurs pour quantifier l'impact des mesures de quarantaine sur le PIB français.

► Sarah Guillou, La dépendance aux intrants chinois et italiens des industries françaises. Blog de l'OFCE, 19 mars 2020.

La crise du coronavirus provoque une large prise de conscience des interdépendances productives, aussi appelée chaîne de valeurs ajoutées mondiale. Sarah Guillou montre ici, à titre d'illustration, l'ampleur des dépendances des industries françaises aux intrants chinois et italiens et donc leur vulnérabilité aux chocs chinois et italien. Une politique de découplage des économies pour protéger les entreprises d'une trop forte dépendance aux chocs étrangers n'est cependant pas la stratégie la plus simple et la plus adaptée. L'autarcie est économiquement un leurre en raison de la complexité de la plupart des biens et services échangés et de la profondeur des interdépendances des industries de tous les pays. De plus, la dépendance économique la plus problématique est celle des producteurs, qui sont dépendants de la demande, et non celle des acheteurs.

► Patrick Artus, Vers une autre forme de mondialisation après la crise du coronavirus ? Natixis, Flash Economie, n° 351, 23 mars 2020.

Nous pensons que la nature de la mondialisation va être fortement modifiée par la crise du coronavirus, dans trois directions : le retour à une production sur une base régionale, qu'on peut appeler « déglobalisation réelle » ; la fin des politiques de l'offre ; et peut-être aussi même la « déglobalisation financière » comme conséquence de la déglobalisation réelle.

Les politiques économiques en réponse à la crise sanitaire et économique

Répondre aux chocs économiques du Coronavirus, une conversation avec Laurence Boone. Le Grand Continent (portail du Groupe d'études géopolitiques), 8 mars 2020.

Shahin Vallée s'entretient avec Laurence Boone, Chef économiste de l'OCDE, dans une conversation exclusive pour le Grand Continent : entre les risques géopolitiques d'un choc macroéconomique qui pourrait conduire à une étape importante de la démondialisation et la réflexion sur les instruments appropriés pour soutenir l’économie réelle, un échange crucial pour penser l'effort de coordination politique et institutionnelle qui nous attend.

► Luca Fornaro et Martin Wolf, Coronavirus and macroeconomic policy. VoxEU, 10 mars 2020.

The consensus is that the coronavirus outbreak will cause a negative supply shock to the world economy, by forcing factories to shut down and disrupting global supply chains. This column develops a simple model to show that the spread of the virus might cause a demand-driven slump, give rise to a supply-demand doom loop, and open the door to stagnation traps induced by pessimistic animal spirits.

► Agnès Bénassy-Quéré, Ramon Marimon, Jean Pisani-Ferry, Lucrezia Reichlin, Dirk Schoenmaker, Beatrice Weder di Mauro, Covid-19 : « Il faut un programme d'urgence pour l'Europe ». Le Grand Continent (portail du Groupe d'études géopolitiques), 13 mars 2020. Tribune publiée originalement en anglais dans VoxEU, CEPR Policy Portal : COVID-19 : Europe needs a catastrophe relief plan, le 11 mars 2020. Voir aussi  : 13 économistes européens, Proposition pour une ligne de crédit Covid. Telos, 25 mars 2020.

L'épidémie de coronavirus représente un test de résistance économique sévère pour l'Europe ainsi qu'un test de l'unité européenne. Cet article traite de la manière dont la crise pourrait se dérouler et de la réponse de politique économique adaptée. Il plaide en faveur d'un plan d'urgence global dans lequel l'Union européenne assumerait une part significative de l'effort collectif.

► Gilbert Cette, Éviter que le choc du coronavirus n'aboutisse à une hausse du chômage. Telos, 16 mars 2020.

L'arrêt d'un grand nombre d'activités, indispensable pour des raisons sanitaires, va concrétiser une grande part de l'impact économique du coronavirus. De nombreux dispositifs ont été décidés dans l'urgence afin de soutenir financièrement les entreprises, en particulier dans les activités les plus touchées. D'autres dispositifs ciblés sur le marché du travail pourraient contribuer à limiter les effets sur l'emploi du choc économique.

► Fabien Tripier, L'Europe au stade 1 de la crise économique. Blog du CEPII, 23 mars 2020.

Le 13 mars 2020, le directeur de l'OMS déclarait que « l'Europe était devenue l'épicentre de l'épidémie » de Covid-19. Cette annonce, forte sur le plan sanitaire, illustrait également un changement de perspective important sur le plan économique. La question n'était plus l'exposition de l'Europe à une crise se déroulant en Chine, mais la gestion en Europe d'une crise la frappant en son cœur. Article publié dans The Conversation le 17 mars 2020.

► Christophe Blot et Paul Hubert, La BCE face à la crise du Covid-19 : encore un effort ? Blog de l'OFCE, 20 mars 2020.

La BCE a annoncé le 12 mars 2020 une première série de mesures pour répondre au choc économique lié au Covid-19. Afin d'assouplir les conditions de financement du secteur privé et des États de la zone euro et calmer les tensions sur les marchés de dette souveraine, elle a notamment étendu son programme d'achats d'actifs et lancé le 18 mars un nouveau plan de rachat d'actifs, le PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme). En l'absence d'un budget européen suffisant, la réponse budgétaire des États membres pèsera sur leur dette nationale. L'action de la BCE sera essentielle pour soutenir l'activité et éviter que l'augmentation anticipée des déficits provoque une hausse des taux d'intérêt pour les pays dont la situation macroéconomique était déjà fragile et la dette publique élevée. Des écarts de taux d'intérêt (spreads) élevés risqueraient de fragiliser la transmission de la politique monétaire. Pour les auteurs, la BCE devra explorer de nouvelles solutions pour répondre à ces défis.

► Carmen Reinhart, This Time Truly Is Different. Project Syndicate, 23 mars 2020.

The vast uncertainty surrounding the possible spread of COVID-19 and the duration of the near-economic standstill required to combat it make forecasting little different from guessing. Clearly, this is a « whatever-it-takes » moment for large-scale, outside-the-box fiscal and monetary policies.

► Céline Soulas, L'hélicoptère monétaire, le dernier recours des politiques économiques ? The Conversation, 26 mars 2020.

Alors que les leviers monétaires mobilisés depuis 10 ans semblent avoir atteint leurs limites, la question d'une distribution directe d'argent aux entreprises et aux ménages revient sur la table.

Voir également ces deux études de Patrick Artus pour Natixis : Cette fois-ci, il y a bien Helicopter Money dans la zone euro (Flash Economie, n° 342, 20 mars 2020) ; Arrêtons ce débat inutile sur l'Helicopter Money (Flash Economie, n° 397, 2 avril 2020).

► Jean-Michel Servet et Solène Morvant-Roux, Et si le quantitative easing se mettait au service du plus grand nombre ? The Conversation, 26 mars 2020.

Ces dernières années, les plans d'assouplissement quantitatif ont intensifié la financiarisation de l'économie européenne. La crise actuelle pourrait donc constituer l'occasion de recibler le soutien.

► Daniel Gros, The West's COVID-19 Learning Curve. Project Syndicate, 30 mars 2020.

Daniel Gros, Directeur du Centre for European Policy Studies, explique pourquoi les autorités américaines et européennes ont réagi beaucoup plus lentement à l'épidémie que leurs homologues asiatiques (en anglais).

► Christophe Blot, Emmanuelle Faure et Paul Hubert, La Fed et le système financier : prévenir plutôt que guérir. Blog de l'OFCE, 1 avril 2020.

Au cours des 2 dernières semaines, la Réserve fédérale a annoncé deux baisses de son taux directeur ainsi que le déploiement d'une vaste panoplie d'outils afin de contrer les retombées négatives du Covid-19 sur l'économie américaine. Les autorités monétaires ont cherché, en priorité, à remplir leur rôle de prêteur en dernier ressort du système financier en réactivant certains dispositifs utilisés en 2008-2009. Ces octrois de liquidités nécessaires ont pour but d'éviter que la situation dégénère et provoque une crise financière systémique. La Fed agit cette fois-ci de manière préventive et espère ne pas avoir à revivre un épisode comme celui de la faillite de Lehman Brothers.

Quelques réflexions sur notre système économique

Jézabel Couppey-Soubeyran : Le coronavirus révèle tous les dysfonctionnements de notre système économique. Entretien réalisé par Grégoire Elkouby, AOC Média, 21 mars 2020 (accès limité).

Contrairement à 2008, la crise économique et financière n'est pas cette fois endogène mais provoquée par un virus catalyseur qui vient révéler un ensemble de graves dysfonctionnements : un sous-investissement dans la santé, la recherche et l'éducation, un désengagement trop fort de l'État, une trop grande interdépendance de la production, une politique économique trop passive, et une finance trop peu régulée… Entretien avec l'économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, spécialiste des banques, de l'instabilité et de la régulation financière.

► Patrick Artus, La crise du coronavirus sonne-t-elle la fin du capitalisme néo-libéral ? Natixis, Flash Economie, n° 381, 30 mars 2020.

La crise du coronavirus va très probablement provoquer :
- le retour à des chaînes de valeur régionales, au lieu de chaînes de valeur mondiales, c'est-à-dire la déglobalisation des économies réelles ;
- une hausse durable des dépenses publiques de santé, d'indemnisation du chômage, de soutien des entreprises, donc la fin de l'austérité budgétaire là où elle était installée (Europe) et de la concurrence fiscale ;
- la compréhension de ce qu'il faut que l'État intervienne pour définir et développer les industries stratégiques (pharmacie, aussi Nouvelles Technologies, énergies renouvelables…) ;
- la compréhension (même aux États-Unis) de ce que toute la population doit bénéficier d'une protection sociale convenable.
Tout ceci signifie bien la fin du « capitalisme néo-libéral » qui avait choisi la globalisation, la réduction du rôle de l'État et de la pression fiscale, les privatisations, dans certains pays la faiblesse de la protection sociale.

► Philippe Frouté, Course au vaccin contre le Covid-19 : la recherche du « bien commun » n'a jamais semblé aussi loin, The Conversation, 30 mars 2020.

L'offre de rachat américaine du laboratoire allemand développant un vaccin contre le Covid-19 souligne que la logique du profit l'emporte toujours, malgré les circonstances exceptionnelles.

► Mariana Mazzucato, Capitalism's Triple Crisis. Project Syndicate, 30 mars 2020.

Capitalism is facing at least three major crises : a pandemic-induced health crisis has rapidly ignited an economic crisis with yet unknown consequences for financial stability, and all of this is playing out against the backdrop of a climate crisis. After the 2008 financial crisis, we learned the hard way what happens when governments flood the economy with unconditional liquidity, rather than laying the foundation for a sustainable and inclusive recovery. Now that an even more severe crisis is underway, we must not repeat the same mistake.

Des dossiers spéciaux et des sites à suivre

► La communauté scientifique de Toulouse School of Economics se mobilise pour apporter un éclairage sur les conséquences sociales et économiques du Covid-19 : les tribunes publiées par les chercheurs de TSE.

► Le dossier spécial de Project Syndicate : The COVID-19 Crisis. Analyses et commentaires en accès libre d'économistes de renommée internationale.

► Les ressources de l'OCDE : Lutte contre le coronavirus (COVID‑19). Pour un effort mondial. Quels sont les impacts et les conséquences de la pandémie de coronavirus sur nos vies et nos sociétés. Quelles solutions pouvons-nous trouver pour renforcer nos systèmes de santé, sécuriser nos entreprises, protéger les emplois et l'éducation, et stabiliser les marchés financiers et les économies ?

Des données, des analyses et des recommandations sur une plateforme dédiée à la lutte contre la pandémie. Vous y trouverez en particulier un aperçu des systèmes de santé en Europe avant le déclenchement de la pandémie. Un outil « Country Policy Tracker » permet de suivre l'ensemble des politiques mises en œuvre par les États dans le monde : mesures de confinement, santé, fiscalité et budget, soutien aux entreprises, etc..

► Le site de la Commission européenneRéaction face au coronavirus, permet de suivre l'action coordonnée des États membres et les mesures de l'Union européenne pour faire face à la pandémie et atténuer l'impact socio-économique du Covid-19, en particulier les réponses apportées pour l'économie.

► Afin de suivre au plus près les évolutions du marché du travail, la Dares publie chaque semaine, en collaboration avec la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) et Pôle emploi, un tableau de bord de la situation sur le marché de travail. Par ailleurs, la Dares lance début avril une enquête sur l'activité et les conditions d'emploi de la main d'œuvre pendant la crise sanitaire, afin de savoir comment les entreprises se sont adaptées à cette situation inédite : évolution des effectifs et de l'activité, recours au télétravail, chômage partiel, mesures de prévention mises en place, etc.

► L'économiste Olivier Bouba-Olga propose sur son blog des billets sur la géographie et l'économie du Covid 19.

SUITE : Crise du coronavirus : impacts, enjeux et politiques économiques. Avril 2020.