Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Navigation
Vous êtes ici : Accueil / Actualités / Rapports, études et 4 pages / D'ailleurs, ça sert à quoi une monnaie unique ? Natixis. Mai 2012.

D'ailleurs, ça sert à quoi une monnaie unique ? Natixis. Mai 2012.

Publié le 20/05/2012
Flash Economie n°332, 11/05/12.

par Patrick Artus et Isabelle Gravet.

Résumé

Avant de définir les institutions de la zone euro, il serait bon de se poser une question simple : pourquoi construit-on des Unions Monétaires ? A quoi sert finalement une monnaie unique ?
La question est importante, parce qu'il ne faudrait pas que les contraintes institutionnelles ou macroéconomiques empêchent les pays de la zone euro de profiter des avantages de l'unification monétaire.
Ceux-ci sont de nature microéconomique et viennent de la disparition du risque de change :
- allocation plus efficace de l'épargne avec une plus forte mobilité du capital entre les pays de la zone euro. Ceci est incompatible avec la "renationalisation" des portefeuilles des investisseurs qu'on observe aujourd'hui dans la zone euro, et qui est due à la montée du risque de défaut, avec l'excès d'endettement, ou même au retour du risque de change ;
- spécialisation productive efficace des pays, chacun utilisant au mieux ses dotations en facteurs de production. Si ceci conduit certains pays à se spécialiser dans les biens échangeables et d'autres dans les biens non échangeables, cette spécialisation est aujourd'hui rendue impossible par l'absence de fédéralisme qui impose aux pays de la zone euro l'équilibre de leurs balances courantes.
Pour que l'euro amène un supplément de bien-être aux pays de la zone euro, il faut donc que les règles et les institutions d'une part poussent à nouveau les investisseurs (épargnants) à diversifier internationalement leurs portefeuilles (d'où la nécessité d'institutions qui fassent disparaître le risque d'éclatement de l'euro) ; d'autre part permettent l'existence de déficits ou d'excédents extérieurs, ce qui impose le fédéralisme, sous une forme ou une autre.