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La lente féminisation des professions culturelles. DEPS. Novembre 2016.

Publié le 29/11/2016

La forte féminisation des pratiques culturelles contraste avec la sous-représentation des femmes dans les professions de la culture, traditionnellement très masculines. On constate cependant une hausse de la part des femmes dans les activités culturelles et artistiques sur les vingt dernières années. Cette féminisation a été facilitée par le plus grand formalisme des procédures de formation et de recrutement dans certaines professions culturelles (par exemple le métier d'architecte). Elle est aussi favorisée par une surqualification et une origine sociale favorisée plus marquées chez les femmes que chez les hommes.

Culture Études 2016/2, novembre 2016.

par Marie Gouyon, Frédérique Patureau, Gwendoline VolatT.

Lire la synthèse.

Résumé

Depuis les années 1960, la croissance du taux d'activité féminine est l'une des transformations majeures du monde du travail, et les professions culturelles n'y font pas exception : la part des femmes au sein de ces professions est ainsi passée de 39% à 43% de 1991 à 2013. Presque tous les métiers fortement masculins au début des années 1990 comme les métiers d'art, les architectes et les photographes, par exemple, se sont ouverts aux femmes. Pour autant, la part des femmes demeure inférieure à la moyenne nationale, où l'activité féminine atteint 48% de l'ensemble des professions, un constat qui peut surprendre au regard de la surreprésentation des femmes en termes de participation culturelle.

En se développant, l'emploi féminin a largement épousé les spécificités de l'emploi propres aux professions culturelles, notamment leur plus grande flexibilité : les professionnelles de la culture sont, plus souvent que l'ensemble des actives, non salariées ou salariées sur contrats à durée limitée. Elles travaillent plus souvent à temps partiel, avec des horaires variables et atypiques, en soirée et le week-end.

Surtout, leur accès aux professions artistiques et culturelles conforte la règle de la surqualification des femmes en termes de niveau de diplôme : en 2013, plus d'une active de ces professions sur deux est titulaire d'un diplôme égal ou supérieur à bac + 3, contre 40% de leurs homologues masculins – une surqualification d'autant plus forte qu'il s'agit de métiers traditionnellement exercés par des hommes.

Voir aussi :

Les publications du DEPS consacrées à l'emploi culturel.

Sylvie Octobre, "La fabrique sexuée des goûts culturels. Construire son identité de fille ou de garçon à travers les activités culturelles", Développement culturel n°150, déc. 2005.

Olivier Donnat, "La féminisation des pratiques culturelles", Développement culturel n°147, juin 2005.