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La mobilité sociale des femmes et des hommes entre 1977 et 2015. Insee. Novembre 2019.

Publié le 23/11/2019

Cette étude détaille les résultats de l'enquête Formation et qualification professionnelle (FQP) de 2014-2015 sur la mobilité sociale intergénérationnelle des femmes et des hommes français, actifs occupés ou anciens actifs occupés, âgés de 35 à 59 ans. Elle vise à répondre à plusieurs grandes questions : depuis 40 ans en France, la mobilité sociale des femmes et des hommes a-t-elle progressé ou est-elle en recul ? ces évolutions diffèrent-elles selon leur origine sociale ? les inégalités de genre dans l'accès aux positions sociales se sont-elles réduites depuis la fin des années 1970 ? comment les chances d'accéder aux différentes catégories socioprofessionnelles selon l'origine sociale ont-elles évolué ?

L'étude distingue les employés et ouvriers qualifiés des employés et ouvriers non qualifiés à partir de la nomenclature des PCS afin de hiérarchiser les catégories socioprofessionnelles salariées et ainsi mieux appréhender la mobilité sociale. Les résultats de cet éclairage ne sont donc pas directement comparables à ceux des publications relatives à la mobilité sociale entre 1977 et 2003 s'appuyant sur les enquêtes FQP et utilisant la nomenclature traditionnelle des PCS.

La mobilité sociale des femmes et des hommes : évolutions entre 1977 et 2015, in France Portrait social. Edition 2019, coll. Insee Références, 19 novembre 2019.

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par Marc Collet et Émilie Pénicaud (Insee).

Résumé

Depuis la fin des années 1970, la mobilité sociale des hommes âgés de 35 à 59 ans est restée globalement stable : en 2015 comme en 1977, près des deux tiers d'entre eux appartiennent à une autre catégorie socioprofessionnelle que celle de leur père. Celle des femmes de 35 à 59 ans a progressé de 12 points par rapport à leur mère (71% en 2015) et de 6 points par rapport à leur père (70%). Ces mobilités sociales sont de moins en moins liées à l'évolution de la structure des emplois entre générations.

Depuis 40 ans, pour les hommes comparés à leur père, les mouvements ascendants sont plus fréquents que les mouvements descendants. Par rapport à leur mère, les femmes restent beaucoup plus nombreuses à connaître une ascension sociale plutôt qu'un déclassement. En revanche, par rapport à leur père, les trajectoires des femmes sont toujours un peu plus souvent descendantes qu'ascendantes.

La reproduction sociale chez les hommes reste forte parmi les cadres et les employés et ouvriers qualifiés, tandis que celle des femmes reste prononcée parmi les salariées les moins qualifiées.

Entre 1977 et 2015, la mobilité des hommes salariés a évolué plus favorablement en bas de l'échelle sociale ; plus haut, les forts déclassements sont devenus moins marginaux.

Les femmes ont connu une forte croissance des ascensions sociales et un recul des déclassements pour toutes les catégories salariées. Les trajectoires intergénérationnelles des femmes salariées se sont ainsi fortement rapprochées de celles des hommes. Les évolutions ont été du même ordre lorsqu'elles sont comparées à leur père, mais les inégalités sociales de genre dans l'accès aux catégories les plus qualifiées demeurent fortes en 2015.

La transmission des inégalités sociales s'est nettement réduite jusqu'en 1993, mais a tendance à stagner depuis. En 2015, les inégalités d'accès à la catégorie des cadres restent encore fortes, tandis que les chances relatives de devenir artisans et commerçants sont devenues de plus en plus proches entre les différentes catégories de salariés. Les origines sociales des salariés les plus qualifiés, femmes ou hommes, demeurent très diversifiées. Au contraire, en bas de l'échelle sociale, près d'une employée ou ouvrière non qualifiée sur deux est originaire du même milieu social depuis 1977.

Sommaire

  • Une approche des inégalités par la mobilité sociale intergénérationnelle
  • De 1977 à 2015, la mobilité sociale des hommes est restée quasi stable, celle des femmes a progressé
  • La mobilité sociale des femmes et celle des hommes sont de moins en moins liées à l'évolution intergénérationnelle de la structure des emplois
  • Pour les femmes comme pour les hommes, les mouvements ascendants et descendants sont plus fréquents qu'il y a 40 ans
  • Les situations d'immobilité sociale des filles et fils d'indépendants se sont fortement réduites depuis 1977
  • Pour les hommes, la reproduction sociale reste forte parmi les cadres comme parmi les employés et ouvriers qualifiés
  • Devenir cadre comme ses parents est toujours moins fréquent pour les femmes que pour les hommes
  • La mobilité des hommes a évolué d'autant plus favorablement qu'ils sont issus du bas de l'échelle sociale
  • Une évolution très positive de la mobilité des femmes quelle que soit leur origine sociale
  • Les forts déclassements sociaux sont de moins en moins rares pour les fils de cadres et de professions intermédiaires
  • Les destinées sociales des femmes salariées se rapprochent nettement de celles des hommes
  • Les destinées sociales des enfants d'indépendants se sont améliorées, mais restent moins favorables pour les femmes
  • Les inégalités sociales d'accès aux professions de cadres sont encore très élevées
  • Les chances relatives de devenir artisans et commerçants sont de plus en plus similaires entre les différentes catégories de salariés
  • De moins en moins d'indépendants sont issus de ce milieu social
  • Des origines sociales qui restent diversifiées pour les hommes salariés les plus qualifiés
  • Depuis 40 ans, environ une employée ou ouvrière non qualifiée sur deux a une mère exerçant la même profession
  • Encadré : Mesurer la mobilité sociale des femmes