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La mondialisation dans l'opinion des électeurs et la recomposition politique. Cevipof. Juin 2017.

Publié le 06/06/2017

Dans cette étude du Cevipof, le politologue Zaki Laïdi s'intéresse à l'opinion des électeurs français sur question de la mondialisation et du protectionnisme. Il exploite la vague 14 de l'Enquête électorale française du Cevipof, réalisée du 30 avril au 3 mai 2017, pour identifier les variables les plus discriminantes dans le rapport des électeurs au protectionnisme et à la mondialisation. L'échantillon a été interrogé à la fois sur les enjeux économiques (questions de l'emploi notamment) et les enjeux identitaires (question de l'ouverture au monde) de la mondialisation. Le niveau de diplôme, puis la catégorie socioprofessionnelle et les revenus, apparaissent comme les facteurs les plus déterminants de l'opinion des sondés sur ces sujets.

L'étude analyse aussi la place du rapport à la mondialisation dans la polarisation politique en France. Il apparaît que le clivage entre partisans de l'ouverture et partisans de la fermeture ne recoupe plus le clivage gauche-droite, mais est plutôt révélateur des recompositions politiques à l'œuvre (alors qu'il y a dix ans, la mondialisation était analysée comme une source de clivage entre la gauche et la droite). Ainsi, à la question "La France doit-elle s'ouvrir ou se protéger davantage du monde ?", 57% des électeurs d'E. Macron ont répondu "s'ouvrir davantage" et 78% des électeurs de M. Le Pen ont répondu "se protéger davantage". Entre ces électorats qui ont les positions les plus tranchées (positive ou négative) sur la mondialisation, à l'instar les candidats qu'ils ont choisis, on constate un positionnement intermédiaire des électorats de Jean-Luc Mélenchon, de Benoît Hamon et de François Fillon (avec relativement peu d'écart par exemple entre l'électorat de Mélenchon et celui de Fillon).

"Mondialisation, protectionnisme et recomposition", Note #38, vague 14, juin 2017.

par Zaki Laïdi, professeur à Sciences Po Paris et chercheur CNRS au Cevipof.

Résumé

La question de la mondialisation et du protectionnisme a marqué la campagne électorale présidentielle. On a voulu lire selon un clivage mondialisation vs protectionnisme l'offre politique des candidats et notamment celle des deux candidats qualifiés pour le second tour. Cependant, peu d'attention a été portée à l'idée des électeurs sur cette question. Le module «Protectionnisme» de l'Enquête électorale française permet d'avancer que la préférence pour le protectionnisme décroît à mesure que les revenus et le niveau de diplôme augmentent, et cela quel que soit l'angle sous lequel la question est posée. De surcroît, l'enjeu du protectionnisme se trouve de moins en moins superposé au clivage gauche-droite. Dans le contexte politique de recomposition que nous connaissons, cette indication n'est pas sans importance.