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Le lien entre le taux d'emploi et les compétences de la population active. Natixis. Décembre 2018.

Publié le 20/12/2018

Flash Économie n°1456, 20 décembre 2018.

par Patrick Artus.

Résumé

Le lien, pour les pays de l'OCDE, entre le taux d'emploi et les compétences de la population active est impressionnant. La seule solution pour permettre une baisse des impôts, la baisse du chômage structurel, la réduction des inégalités, en France (comme dans les autres pays de l'OCDE) est la hausse du taux d'emploi, et la hausse du taux d'emploi nécessite une hausse des compétences.

Tant que les compétences de la population active sont aussi faibles en France, il ne peut pas y avoir baisse des impôts, réduction des inégalités ou hausse du pouvoir d'achat, et toutes les autres solutions proposées resteront inefficaces.

Taux d'emploi (moyenne 2002-2018) et compétences de la population active (mesurées par l'enquête PIAAC) pour les pays de l'OCDE

Source : Flash Économie n°1456, 20 décembre 2018

 

En complément, on pourra lire ces deux autres numéros consacrés aux compétences de la population active et aux investissements de productivité des entreprises françaises :

• "Le problème de loin le plus sérieux en France est la faiblesse des compétences de la population active", Flash Économie n°1410, 11 décembre 2018.

Résumé : Quand on compare les pays de l'OCDE, on voit que la faiblesse des compétences de la population active est associée :

- à la mauvaise qualité du système éducatif ;
- à la faible robotisation ;
- à la faible taille de l'industrie ;
- à des difficultés avec le commerce extérieur (industriel) ;
- à un taux d'emploi faible et un taux de chômage structurel élevé ;
- à des gains de productivité faibles ;
- à des inégalités de revenu avant redistribution élevées.

Ceci montre que la faiblesse des compétences de la population active en France peut expliquer la majorité des problèmes structurels graves de l'économie française.

• "Le comportement incompréhensible des entreprises françaises", Flash Économie n°1440, 17 décembre 2018.

Résumé : Les entreprises françaises sont confrontées à un coût du travail trop élevé compte tenu de leur niveau de gamme, ce qui explique qu'elles perdent des parts de marché, que leur profitabilité soit faible et qu'elles doivent s'endetter pour financer leurs investissements. Dans cette situation, les entreprises doivent normalement essayer de faire progresser rapidement la productivité du travail en réalisant d'importants investissements de productivité leur permettant de réduire le coût unitaire du travail. Or, si le taux d'investissement des entreprises françaises est élevé, son contenu technologique est faible (investissements réduits en Nouvelles Technologies, robotisation très faible), et en conséquence la productivité du travail progresse très peu. Il est donc incompréhensible que les entreprises françaises n'essaient pas de corriger le coût élevé du travail en France en modernisant leur capital pour accroître la productivité du travail. Une explication possible est la faiblesse des compétences de la population active en France qui dissuade peut-être les entreprises d'investir en équipements sophistiqués, faute de salariés suffisamment qualifiés pour utiliser ces équipements.

Voir aussi :

P. Artus, "Sans redressement des compétences et du taux d'emploi, pas de marges de manœuvre budgétaires, pas de réduction des inégalités en France", Flash Économie n°1487, 31 décembre 2018.