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Le marché du travail en France est-il rigide ? Natixis. Avril 2017.

Publié le 09/05/2017

Dans une note d'avril 2017, l'économiste en chef de Natixis revient sur une idée reçue : le marché du travail serait très rigide en France, en raison du coût élevé des licenciements, de la rigidité des salaires, de règlementations contraignantes telles que la durée du travail… Pour cela il distingue le marché du travail "moyen", qu'il qualifie de rigide [1], et le marché du travail qu'il nomme "marginal" regroupant un quart des actifs occupés, où se créent et se détruisent les emplois et qui est considéré comme très flexible par l'économiste.

Une publication utile pour le dernier chapitre de l'enseignement spécifique de SES en terminale, pour traiter de la flexibilité et de la dualité du marché du travail.

"Il faut arrêter de dire que le marché du travail est rigide en France", Flash Economie n°481, 13 avril 2017.

par Patrick Artus.

Résumé

Le commentaire le plus usuellement fait sur le marché du travail en France consiste à dire qu'il est extrêmement rigide. Ce commentaire est erroné, et au moins très imprécis :

• en moyenne, le marché du travail est rigide en France, puisque 75% des Français ont un contrat de travail à long terme extrêmement protégé ;

• mais, à la marge, le marché du travail est très flexible puisque :

- l'ajustement de l'emploi dans les cycles se fait sans difficulté sur la partie non protégée des emplois (contrats courts, intérim…) ;

- les nouveaux emplois se créent sous des formes extrêmement flexibles : contrats très courts, intérim, temps partiel, emploi indépendant.

[1] Il faut noter cependant que des dispositifs tels que la rupture conventionnelle pour les CDI, inscrite dans le code du travail en 2008, ont contribué à fluidifier ce marché du travail, en facilitant les embauches et les licenciements. Voir par exemple l'étude du CEE : "Quel bilan de l'usage de la rupture conventionnelle depuis sa création ?", par Camille Signoretto, Connaissance de l'emploi n°121, mai 2015.