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L'effet sur les jeunes de la bipolarisation du marché du travail. Natixis et Cereq. Mai 2018.

Publié le 10/05/2018

"Dynamique des emplois qualifiés et non qualifiés et dégradation de la situation des jeunes sur le marché du travail en France", Flash Économie n°520, 9 mai 2018.

par Patrick Artus.

Résumé

Comme dans d'autres pays de l'OCDE, la France est confrontée à la bipolarisation du marché du travail : les emplois se concentrent aux deux extrêmes, emplois qualifiés à rémunération élevée, emplois peu qualifiés à rémunération faible.

Dans le même temps, la durée des études des jeunes a continué à augmenter, ce qui est contradictoire avec la hausse du poids des emplois peu sophistiqués.

Il en résulte bien les conséquences très négatives attendues (1) :

- le déclassement (acceptation d'emplois peu qualifiés) par les jeunes diplômés ;
- en conséquence, la baisse des salaires de ces jeunes ;
- l'éviction des jeunes peu diplômés par les jeunes diplômés pour l'occupation des emplois peu qualifiés ;
- en conséquence, la précarisation accrue et le chômage plus élevé pour les jeunes peu diplômés.

Cette évolution (déclassement des diplômés, précarité des peu diplômés) est désastreuse, mais on ne sait pas comment l'inverser puisqu'on ne sait pas inverser la bipolarisation du marché du travail.

(1) Nous utilisons l'étude passionnante du Cereq : "20 ans d'insertion professionnelle des jeunes : entre permanences et évolutions" sortie en 2018

Déclassement à l'emploi après 5 ans de vie active, pour les générations 1992, 1998, 2004 et 2010, selon le niveau de formation (%)

« Le diplôme protège toujours contre le chômage, mais le déclassement des jeunes diplômés (jeunes diplômés ayant un emploi moins qualifié que ce que permet leur qualification) s'est nettement accru ».

Situation professionnelle des non diplômés 5 ans après la sortie du système éducatif (%)

« Les jeunes peu diplômés sont évincés des emplois peu qualifiés. Ceci implique un taux de chômage élevé des jeunes peu diplômés ; une précarité forte et croissante de l'emploi pour les jeunes non diplômés. » Parmi la génération 2010, seuls 21% des jeunes non diplômés occupaient un emploi en CDI 5 ans après leur sortie du système éducatif, 36% étaient en recherche d'emploi et 10% en inactivité.

Pour aller plus loin :

T. Couppié, A. Dupray, D. Épiphane, V. Mora (coord.), "20 ans d'insertion professionnelle des jeunes : entre permanences et évolutions", Céreq Essentiels n°1 avril 2018. Voir notamment les chapitres : "Une progression contrastée des salaires en 20 ans, source de réduction des inégalités", "Le déclassement : un phénomène enraciné", "De la «qualité de l'emploi» au «rapport au travail» des jeunes : des évolutions paradoxales", "«Demain, c'est loin».Transitions socioprofessionnelles des jeunes non diplômés".

Pourquoi l'emploi se polarise. OFCE. Octobre 2017.