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Les 20 ans de l'euro : quel bilan ? Natixis. Janvier 2019.

Publié le 08/01/2019

La création d'une monnaie unique engendre des coûts macroéconomiques (perte d'autonomie des politiques monétaire, perte de l'instrument du taux de change), mais également des gains, principalement de nature microéconomique, liés à la disparition du risque de change entre les pays de l'union monétaire. Patrick Artus se demande dans cette étude si les coûts macroéconomiques de la création de l'euro, en l'absence de budget fédéral, ont été compensés par des bénéfices au niveau microéconomiques. Il était attendu de l'unification monétaire européenne une plus grande mobilité du capital au sein de la zone euro, ainsi qu'un développement des échanges commerciaux entre les pays et une augmentation de la compétitivité des entreprises européennes profitant du marché élargi.

Flash Économie n°1488, 31 décembre 2018.

par Patrick Artus.

Résumé

La création de l'euro a eu les coûts macroéconomiques attendus pour les pays de la zone euro :

- avec la disparition des politiques monétaires nationales, et l'absence de budget fédéral, l'incapacité à corriger les chocs et les structures asymétriques, d'où l'hétérogénéité croissante de la zone euro ;
- le coût excessif des dévaluations internes qui empêche qu'elles soient utilisées pour corriger les handicaps de compétitivité dus aux écarts entre les fonctionnements des marchés du travail.

Mais, la création de l'euro n'a pas eu les avantages microéconomiques attendus, liés à la disparition du risque de change :

- depuis 2010, la mobilité des capitaux entre les pays de la zone euro a disparu, et l'épargne ne finance plus les investissements efficaces ;
- le marché unique n'a pas développé les échanges commerciaux entre les pays, ni permis l'apparition de grandes entreprises dans les secteurs stratégiques.

Au total, la création de la zone euro a eu les coûts macroéconomiques prévisibles, mais n'a pas apporté les progrès microéconomiques espérés.

A lire également sur ce sujet :

Patrick Artus, "La politique monétaire de la BCE est perturbée par l'hétérogénéité cyclique de la zone euro et par l'hétérogénéité de fonctionnement des marchés du travail des pays de la zone euro : la zone euro est de moins en moins une Zone Monétaire Optimale", Flash Economie n°1365, 21 novembre 2017.