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Les dangers du passage à un modèle désintermédié du financement des entreprises en zone euro. Natixis. Août 2016.

Publié le 06/08/2016

Flash Économie n°825, 4 août 2016.

par Patrick Artus.

Résumé

On observe déjà que les entreprises de la zone euro se financent davantage sur les marchés financiers et moins par le crédit bancaire. Cette évolution est due aux nouvelles réglementations des banques qui restreignent leur capacité à prêter, et les rendent moins compétitives par rapport aux marchés financiers ; mais elle correspond aussi à une vision théorique selon laquelle les financements désintermédiés seraient plus efficaces, par exemple en incitant davantage les entrepreneurs à l'effort.

Nous pensons que le basculement vers le financement désintermédié des entreprises dans la zone euro serait une erreur pour deux raisons :

- les épargnants, les détenteurs d'actifs financiers, qui sont plutôt âgés, désirent détenir une épargne peu risquée ; ceci est possible si les banques intermédient le financement des entreprises et supportent le risque d'entreprise ; ceci n'est pas possible si les épargnants doivent détenir directement (ou par l'intermédiaire des assureurs ou des fonds d'investissement) les actifs financiers émis par les entreprises. Dans ce second cas, il y a à l'équilibre une forte hausse des primes de risque et du coût de financement des entreprises, même si les réglementations des assureurs (Solvabilité 2) sont modifiées ;

- si les entreprises de la zone euro se financent sur les marchés financiers, elles seront confrontées à la fermeture des marchés financiers dans les récessions, les crises. Il faudra alors qu'elles puissent survivre sans obtenir de financements nouveaux, ce qui nécessite qu'elles puissent réduire rapidement et fortement leurs coûts en cas de récession. Une forte flexibilité du marché du travail, qui n'est pas présente dans la zone euro, est donc la conséquence inéluctable de la désintermédiation du financement des entreprises.