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Les nouveaux emplois des ouvrières et des ouvriers : des O.S. du tertiaire ? CEET. Octobre 2020.

Publié le 16/10/2020

Cette étude du Centre d'études de l'emploi et du travail analyse l'évolution des effectifs du groupe socioprofessionnel des « ouvriers » depuis les années 1980, ses recompositions professionnelles et la manière dont elles affectent la condition ouvrière. Elle s'appuie sur des données de la statistique publique : enquêtes Emploi de l'Insee et enquêtes Conditions de travail de la Dares. Elle complètera utilement la récente publication de l'Insee sur le groupe des ouvriers.

L'étude souligne d'abord la place qu'occupent toujours les professions ouvrières parmi la population active masculine, malgré leur recul depuis 1982 : les ouvriers restent le principal groupe social chez les hommes, avec 33 % des actifs occupés. Elle montre ensuite que le déclin numérique du groupe des ouvriers s'accompagne d'une recomposition des professions en son sein, qui suit celle du tissu économique de la France, marquée par la désindustrialisation et l'essor du tertiaire. Depuis 1982, l'emploi ouvrier s'est nettement replié dans le secteur industriel. Les nouveaux emplois d'ouvriers se concentrent dans les services (distribution et transports principalement) qui regroupent désormais la moitié des ouvriers. Cette recomposition ne fait pas disparaître pour autant la condition ouvrière selon l'auteur. Les professions d'ouvriers en expansion sont en effet touchées par la précarisation (en particulier économique, avec davantage de bas salaires et de temps partiel), mais aussi par la parcellisation et la déqualification des tâches, l'intensification du travail, sa répétitivité et sa pénibilité. Ainsi, malgré la baisse des emplois d'ouvriers non qualifiés de l'industrie et les progrès de l'automatisation, la taylorisation du travail, qui s'est également diffusée au sein du groupe des « employés », reste une caractéristique fondamentale des emplois du salariat populaire.

Connaissance de l'emploi #164, CNAM-CEET, 13 octobre 2020

par Lucas Tranchant.

Connaissance de l'emploi est le « 4 pages » du Centre d'études de l'emploi et du travail.

Résumé

Le monde ouvrier en France a connu des transformations très importantes depuis les années 1980, mais reste une composante centrale de la société française. Derrière la désindustrialisation qui a provoqué son invisibilisation croissante et pu faire croire à sa disparition progressive, on observe une recomposition intense de sa structure professionnelle.

À partir d'une analyse quantitative sur des données de la statistique publique pour la période 1982-2017, ce numéro de Connaissance de l'emploi met en lumière le nouveau monde ouvrier issu de ces évolutions. Il montre que si les nouveaux emplois ouvriers se concentrent dans le secteur tertiaire, ils ne signifient pas une disparition de la condition ouvrière et sont même au cœur des dynamiques d'intensification et de précarisation du travail ouvrier.

Sommaire

  • Une contraction numérique en plusieurs phases et différenciée selon le sexe
  • Une tertiarisation par l'expansion d'emplois ouvriers des services
  • Des emplois en expansion qui portent l'intensification et la précarisation du travail ouvrier

 

Qraphiques extraits de la publication :

Graphique : les 10 professions les plus en expansion et les plus en déclin entre 1983 et 2016

Graphique : répartition des conditions d'emploi et de travail dans les différents groupes de professions ouvrières en 2016 et 1983

Source : Connaissance de l'emploi #164, CNAM-CEET, octobre 2020.