Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Navigation
Vous êtes ici : Accueil / Actualités / Rapports, études et 4 pages / L'impact de la pandémie de Covid-19 sur les entreprises. Avril 2021.

L'impact de la pandémie de Covid-19 sur les entreprises. Avril 2021.

Publié le 24/04/2021

Une étude en France de la DG du trésor

L'impact de la pandémie de Covid-19 sur les entreprises françaises, Lettre Trésor-Éco n° 282, 20 avril 2021

par Benjamin Hadjibeyli, Guillaume Roulleau, Arthur Bauer.

Dans le cadre des travaux du Comité Coeuré, la DG Trésor a développé un outil de micro-simulation permettant d'estimer l'impact de la crise, ainsi que des mesures mises en place pour y répondre, sur la situation financière des entreprises françaises. Les résultats montrent que si celle-ci s'est dégradée en 2020 par rapport à une année sans crise, les politiques publiques – l'activité partielle surtout et, pour les petites entreprises, le fonds de solidarité – ont fortement limité cet impact.

Résumé

La pandémie de Covid-19 a eu un impact très marqué sur la situation financière des entreprises françaises : elles ont connu une chute brutale de leur chiffre d'affaires, sans précédent dans certains secteurs, ont dû réduire leurs charges et emprunter pour faire face à leurs échéances. Dans le même temps, elles ont bénéficié d'un soutien public de grande ampleur.

Un modèle de micro-simulation permet d'étudier l'évolution de la situation financière de près de 2 millions d'entreprises françaises en réponse au choc d'activité. Il intègre des données d'entreprises observées sur l'année 2020 : évolution du chiffre d'affaires et de la masse salariale, recours aux dispositifs de soutien public. Il permet d'estimer le nombre d'entreprises devenant illiquides (trésorerie épuisée en l'absence d'endettement supplémentaire) ou insolvables (montant de dettes supérieur à celui des actifs).

La part d'entreprises devenant illiquides aurait été plus élevée de 8,4 points de pourcentage en 2020 que lors d'une année sans crise. Le nombre d'entreprises devenant insolvables aurait été 3,0 points plus élevé. Les résultats montrent l'efficacité du soutien public pour réduire l'impact de la crise : sans ce soutien, la hausse du nombre d'entreprises devenant insolvables (par rapport à une année sans crise) aurait été de 8,3 points.

Les entreprises rendues insolvables par la crise sont en moyenne plus productives que celles qui sont insolvables en temps normal. Le soutien public n'a pas discriminé les entreprises selon leur productivité.

L'effet de la crise sur le bilan des entreprises risque de peser sur leur investissement en phase de reprise. Une modélisation économétrique suggère que l'endettement supplémentaire lié à la crise pourrait réduire l'investissement d'environ 2 % à moyen terme, ce qui justifie des mesures spécifiques, comme celles qui ont été prises dans le cadre du plan de relance. Les dépenses de R&D, traditionnellement moins corrélées au cycle économique, seraient plus résilientes.

Cliquez sur l'image pour agrandir le graphique

Graphique : Impact de la crise sur les entreprises sur la période mars-décembre 2020

Source : Lettre Trésor-Éco n° 282, avril 2021.

Une étude pour l'Europe et quelques pays de l'OCDE

Europe : le choc de la Covid-19 et la crainte d'une zombification accélérée , BNP Paribas, Eco Conjoncture n° 3, 2 mars 2021.

par Hélène Baudchon, Louis Boisset, Guillaume Derrien, Raymond Van Der Putten, Kenza Charef.

Résumé

Au-delà du choc économique à court terme, la pandémie de Covid-19 et les mesures sanitaires exceptionnelles mises en place pour la contenir posent de nombreuses questions sur les conséquences durables de cette crise. Le débat autour des entreprises dites zombies, qui n'est pas nouveau, a pris de l'ampleur puisque leur part dans les économies développées a tendanciellement augmenté depuis les années 1980. Les interventions publiques massives de lutte contre les effets de la pandémie, du côté des gouvernements – moratoire sur la dette, annulation de cotisations sociales pour les employeurs, large recours aux dispositifs d'activité partielle, etc. – comme de celui des banques centrales – augmentation et prolongement des programmes de rachats d'actifs –, pourraient maintenir en vie des entreprises non viables, ce qui ravive les inquiétudes relatives à la « zombification » des économies.

Les entreprises zombies : Une firme « zombie » est généralement définie comme une firme active sur le marché mais peu productive, à la dette élevée et à faible rentabilité. L'expansion des entreprises zombies aurait contribué à la baisse tendancielle de la croissance potentielle des pays de l'OCDE depuis la fin des années 1990 via deux canaux : le ralentissement de la productivité globale des facteurs et le moindre investissement des entreprises. Le maintien de nombreuses entreprises non productives sur le marché pourrait ainsi altérer le processus de destruction créatrice.

Cliquez sur l'image pour agrandir la figure.

Graphique : Impact macroéconomique de la zombification sur la croissance potentielle

Source : BNP Paribas, Eco Conjoncture n° 3, mars 2021.

Autres publications sur ce thème :

Patrick Artus, Des zombies ou des faillites ?, Natixis, Flash Économie n° 1334, 23 novembre 2020.

Patrick Artus, Crise de la Covid : faut-il empêcher les entreprises de disparaître ?, Natixis, Flash Économie n° 1349, 26 novembre 2020.

Patrick Artus, Quelle politique économique vis-à-vis des entreprises pendant et après la crise de la Covid ?, Natixis, Flash Économie n° 1419, 15 décembre 2020.

Patrick Artus, Quelle perspective pour les faillites d'entreprises en France ?, Natixis, Flash Économie n° 88, 5 février 2021.