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Perspectives 2015-2016 pour la ZE et l'économie mondiale. OFCE. Avril 2015.

Publié le 03/05/2015
"La reprise qui s'annonce. Perspectives 2015-2016 pour la zone euro et le reste du monde", Revue de l'OFCE, n°138, avril 2015.

par le Département Analyse et Prévisions, sous la direction de Eric Heyer et de Xavier Timbeau.

Présentation sur le blog de l'OFCE, billet du 28 avril 2015 : "La reprise qui s'annonce".

Résumé

Alors que la croissance mondiale devrait s'accélérer en 2015-2016, la zone euro ne resterait pas, cette fois-ci, à l'écart de la reprise. Alors que la croissance des pays membres de l'Union monétaire avait été entravée depuis 2011 par des politiques budgétaires et des conditions financières dégradées, principalement pour les pays frappés par la crise des dettes souveraines, ces freins devraient progressivement s'atténuer. Les pays industrialisés profiteraient par ailleurs de la baisse du prix du pétrole qui permettra un transfert de revenu des pays producteurs de pétrole vers les pays industrialisés. Les ménages devraient en bénéficier rapidement via l'amélioration de leur pouvoir d'achat. En outre, ce choc favorable s'accompagne dans la zone euro d'une dépréciation de l'euro. Bien que celle-ci atténue en partie l'effet de la baisse du pétrole, elle stimule également les exportations, ce qui apporte un supplément de demande adressée et permet alors d'inscrire les pays de la zone euro dans une dynamique de reprise auto-entretenue, malgré le recul ou le ralentissement de la croissance dans certains pays émergents (Brésil, Russie et Chine). La croissance se consoliderait donc dans l'ensemble des pays avancés, ce qui permettrait la réduction du taux de chômage, déjà significative pour les états-Unis ou le Royaume-Uni et qui s'amorcerait enfin dans l'ensemble de la zone euro. L'hypothèse déflationniste serait donc écartée mais le risque serait toujours aussi prégnant. L'inflation sous-jacente a baissé significativement et la baisse du taux de chômage, dans la zone euro, sera trop faible pour lever tous les risques. De plus, les anticipations d'inflation ont été fortement révisées à la baisse et pourraient être durablement inférieures à la cible fixée par la BCE. Enfin, la reprise reposerait sur des facteurs tangibles, mais aussi fragiles. Le choc de demande positif lié à la baisse du prix du pétrole pourrait rapidement s'inverser, induisant un ralentissement de la croissance. De même, notre analyse exclut une sortie de la zone euro. La matérialisation de ce risque créerait de nouvelles incertitudes politiques et économiques qui pourraient remettre en cause notre scénario de croissance.

Sommaire

1. Flux et reflux de la croissance : l'incidence des chocs économiques
Les freins observés depuis 2011...
... sont levés en 2015
2. Vers la fin de la divergence dans la zone euro ?
La zone euro passe dans le vert
Une moindre croissance en Allemagne que dans la zone euro, une accélération dans les pays en crise
3. Le régime de croissance des autres pays industrialisés
états-Unis : l'année de grâce
Royaume-Uni : la belle vitrine
Japon : encore sous l'effet de la hausse de la TVA
Les émergents : une croissance à géométrie variable
4. Déflation : le risque demeure