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Pour une politique macroéconomique d'ensemble en zone euro. CAE. Mars 2015.

Publié le 30/03/2015
Note du CAE n°21, mars 2015.

par Agnès Bénassy-Quéré et Xavier Ragot.

Résumé

Alors que la reprise paraît bien engagée aux états-Unis et au Royaume-Uni, la zone euro peine à se redresser, sans avoir pourtant subi de choc spécifique depuis 2012. Difficile de ne pas y voir une défaillance du pilotage macroéconomique propre à la zone euro. Dans cette nouvelle Note du CAE, les deux auteurs, Agnès Bénassy-Quéré et Xavier Ragot, examinent ce qui n'a pas fonctionné : ce pilotage est resté polarisé sur la surveillance budgétaire sans prêter suffisamment attention aux divergences nominales (différences de salaire, de compétitivité...), aux déséquilibres financiers nourris par la dette privée et à la nécessité d'une gestion d'ensemble de la demande en zone euro. Ils formulent huit recommandations pragmatiques pour corriger les faiblesses de la gouvernance macroéconomique actuelle de la zone euro, tout en plaidant pour davantage d'intégration à moyen terme.
La crise de la zone euro a montré les limites de la coordination des politiques économiques des états membres, réduite de facto à la question de la soutenabilité budgétaire. Trois canaux essentiels d'interaction entre les politiques économiques des états membres ont été négligés depuis 1999, sans que les réformes récentes aient sensiblement corrigé ce problème. La compétitivité, tout d'abord : en ne surveillant pas de manière coordonnée l'évolution des coûts et des salaires par rapport à leurs principaux partenaires, les pays de la zone euro ont laissé s'installer entre eux d'importantes divergences nominales. Les déséquilibres financiers, ensuite: si l'endettement public a mobilisé l'attention, il n'en a rien été de l'endettement privé ; or, ces déséquilibres financiers ont renforcé les divergences nominales. La gestion de la demande, enfin: en ne se coordonnant pas suffisamment pour gérer les conséquences de la crise financière, les pays de la zone euro ont entretenu un déficit de demande. Cela signifie que la coordination des politiques économiques doit s'étendre, au-delà de la surveillance de l'endettement public, aux politiques de compétitivité, de gestion de la demande et à la politique macro-prudentielle.
La gouvernance macroéconomique de la zone euro, matérialisée par le "semestre européen", souffre de trois faiblesses importantes : un niveau zone euro insuffisamment développé et mal intégré au niveau états membres ; une ligne de partage peu claire entre la surveillance de court-moyen terme (déséquilibres budgétaires et macroéconomiques) et celle de long terme (Stratégie de croissance Europe 2020) ; une mauvaise appropriation au niveau national des recommandations formulées au niveau européen. Pour progresser à court terme sur ces trois axes, il n'est pas besoin de modifier les instruments et encore moins les règles, mais il faut mieux les articuler.
Nous formulons huit recommandations pour donner tout son sens au semestre européen, mieux intégrer le niveau de la zone euro avec celui des états membres et rééquilibrer la surveillance entre le budgétaire, le macro-prudentiel et la compétitivité. Ces recommandations doivent se comprendre comme une première étape vers une intégration plus poussée