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Que deviennent les cycles économiques dans les économies contemporaines? Natixis. Septembre 2015.

Publié le 03/09/2015
Flash économie n°667, 1/09/2015.

par Patrick Artus.

Résumé

Les cycles économiques ont d'abord (années 1970, 1980 et 1990) été des cycles liés à la réaction de la politique monétaire à l'inflation ; puis (fin des années 1990 et années 2000) des cycles liés aux crises financières (excès d'endettement, éclatement des bulles, crises bancaires).
Que sont aujourd'hui (années 2010) devenus les cycles économiques avec le nouveau fonctionnement des économies (nous allons prendre les exemples des Etats-Unis et du Royaume-Uni, la zone euro étant encore dans une situation de chômage élevé) ?
- avec la faiblesse de la hausse des coûts salariaux, même au voisinage du plein emploi, et avec le recul des prix des matières premières, lié à la faiblesse de la croissance mondiale, il est très peu probable que la prochaine récession soit due au retour de l'inflation et à la hausse associée des taux d'intérêt.
- les comportements financiers semblent pour l'instant moins dangereux qu'avant la crise de 2008-2009 : règlementation plus sévère des banques, prudence des investisseurs en actions, désendettement du secteur privé. Il existe cependant de nouveaux risques : crise de liquidité pour les "non banques" en particulier, mais il s'agit de risques lointains et plutôt théoriques.
- les politiques monétaires très expansionnistes ont fait monter les prix des actifs financiers et immobiliers. On ne peut cependant parler de bulle probablement que dans le cas de l'immobilier au Royaume-Uni. Le risque de remontée forte des taux d'intérêt à long terme malgré les dettes publiques semble faible avec la prudence des Banques Centrales et la faiblesse de la croissance potentielle en valeur.
- il reste le risque de cycle traditionnel lié à la suraccumulation de capital, soit en logements (Royaume-Uni ?), soit des entreprises (Etats-Unis ?); la suraccumulation se corrige par un recul de l'investissement; mais ceci génère un ralentissement de la croissance mais pas un vrai cycle (une vraie récession).
Au total, n'est-il pas possible que les cycles, les récessions et les crises soient remplacés, dans les pays de l'OCDE, par de longues périodes de croissance faible (avec la faiblesse de la croissance potentielle) et non inflationniste, en l'absence d'un mécanisme qui déclencherait une vraie récession ?