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Quels usages des excédents extérieurs de la zone euro et de l'Allemagne en particulier ? Natixis. Novembre 2018.

Publié le 15/11/2018

"La zone euro fait-elle un bon usage de son excès d'épargne ?", Flash Economie n°1279, 9 novembre 2018.

par Patrick Artus.

Résumé :

On peut tout d'abord regretter que la zone euro ait un excès d'épargne (un excédent extérieur) : il signifie qu'une partie de l'épargne de la zone euro est investie dans le Reste du Monde et pas dans la zone euro, ce qui réduit la croissance de long terme de la zone euro.

Mais une seconde question est celle de l'utilisation de cet excès d'épargne : permet-il à la zone euro d'accumuler des actifs rentables, productifs dans le Reste du Monde, ce qui serait favorable à la fois à la zone euro (ses actifs extérieurs auraient une rentabilité élevée) et au Reste du Monde (des investissements efficaces y seraient financés).

L'observation de la nature des flux de capitaux entre la zone euro et le Reste du Monde montre que la contrepartie de l'excédent extérieur de la zone euro est l'achat d'obligations du Reste du Monde par les résidents de la zone euro, ce qui n'est pas très efficace, ni du point de vue de la zone euro, ni de celui du reste du Monde.

"L'Allemagne ne peut pas à la fois conserver son énorme excédent extérieur et exiger une discipline budgétaire et macroprudentielle stricte de la part des autres pays de la zone euro", Flash Économie n°1300, 15 novembre 2018.

par Patrick Artus.

Résumé :

L'Allemagne a aujourd'hui un énorme excédent extérieur, dont le FMI dit qu'il incite le Reste du Monde au protectionnisme. Cet excédent extérieur est dû en partie à la forte compétitivité de l'industrie allemande, mais surtout au taux d'épargne très élevé des ménages allemands et à l'excédent budgétaire de l'Allemagne.

L'Allemagne ne veut pas aujourd'hui corriger cet excédent extérieur ; cette attitude serait sans danger s'il avait pour contrepartie un déficit extérieur du reste de la zone euro : l'excès d'épargne des Allemands financerait des investissements dans le Reste de la zone euro.

Mais aujourd'hui, l'Allemagne demande aux autres pays de la zone euro de respecter des règles budgétaires (équilibre structurel du budget) et macroprudentielles (faiblesse du déficit extérieur et de la progression du crédit) strictes. Cette attitude de l'Allemagne est incohérente et non coopérative, car alors le reste de la zone euro ne peut pas absorber, utiliser l'excédent d'épargne de l'Allemagne, qui finance alors le Reste du Monde hors zone euro, c'est-à-dire ne contribue pas à la progression des investissements dans la zone euro.

Source : Flash Économie n°1300, 15 novembre 2018