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Taux d'intérêt bas et négatifs, nouveau paradigme de la finance ? The Conversation. Novembre 2020.

Publié le 21/11/2020

The Conversation, 17 novembre 2020.

par Jean-Michel Servet, professeur honoraire à l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), Genève.

Les investisseurs mais aussi les banques pourraient s'accommoder d'une situation durable de taux d'intérêt au plancher.

Il est faux de prétendre que les actuels taux d'intérêt quasi nuls et même négatifs sont sans aucun précédent dans l'histoire financière. Dans les années 1930 aux États-Unis, les obligations du Trésor étaient tombées après la crise de 1929 à « taux plancher zéro ». Dans la Confédération helvétique, en 1979, la Banque nationale avait enrayé ainsi l'appréciation du franc suisse.

On peut, plus près de nous, citer l'État français qui en 2012 a placé près de 6 milliards d'obligations à trois mois à – 0,0005 % et à six mois à – 0,006 %. Les exemples ne se limitent d'ailleurs pas à des emprunts d'État et aux interventions des banques centrales (qui ont été les initiateurs de la chute des taux) puisque le groupe agroalimentaire Nestlé avait en février 2015 emprunté sur les marchés financiers à – 0,008 %.

En outre, si l'on se souvient des périodes, pas si lointaines, de fortes hausses des prix, la situation de taux au plancher pourrait perdurer car des taux d'intérêt très bas, voire négatifs, n'apparaissent pas comme aussi inédits sur un temps long qu'il y paraît. Ce caractère négatif des taux était alors la conséquence ex post de la différence entre un taux d'intérêt fixe souscrit lors du prêt et la hausse des prix constatée au moment de son remboursement. La différence peut transformer un taux, nominalement positif, en un taux dit « réel » négatif en termes de pouvoir d'achat de la monnaie. Des années 1950 aux années 1980, les agents économiques et les acteurs financiers ont fait avec.

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Pour aller plus loin :

Artus P., Taux d'intérêt réels, vieillissement et transition énergétique. Natixis, Flash Economie n° 1255, 3 novembre 2020.

Artus P., Pourquoi les taux d'intérêt n'ont pas d'effet sur la croissance ou l'investissement des pays de l'OCDE. Natixis, Flash Economie n° 1321, 19 novembre 2020.

Le recul des taux d'intérêt réels et ses causes. Natixis. Décembre 2020.

Une baisse tendantielle des taux d'intérêt réels depuis 40 ans :

Graphique : Taux d'intérêt réel à 10 ans sur les emprunts d'Etat dans l'OCDE (Etats-Unis, Royaume-Uni, Zone euro, Japon)

Source : Flash Économie n° 1386, décembre 2020.