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Très masculin, pas très féminine. Les variations sociales du genre. INED. 2022.

Publié le 16/11/2022

Population et Sociétés, n° 605, novembre 2022.

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par Mathieu Trachman.

Résumé

Les différences de féminité et de masculinité sont une dimension ordinaire du genre peu prise en compte dans les enquêtes statistiques. S'appuyant sur l'enquête Violences et rapports de genre (Virage), cet article documente les variations de genre internes au groupe de sexe.

La majorité des femmes se disent plutôt féminines et la majorité des hommes plutôt masculins. On enregistre sans doute ici le sentiment d'être « normal » du point de vue du genre.

Pour autant, les positionnements de genre ne s'organisent pas de la même manière selon le sexe : un tiers des hommes se disent très masculins, alors que moins d'un quart des femmes se disent très féminines ; un peu plus de 9 % des femmes se disent « pas très féminines », alors que seuls 2 % des hommes se disent « pas très masculins ». Ces variations du genre selon le sexe reflètent sans aucun doute une dévalorisation du féminin par rapport au masculin.

Les positionnements de genre varient selon l'apparence physique et corporelle. Ils reflètent sans doute des représentations partagées des féminités et des masculinités, qui conduisent plus souvent les femmes en surpoids et (surtout) les hommes en sous-poids à se sentir « hors norme ».

Le niveau de diplôme et la catégorie socioprofessionnelle font nettement varier les positionnements de genre chez les hommes : plus les hommes sont diplômés, moins ils ont tendance à se dire très masculins. D'autres données permettant de penser qu'il ne s'agit pas nécessairement d'une contestation des hiérarchies du genre, mais de l'affirmation d'une masculinité distinguée. Les diplômes et les catégories socioprofessionnelles influencent moins les positionnements de genre des femmes.

Enfin, les positionnements de genre des personnes qui s'identifient comme homosexuelles ou bisexuelles sont très différents de ceux des hétérosexuels. Ils varient selon le sexe et l'identification sexuelle. On peut faire l'hypothèse que la valorisation sociale du masculin explique son attrait pour certaines femmes, en particulier lesbiennes, et la difficulté à s'en distancer pour les hommes, même gays.

Sommaire

  • Des positionnements de genre différents pour les femmes et les hommes
  • Dire son corps, sa profession et son désir avec le genre
  • Les questionnements du genre et de la sexualité

Cliquez sur l'image pour agrandir la figure.

Graphique : Positionnement de genre selon le sexe (%)

Source : Population et Sociétés, n° 605, novembre 2022.

Pour aller plus loin :

Détrez C., (2016), « Entretien avec Christine Détrez autour de la notion de genre », SES-ENS, septembre.

Détrez C., (2011), « Il était une fois le corps... », SES-ENS, avril.

Bozon M., (2010), « La sociologie de la sexualité et du couple autour de Michel Bozon », SES-ENS, avril.

Trachman M., Lejbowicz T., (2018), « Des LGBT, des non-binaires et des cases. Catégorisation statistique et critique des assignations de genre et de sexualité dans une enquête sur les violences », Revue française de sociologie, 59(4), 677-705.