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Une stratégie économique face à la crise. CAE. Juillet 2020.

Publié le 20/07/2020

Note du conseil d'analyse économique, n° 57, juillet 2020.

par Philippe Martin, Jean Pisani-Ferry et Xavier Ragot.

Le communiqué de presse du 10 juillet.

Document associé : Étienne Fize et Hélène Paris, Consommation des ménages pendant et après le confinement : que nous apprennent les données de cartes bancaires CB ?, Focus n° 044‐2020.

Les mesures de confinement mises en place en réponse à la pandémie de COVID-19 ont conduit à une chute brutale de l'activité économique. Après avoir rassuré lors du confinement, la politique économique française doit maintenant aider entreprises et ménages à se projeter vers l'avenir. Dans cette nouvelle Note du CAE, les auteurs formulent des propositions pour définir une stratégie macro-économique et budgétaire ainsi que les différentes phases de cette stratégie. Les auteurs estiment l'ampleur nécessaire du plan de relance avec des mesures pour les entreprises, les ménages, l'emploi et la transformation à plus long terme de l'économie.

Résumé

Les mesures de confinement mises en place en réponse à la pandémie de Covid-19 ont conduit à une chute brutale de l'activité économique. En est résulté un choc inédit par sa nature, à la fois d'offre et de demande, et fortement différencié selon les secteurs.

En moyenne, les ménages français ont bénéficié d'une protection efficace de leur revenu, en particulier grâce au chômage partiel. Ils disposent d'une épargne involontaire du fait de la consommation empêchée pendant le confinement, mais celle-ci est plus faible pour les ménages modestes. Un enjeu de la politique économique est que cette épargne forcée ne se transforme pas en épargne de précaution. Les informations tirées des données de transactions sur cartes bancaires CB sont encourageantes, et suggèrent un retour rapide à la normale, mais elles ne montrent pas à ce stade de rattrapage de la consommation perdue.

Du côté des entreprises, si les outils de soutien à la liquidité ont été efficaces, un double risque demeure : macroéconomique d'un côté, pesant sur leur perspective de demande ; financier de l'autre, pesant sur leur solvabilité.

Après avoir rassuré lors du confinement, la politique économique française doit maintenant aider entreprises et ménages à se projeter vers l'avenir. Il faut éviter que le choc transitoire devienne persistant du fait d'une dégradation trop forte de l'emploi et de la disparition d'entreprises.

Dans le cadre du plan de relance, nous recommandons de soutenir l'emploi via des aides pour les embauches concentrées sur les bas salaires et plus généreuses pour les jeunes, et de mettre en place un bouclier anti-faillite ciblé sur les secteurs et entreprises en difficulté. Des mesures de soutien au pouvoir d'achat sont également nécessaires, ciblées sur les ménages les plus modestes

qui ont la plus forte propension à consommer. La crise sanitaire induit aussi un réexamen des priorités collectives qui justifie de nouveaux investissements, du fait notamment des enjeux environnementaux, de souveraineté économique à l'échelle de l'Europe, de la numérisation et d'un effort accru en faveur de la santé.

L'ensemble de ces mesures représente un coût budgétaire important et la forte incertitude sur la dynamique économique implique que son ampleur soit contingente. Nous estimons le plan de relance nécessaire autour de 2 points de PIB (hors des mesures de liquidité et aides européennes). Le risque d'affaissement économique nous paraît plus grave que celui d'une augmentation de la dette. Les facteurs structurels et la politique monétaire de la BCE laissent attendre des taux d'intérêt bas à moyen terme ce qui permet de rester sur une trajectoire soutenable avec un niveau de dette plus élevé. Même si la probabilité de remontée des taux d'intérêt est faible, l'État pourrait en partie s'assurer contre ce risque en augmentant la maturité de ses emprunts.

Sommaire

1. Analyse économique de la crise

Un choc d'offre et de demande
En France, un choc plus fort qu'ailleurs
Une protection efficace des ménages
Un double risque pour les entreprises
Une grande incertitude sur le volume d'emploi mobilisé et le potentiel productif
Une estimation du déficit d'activité

2. Quelle stratégie économique ?

Des objectifs et un séquençage explicite
Les instruments : combiner offre et demande
- Un bouclier anti-faillites
- Un accélérateur d'emploi
- Des soutiens ciblés au pouvoir d'achat
- Réorienter la croissance
- Quel montant ?

3. Financer l'effort de soutien

Une forte augmentation de la dette publique
Un contexte persistant de faibles taux d'intérêt
Les arbitrages essentiels
Allonger la maturité de la dette

Encadré : Allemagne et France : deux stratégies différentes

Transactions par carte bancaire et retraits de billets (15/03/2020 au 28/06/2020)

Source : Focus n° 044‐2020, CAE, juillet 2020.

Graphique : Propension marginale à consommer selon le niveau d'épargne

Source : Note CAE n° 57, juillet 2020.

Pour aller plus loin :

Dauvin D. et al., Évaluation au 26 juin 2020 de l'impact économique de la pandémie de Covid-19 et des mesures du confinement et du déconfinement en France. OFCE Policy Brief, n° 75, 26 juin 2020.