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COVID-19 et stagnation séculaire. Société générale. Janvier 2021.

Publié le 14/01/2021

Une synthèse très complète sur la récession mondiale provoquée par la pandémie, qui pourrait, selon l'autrice, aggraver le risque de stagnation séculaire en raison de l'augmentation des inégalités et de l'aversion au risque. D'où la nécessité de repenser la politique macroéconomique en privilégiant la politique budgétaire, qui s'avère particulièrement efficace quand les taux d'intérêt sont à zéro, et qui est à même de placer les économies sur une trajectoire de croissance soutenue, inclusive et écologiquement soutenable.

Risk & Opportunities n° 14, 12 janvier 2021.

par Marie-Hélène Duprat.

Résumé

Malgré le soutien hors normes des politiques budgétaires et monétaires, la pandémie de COVID-19 et les mesures prises pour la contenir – incluant des confinements et mises à l'arrêt sans précédent de l'activité économique – ont plongé l'économie mondiale dans la récession la plus profonde de l'histoire moderne. Au-delà de son impact sur la santé publique et des pertes de production considérables à court terme, la pandémie a d'ores et déjà imprimé une marque indélébile sur l'économie mondiale.

La présente étude suggère qu'en l'absence d'un programme d'actions plus audacieuses en matière de politique économique, le choc causé par la COVID-19 laissera des cicatrices profondes et durables sur l'économie mondiale en exacerbant les vulnérabilités préexistantes, en érodant la production potentielle et en intensifiant les forces pouvant conduire à une « stagnation séculaire ». Cette analyse repose notamment sur la perspective d'un changement durable des comportements et croyances. En effet, le choc provoqué par la COVID-19 est susceptible de déclencher, au sein du secteur privé, une hausse structurelle de l'aversion au risque stimulant l'épargne de précaution des ménages et pesant sur les investissements des entreprises. D'où le risque d'une insuffisance chronique de la demande globale empêchant les économies de réaliser leur potentiel. En outre, la pandémie donne une formidable impulsion à la transition numérique, ce qui contribuera à accroître les inégalités sociales, elles-mêmes facteur de stagnation séculaire, car elles favorisent une propension accrue des populations à épargner.

Sommaire

1. Hystérèse

2. L'ombre projetée par la crise financière de 2008

2.1 Politique de taux d'intérêt zéro ou proches de zéro
2.2 Les effets de richesse et d'endettement en soutien de la croissance

3. Stagnation séculaire

3.1 La limite inférieure effective sur les taux a été, et continuera d'être, un gros problème
3.2 Piégés dans un monde de taux d'intérêt naturels bas
3.3 Excès d'épargne
- Dégradation du potentiel de croissance et recul de l'appétit pour l'investissement
- Atonie de la demande globale et augmentation de l'appétit pour l'épargne
- L'hypothèse de la stagnation séculaire

4. Le choc provoqué par la COVID-19 aggrave le problème de l'excès d'épargne

4.1 Hausse de l'aversion au risque
4.2 Accroissement des inégalités

5. Comment lutter contre la stagnation séculaire ?

5.1 La nécessité de repenser la politique macroéconomique
5.2 La COVID-19 est-elle un game changer pour la politique macroéconomique ?

Encadrés :

  • Le taux d'intérêt naturel
  • Une énigme restant à résoudre : le ralentissement de la productivité