L'apprentissage en France : Quel bilan pour quels objectifs ? Direction Générale du Trésor. Novembre 2025.
Lettre Trésor-éco n° 376, novembre 2025.
Par Vincent Barde, Tristan Gantois, Joceran Gouy-Waz, Blaise Leclair.
Résumé
L'apprentissage, dans l'enseignement secondaire ou supérieur, repose sur une alternance de formation en entreprise et en centre de formation d'apprenti, pour obtenir une qualification professionnelle reconnue par un diplôme ou un titre à finalité professionnelle. Il vise à favoriser l'employabilité des jeunes en sortie d'études.
Depuis la réforme de 2018, l'apprentissage a connu une très forte augmentation des entrées en formation. 879 000 nouveaux contrats ont été signés en 2024, contre 306 000 en 2017, portant à plus d'un million le nombre d'apprentis en cours de contrat fin 2024. Cette montée en charge a été favorisée par la libéralisation de l'offre de formation des centres de formation des apprentis et du cadre réglementaire des contrats, ainsi que par la mise en place d'une aide unique de l'État à destination des employeurs d'apprentis.
La forte expansion de l'apprentissage a été associée à un quasi-triplement de son coût pour les finances publiques. En 2023, ce dernier a atteint environ 15 Md€, soit 14 700 € par apprenti. Ce soutien public est nettement supérieur à d'autres pays européens où l'apprentissage bénéficie d'une forte tradition, à l'image de l'Allemagne. Les ajustements de ce soutien en 2025 contribueront à en contenir le coût.
La dynamique de l'apprentissage est allée de pair avec une transformation du profil des apprentis, désormais plus souvent étudiants de l'enseignement supérieur que du secondaire, et des employeurs, en faveur du secteur des services.
L'apprentissage facilite globalement l'insertion professionnelle en début de carrière par rapport à la voie scolaire. Au niveau CAP, parmi les jeunes sortis d'études en 2021, 63 % des apprentis sont en emploi 18 mois après leur apprentissage, contre 36 % des scolaires. Cet effet diminue toutefois à mesure que le niveau de diplôme augmente, et apparaît limité au niveau master.
Sommaire
- L'apprentissage : une voie de formation initiale visant à favoriser l'employabilité en sortie d'études
Encadré 1 : L'organisation du système d'apprentissage en France
Encadré 2 : Comparaison des dépenses publiques consacrées à l'apprentissage en France et en Allemagne
- Le profil des apprentis, qui a fortement évolué depuis 2018 en lien avec l'augmentation du nombre d'entrées en apprentissage, diffère de celui des élèves et étudiants de la voie scolaire
- L'apprentissage améliore l'insertion en sortie d'études par rapport à la voie scolaire, mais cet effet positif est moindre pour les hauts niveaux de diplôme
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Évolution des entrées en apprentissage en fonction du diplôme préparé
Comparaison des dépenses consacrées à l'apprentissage en France et en Allemagne en 2023
Évolution du taux de chômage des jeunes (15-24 ans) en France et chez ses principaux partenaires européens (en %)
Source : Lettre Trésor-éco n° 376, novembre 2025.
Pour aller plus loin
Hervelin J. (2025), « Des études à l’emploi : une transition difficile, particulièrement en France », SES-ENS.




