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Le bien-être des élèves de 15 ans en France. Observatoire du bien-être. Mai 2021.

Publié le 07/05/2021

Deux études de l'Observatoire du bien-être explorent le bien-être des élèves de 15 ans en France, en exploitant des données de l'enquête PISA de l'OCDE. La première étude souligne les relations complexes entre bien-être des élèves et performances scolaires, ainsi que l'écart entre filles et garçons dans ce domaine. La seconde met en évidence le rôle de la relation avec les enseignants dans le bien-être à l'école en France.

Les données montrent notamment une moindre satisfaction dans la vie des filles, qui s'expliquerait par une plus grande peur de l'échec et un moindre esprit de compétition chez les filles, en particulier chez les meilleures élèves. La France se distingue des autres pays de l'OCDE par le poids des performances en mathématiques dans le bien-être subjectif des élèves et la plus grande anxiété des filles à l'égard de cette matière.

Par ailleurs, si les élèves français expriment un sentiment d'appartenance à l'école en retrait par rapport à la moyenne de l'OCDE, ce retrait doit beaucoup à une mauvaise impression des relations avec les professeurs. Plus que dans les autres pays, ceux-ci sont perçus comme injustes et sous-estimant les capacités des élèves.

Faut-il avoir des bonnes notes pour être heureux à 15 ans ?, Note de l'Observatoire du Bien-être n° 2021-03, 26 mars 2021.

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par Dylan Alezra, Sarah Flèche, Elizabeth Beasley, Mathieu Perona, Claudia Senik.

Résumé

Nous connaissons les enquêtes PISA pour la comparaison qu'elles permettent des performances scolaires entre pays. Ces enquêtes apportent cependant aussi un éclairage remarquable sur le bien-être des adolescents interrogés, et en particulier sur les liens que celui-ci entretien avec les performances scolaires.

Nous montrons ici que ce lien est complexe. Si les adolescents qui ont de meilleures notes se déclarent plus satisfaits de leur vie, il n'y a pratiquement pas de relation entre le sentiment d'appartenance à l'école et le niveau de performance, et même une relation négative entre les notes et le sentiment de savoir ce qui donne du sens à sa vie.

Les réponses mettent en évidence un écart fille-garçon très marqué. Les filles sont moins satisfaites de leur vie que les garçons, avec un poids plus important des notes, se sentent moins bien à l'école et déclarent plus souvent éprouver des émotions négatives. Une partie de cet écart semble lié à la peur de l'échec, plus fort chez les filles, et à un moindre esprit de compétition dans un environnement où celui-ci est valorisé.

Dans toutes ces dimensions, la France ne fait pas figure d'exception et ressemble beaucoup aux autres pays européens. Deux spécificités françaises émergent cependant. D'une part, le poids accordé aux mathématiques dans le parcours scolaire se reflète dans l'importance de cette matière dans la satisfaction de vie. D'autre part, la satisfaction dans la vie des adultes, assez décevante au regard des pays comparables, contraste avec les réponses nettement plus favorables des adolescents.

Cliquez sur les images pour agrandir les figures.

Figure : Lien entre les résultats aux tests de PISA en mathématiques et la satisfaction dans la vie déclarée dans différents pays

Figure : Filles et garçons face aux mathématiques en France

« Par rapport à la moyenne de l'OCDE, les filles françaises expriment beaucoup plus souvent le sentiment d'être tendues quand elles font leurs devoirs de mathématiques, et de se sentir impuissantes devant un problème de maths. »

Source : Note de l'Observatoire du Bien-être n° 2021-03, mars 2021.

 

Relations enseignants-élèves : comment améliorer le bien-être des élèves du secondaire ?, Note de l'Observatoire du Bien-être n° 2021-05, 5 mai 2021.

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par Dylan Alezra, Sarah Flèche, Elizabeth Beasley, Mathieu Perona, Claudia Senik.

Résumé

Malgré une opinion très positive de leur expérience dans leur établissement (94 % disent se sentir bien dans leur collège ou lycée), les élèves français interrogés à 15 ans par l'enquête PISA ont un sentiment d'appartenance à l'école plus faible que la moyenne de l'OCDE. Parmi les neuf questions qui permettent de construire cet indicateur d'appartenance à l'école, les jeunes français sont dans la moyenne de l'OCDE pour quatre questions, et au-dessous de la moyenne pour deux autres. Le score d'ensemble assez faible de la France repose ainsi sur un jugement significativement plus négatif quant à l'impression d'être laissé pour compte et au sentiment de se sentir chez soi à l'école.

Parmi les facteurs qui expliquent cette contre-performance, la relation avec les enseignants joue un rôle important. Les élèves français sont en effet nombreux à estimer qu'ils sont traités injustement par leurs professeurs, notamment que ces derniers sous-estiment leurs capacités et les font moins participer que leurs camarades de classe.

Contrairement au sentiment d'appartenance à l'école en général, le sentiment d'injustice est corrélé avec les performances scolaires. Les plus mauvais élèves ont plus fréquemment le sentiment que les enseignants sont injustes à leur égard ; les élèves moyens plus que les bons élèves, mais aussi les garçons plus que les filles, quel que soit leur niveau scolaire.

Cliquez sur l'image pour agrandir la figure.

Figure : Lien entre le sentiment d'appartenance à l'école des élèveeesss et la perception de la relation avec les professeurs en France

Source : Note de l'Observatoire du Bien-être n° 2021-05, mai 2021.

 

Voir aussi : Quel effet enseignant sur les compétences et les parcours des élèves ? Observatoire du Bien-être. Janvier 2021.