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Orientation post-bac : les choix des anciens élèves du lycée influencent-ils ceux des générations suivantes ? IPP. Décembre 2025.

Publié le 13/02/2026

Note de l'Institut des Politiques Publiques n° 119, décembre 2025.

Par Nagui Bechichi et Gustave Kenedi.

Version téléchargeable.

Résumé

Le passage du lycée à l'enseignement supérieur confronte les élèves à un choix décisif pour leur avenir : celui de leur orientation. Or ces choix demeurent socialement différenciés et leurs déterminants restent mal connus. Pour éclairer ce phénomène, cette note étudie une question encore peu explorée : dans quelle mesure les choix des lycéens sont-ils influencés par les trajectoires des anciens élèves de leur lycée ?

L'analyse mobilise les données administratives exhaustives d'Admission Post-Bac (2012-2017), couvrant plus de 12 000 formations. En comparant les candidatures selon qu'un(e) ancien(ne) a été admis(e) ou refusé(e) de justesse dans une formation, on identifie l'effet causal de ces admissions sur les choix des générations suivantes. L'admission d'un(e) élève à une formation d'enseignement supérieur accroît nettement la probabilité qu'un(e) lycéen(ne) du même établissement y postule l'année suivante : celle-ci passe ainsi de 35 % à 40 % (soit une augmentation de 16 %). La probabilité d'y être admis(e) augmente également, passant de 7 % à 9 % (soit une hausse de 33 %). Ces effets persistent sur plusieurs cohortes et s'étendent à des formations connexes. Les professeurs principaux jouent un rôle clé dans cette transmission d'information. Cette logique ne s'observe en effet que lorsque les élèves de deux cohortes successives partagent le (la) même professeur(e) principal(e).

Des logiques d'homophilie sociale et de genre renforcent ces dynamiques : les élèves s'inspirent davantage de parcours d'anciens qui leur ressemblent. Ces influences contribuent à expliquer pourquoi, à résultats scolaires équivalents, les élèves socialement défavorisés s'orientent vers des formations moins sélectives que les plus favorisés. Des simulations neutralisant les différences d'exposition aux filières sélectives liées aux anciens élèves suggèrent qu'une plus grande mixité sociale dans les lycées réduirait d'environ 10 % les écarts d'aspiration entre élèves favorisés et défavorisés, à niveau scolaire équivalent.

Sommaire

  • Évaluer l'influence de l'orientation des anciens élèves sur le choix des lycéens actuels : méthodologie
  • Les lycéens ont une probabilité plus forte de s'orienter vers une formation lorsqu'un(e) ancien(ne) élève y a été admis(e) l'année précédente
  • Influences intergénérationnelles au lycée : quels relais ?
  • Améliorer la mixité scolaire pourrait réduire les inégalités sociales d'orientation

Cliquez sur les images pour agrandir les figures. 

Graphique 1 :  Influence de l'admission d'un(e) ancien(ne) élève sur les candidatures suivantes selon le degré de similarité des formations.

Graphique 2 : Effet de l'admission de justesse d'un(e) ancien(ne) élève selon son profil et celui des candidats actuels.

Source : Note de l'Institut des Politiques Publiques n° 119, décembre 2025.

Pour aller plus loin

Mettetal B. (2020), « Massification et démocratisation de l'accès à l'école et à l'enseignement supérieur », SES-ENS.