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Dérives du capitalisme financier

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Aglietta, Michel ; Rebérioux, Antoine
Albin Michel
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Commentaires éditeur :
Dans le sillage de Enron, Worldcom et Parmalat, les scandales entourant la gestion de grandes sociétés cotées se sont succédé depuis le début des années 2000. Pour l'écrasante majorité des commentateurs, il s'agit là d'accidents isolés, certes fâcheux, mais ne pouvant remettre en cause les vertus d'un système dominé par la finance de marché. Pour Michel Aglietta et Antoine Rebérioux, ces scandales à répétition sont au contraire la marque des dérives de ce « capitalisme financier ». Les auteurs mettent en évidence les contradictions qui traversent ce régime de croissance. Pierre angulaire du capitalisme financier, le postulat selon lequel l'entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires est en même temps son talon d'Achille. Une vacuité du contrôle au sommet des grandes entreprises se solde par une instabilité chronique et une aggravation des inégalités. Surmonter ces contradictions par une avancée de la démocratie participative dans l'entreprise : plutôt que comme un objet de droits de propriété, celle-ci doit être gouvernée comme une institution, où s'élabore une finalité commune à l'ensemble de ses parties prenantes, telle est la proposition des auteurs de cet ouvrage.


Nos commentaires :
Michel Aglietta et Antoine Rebérioux explorent dans ce livre qui est le résultat d'un travail de recherche commencé en 1999 les propriétés du mode de régulation du capitalisme financier, ce qui les amènent à identifier une série de problèmes : « Il faut donc étudier les développements de la finance contemporaine, ses logiques de fonctionnement et ses sources de fragilité en détail. Il faut s_interroger sur la nature de l'entreprise moderne, des pouvoirs qu_elle renferme et des finalités que ses dirigeants poursuivent effectivement_Il faut surtout analyser les liens étroits entre l'essor de la finance de marché et les stratégies conduites par les entreprises pour mettre en évidence la perversité d'une régulation du capitalisme dans laquelle les marchés boursiers sont prépondérants » (p 8). Les auteurs précisent un peu plus loin : « C_est donc un triple questionnement qui va structurer cet ouvrage : - Quelles sont les conséquences, en termes de stabilité et de cyclicité de l'accroissement de la liquidité des marchés des capitaux ? Quelles sont les transformations induites dans la direction des entreprises ? De quelle manière cette gouvernance influe-t-elle, en retour, sur la dynamique du régime de croissance ? » (p 14).

Le livre est divisé en 9 chapitres :

- Le premier fait un « état des lieux » : description de la montée en puissance de la finance de marché, essor de la « souveraineté actionnariale » avec le calcul de la valeur ajoutée économique, rôle de la révolution des TIC.

- Le second est consacré à « une critique des fondement de la valeur actionnariale » avec une analyse de l'évolution des théories de la firme : théorie de l'agence, théorie des contrats, théorie institutionnelle avec la référence aux travaux fondateurs de Berle et Means.

- Le troisième analyse la diversité des modes de gouvernance d'entreprise en positionnant les modèles européens par rapport à celui des Etats-Unis, ce qui conduit à comparer le droit boursier, le droit des sociétés, le droit social et la réglementation des prises de contrôle.

- Le quatrième aborde la question de la diversité des formes de contrôle avec les « régimes de gouvernance d'entreprise » : contrôle par la dette, le contrôle direct par les actionnaires, les dirigeants, l'Etat, le contrôle par le marché boursier. Ces divers types de contrôles vont conditionner les stratégies des entreprises.

- Le cinquième montre les liens entre les représentations de l'entreprise et l'adoption d'un langage comptable avec une critique de la systématisation de la « juste valeur » qui montre combien les entreprises sont devenus dépendantes de la finance..

- Le sixième étudie les logiques financières afin d'établir « les fondements microéconomiques de l'instabilité macroéconomique des marchés financiers : problème d'évaluation du risque par les banques, surréaction des prix sur les marchés d'actifs, méthodes de calcul des pertes anticipées et non anticipées, les défauts de la gestion d'actifs.

- Le septième revient sur la crise financière des années 2000 2002 pour identifier les relations entre crises financières et cycle économique avec un retour sur les travaux de Kindleberger, les problèmes d'incertitude des prévisions de profits pour réaliser les évaluations boursières, le rôle du crédit, les mécanismes de la déflation financière, l'action de la puissance publique à travers la régulation prudentielle et la politique monétaire.

- Le huitème propose « une réinterprétation des scandales financiers de l'ère Enron » avec un résumé de cette affaire qui est révélateur d'une crise systémique qui pose le problème de la chaîne informationnelle : information comptable, vérification des comptes par différents acteurs, interprétations par les analystes financiers. Les auteurs analyses les réponses qui ont été apportées aux Etats-Unis et en Europe et s_étonnent de l'alignement européen sur les Etats-Unis.

- Le dernier chapitre reprend les grands traits du capitalisme contemporain dominé par la finance (renforcement du caractère collectif de l'entreprise, glissement de la finance intermédiée vers la finance de marché, bouleversement de la gouvernance d'entreprise avec la figure centrale de l'actionnaire, l'échec de la souveraineté actionnariale ) pour montrer la nécessaire imbrication de l'économique et du politique : thème de la démocratie économique


A noter :

  • Nombreuses données statistiques et graphiques
  • La formalisation n'apparaît que dans quelques annexes
  • Un index de 5 pages