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Des clous, des horloges et des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914)

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Olivier, Jean-Marc
Editions du CTHS
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Nos commentaires :
La thèse de Jean-Marc Olivier sous la direction du professeur Claude-Isabelle Brelot qui a pour titre : Société rurale et industrialisation douce : Morez (Jura) (1780 ? 1914) est à l'origine de cet ouvrage. Ce travail présente la naissance de l'industrie dans une région rurale de moyenne montagne, celle du Jura. Comme il est précisé dans la préface, Jean-Marc Olivier « entend décrire dans sa singularité une industrialisation accomplie en douceur, sans rupture avec une économie domestique pastorale et agricole, sans urbanisation massive et sans véritable changement social, du moins jusqu'à la grande grève de 1930 » (p9). Ce travail d'historien de l'industrie fait avancer le débat autour des notions de proto-industrie, district industriel, nébuleuse industrielle;à partir de l'exemple du haut Jura, plus précisément, les cantons de Morez et Saint-Laurent.
Le livre est divisé en trois parties :
  • Dans la première partie, Jean-Marc Olivier présente les spécificités de la société montagnarde des paysans du haut Jura à la fin XVIIIe ? début XIXe siècle : une forte identité rurale sans pôle urbain véritable ; l'appropriation par la population rurale dès la fin du XVIIIe siècle de la petite métallurgie à domicile ce qui va conduire au renouvellement des formes de pluri-activité (importance d'une population instruite, fortement alphabétisée) avec le passage de la clouterie à l'horlogerie.
  • La deuxième partie est consacrée au fonctionnement de l'établissage horloger à partir du début XIXe siècle ; système qui combine la division du travail avec l'utilisation d'une main d'oeuvre rurale abondante. On assiste au passage d'une activité artisanale à la production de masse avec la rationalisation du travail par les établisseurs (nom des marchands horlogers qui vont réorganiser la production), groupe qui va progressivement dominer la micro-société morézienne. L'auteur montre l'importance de la réussite commerciale dans le développement économique morézien avec un rôle important des exportations et un effort d'innovation pour concevoir de nouveaux produits.
  • Enfin, la troisième partie présente le renouvellement de la dynamique économique avec la phase de l'industrie lunétière, industrie qui s'impose comme l'activité dominante du canton de Morez entre 1850 et 1880. On assiste pendant cette période à un essor exceptionnel de l'économie morézienne avec la fabrication de nouveaux produits et le renouvellement des élites

La conclusion insiste sur les spécificités de ce développement localisé qui est présenté comme une « industrialisation rurale douce ».


A noter :
  • L'ouvrage contient 108 illustrations (photographies, gravures, schémas, cartes, tableaux;).
  • Une présentation très détaillée des sources (manuscrites et imprimées) et de la bibliographie en 104 pages.
  • Pas de formalisation
  • Un index des noms de personnes et un index des noms de lieux.

Jean-Marc Olivier : maître de conférences d'histoire contemporaine à l'Université de Toulouse 2-Le Mirail et responsable de l'atelier "Industries et industrialisation" du laboratoire FRAMESPA (UMR 5136)