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La culture matérielle

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Rosselin, Céline ; Julien, Marie-Pierre
La decouverte
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Commentaires éditeur :
Stylos, feuilles, amphithéâtres, bancs, téléphones portables, fabriqués de mains d'hommes et corrélats de l'action individuelle et collective, sont, par exemple, des éléments de la culture matérielle (material culture en anglais) des étudiants en France. L'expression " culture matérielle ", contrairement à celle de culture adoptée aussi par des non-spécialistes, ne va pas de soi. Existe-t-il une culture matérielle et une culture immatérielle ? Ou s'agit-il de réunir sous ces termes des chercheurs aux origines diverses (historiens, archéologues, primatologues, anthropologues, muséologues, ergonomes) intéressés par les objets matériels ? L'enjeu dépasse ces questions théoriques à l'usine, au supermarché, au musée ou dans le logement, les sujets et les cultures se construisent dans l'action sur des cultures matérielles spécifiques


Nos commentaires :
Marie-Pierre Julien et Céline Rosselin débutent leur livre en rendant compte des différentes appréciations des techniques et des objets par les grands courants anthropologiques. Elles questionnent ensuite les prises en compte contemporaines de la « matière » : comment est-elle produite en tant qu'objet d'étude, aussi bien dans le travail de conservation et d'exposition dans les musées, que dans le travail ethno- ou socio-graphique ? Comment la « culture matérielle » est-elle finalement transformée sous l'effet des manipulations (physiques et intellectuelles) des chercheurs ou des conservateurs ?

Plus largement, les auteurs dressent un tableau des diverses approches de la « culture matérielle ». De la sorte, leur livre engage le lecteur à découvrir ou à relire un ensemble d'auteurs ou de courants théoriques - anthropologues et sociologues, français et anglo-saxons -, se rapportant à l'analyse des processus sociaux, historiques et politiques qui « fabriquent » le social et l'acteur par le biais de l'usage de la « matière ». Il est donc autant question de conditions et de mode d'apprentissage, de socialisation, de subjectivation, de distinction sociale et sexuée, que de modes d'imposition du pouvoir, d'imposition de croyances (via les rituels et leurs objets).

L'aspect du livre sans doute le plus intéressant est d'ouvrir la discussion sur les implications théoriques et méthodologiques d'un traitement analytique de la « matière » - indissociables pour les deux auteurs de leurs modes d'appropriation et de leurs conséquences sur les processus de socialisation ou de subjectivation. De fait, selon Marie-Pierre Julien et Céline Rosselin, la prise en compte de la « culture matérielle » par le chercheur en sciences sociales « est un outil qui permet de passer par différentes échelles (du macro au micro, aller et retour) dès lorsqu'elle ne se réduit pas à une somme d'objets qu'on trouverait dans une culture déjà donnée » (p. 106).

Commentaires par Sylvia Faure, maître de conférences en sociologie à l'Université Lyon-2, et membre du GRS (Groupe de recherche sur la socialisation).


A noter :
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