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La Démocratie et le Marché

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Fitoussi, Jean-Paul
Editions Grasset & Fasquelle, coll. Nouveau Collège de Philosophie
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Nos commentaires :
Le livre commence par un constat : " Il existe dans les vieilles démocraties occidentales une tendance à la régression 'paisible' de la démocratie qui procède selon des schémas différents de part et d'autre de l'Atlantique . En Europe, le marché est considéré comme une chose trop sérieuse pour être laissée sous l'empire du politique " ; quant-aux Etats-Unis, l'aggravation de l'inégalité du partage de la richesse semble à terme incompatible avec le fonctionnement d'une démocratie.

Jean-Paul Fitoussi s'inquiète de l'expansion de la sphère du marché tant à l'intérieur des sociétés qu'au niveau de la planète avec le phénomène de la globalisation, ce qui l'amène à reconsidérer la question du régime politique le plus favorable à l 'efficacité économique.

L'ouvrage est divisé en quatre sections :
  • La première pose la question de l'existence d'un régime politique optimal pour le marché. Jean-Paul Fitoussi fait un survol de la littérature économique sur la relation croissance - démocratie (Robert Barro, Dani Rodrik, Peter Lindert, Amartya Sen;) pour en arriver à la conclusion que la démocratie est supérieure à tout autre régime politique car elle procure un surcroît de bien être aux agents économiques qui résulte de la plus grande flexibilité de ce système, ce qui permet une meilleure adaptation aux circonstances.

  • La seconde section vise à préciser l'analyse précédente en montrant que " le marché et la démocratie apparaissent, contrairement à la pensée dominante, comme complémentaires plutôt que substituables " (p17) : la démocratie empêche l'exclusion par le marché et accroît la légitimité du système économique ; quant au marché, il limite l'emprise du politique sur la vie des individus. Chaque sphère (politique et économique)limite l'extension de l'autre tout en en assurant la légitimité. Jean-Paul Fitoussi illustre son raisonnement en analysant comment l'allocation des ressources se réalise par le marché d'un côté et par la démocratie d'un autre côté.

  • Ensuite dans la troisième section l'auteur montre que la démocratie a un ancrage forcément local, ce qui explique la diversité de ses formes institutionnelles qui permettent de réaliser des performances économiques optimales. D'où le scepticisme à l'égard des analyses qui aujourd'hui pensent que l'on peut manipuler les institutions pour accélérer le développement ou réduire le chômage.

  • Enfin, la dernière section aborde les relations entre démocratie et globalisation en montrant que cette dernière accroît l'insécurité économique. Jean-Paul Fitoussi en déduit que selon " un principe de compensation ", il est nécessaire que le surplus obtenu par la mondialisation soit distribué par des règles démocratiques qui assurent que personne ne subisse durablement des pertes nettes.

A noter :
Pas de formalisation.

Jean-Paul Fitoussi : Professeur des Universités à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, Président du Conseil Scientifique de l'IEP de Paris est Président de l'OFCE et Secrétaire général de l'Association Internationale des Sciences Economiques.