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L'invention du marché - Une histoire économique de la mondialisation

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Philippe Norel
Seuil
Fiche de lecture de l'ouvrage "L'invention du marché" de Philippe Norel. Le concept de marché est au centre de l'analyse de l'auteur avec des distinctions conceptuelles entre : marchés spécifiques, système élémentaire de marchés, système complet de marchés, régulation exogène (par l'Etat), régulation endogène (par le marché), capitalisme.

Nos commentaires :

imageCe livre traite de l'histoire de la mondialisation sur longue période (de l'antiquité à aujourd'hui). C'est comme le note Philippe Norel : un " pari difficile en raison des difficultés conceptuelles qui président à la définition de son objet et déterminent l'horizon temporel et spatial approprié : qu'est-ce que la mondialisation ? Où et quand commence-t-elle ? Peut-on faire une histoire essentiellement économique ? ". L'auteur inscrit son travail dans le champ de la " World History " anglo-saxonne avec pour commencer une introduction de 53 pages qui présente l'approche retenue de la mondialisation, celle d'un processus sur longue période. Ce travail se positionne par rapport à deux approches de la mondialisation, celle qui recherche dans le temps long l'explication de la mondialisation comme une nécessité historique et celle, d'un autre côté qui identifie la mondialisation avec un processus novateur à l'oeuvre depuis une vingtaine d'années. Les auteurs positionnent le processus de mondialisation dans un double mouvement : celui de " l'extension géographique de l'espace des productions " (phénomène qui remonte à l'antiquité), et celui de " la transformation des sociétés en fonction des impératifs du marché " (qui opère en parallèle).

Le concept de marché est au centre de cette analyse avec des distinctions conceptuelles entre : marchés spécifiques, système élémentaire de marchés, système complet de marchés, régulation exogène (par l'Etat), régulation endogène (par le marché), capitalisme.

L'introduction positionne aussi ce travail par rapport aux théories de la mondialisation : les analyses du " système monde " (I. Wallerstein et F. Braudel), les courants de " l'économie politique internationale "(Gilpin, Keohane, Susan Strange), les approches marxistes (Cox, Michalet), les théorisations " classiques " de l'histoire économique (Polanyi, Schwartz).

Les quinze chapitres du livre s'organisent autour d'une histoire " non linéaire " de la mondialisation qui commence avec les empires de l'antiquité avec un commerce lointain contrôlé par l'Etat dans l'ancienne Egypte et en Mésopotamie. Le pouvoir des marchands s'affirme à partir du VIIe siècle avant J. C. en Phénicie et en Grèce. Après la parenthèse de l'empire romain, le commerce lointain resurgit à Byzance, puis à nouveau ce sera la parenthèse carolingienne avec des marchands étroitement contrôlé par le pouvoir. Avec le développement des villes et le commerce du luxe, le grand commerce des vénitiens, des génois et des marchands de la Ligue hanséatique est stimulé jusqu'aux crises du XIVème siècle. A partir du XVème siècle, les grandes monarchies nationales en gestation vont s'appuyer sur le grand commerce pour renforcer l'Etat. L'ouverture géographique de l'Europe, dans le sillage des grandes découvertes s'affirme au XVIème siècle avec l'afflux de métaux précieux. Le commerce lointain débouche à ce moment là sur l'extension de l'espace des productions " dans l'agriculture (encomiendas en Amérique, enclosures britanniques).

"Les trois siècles qui suivent vont voir une utilisation beaucoup plus marquée du grand commerce par les Etats et les bourgeoisies d'Europe.La deuxième partie du livre est ainsi consacrée à cette instrumentalisation du monde " (1600 - 1914). Cette partie va de la domination commerciale des Provinces-unies au XVIIème siècle jusqu'à la première mondialisation à la fin du XIXème siècle.

Enfin, la troisième partie est consacrée à la période 1914 - 2000, ce que les auteurs appellent : " Les chemins incertains de la seconde globalisation " avec des chapitres spécifiques sur la transnationalisation des firmes, la globalisation financière et l'évolution des formes de régulation nationales et internationales.

Il faut noter à l'intérieur de chaque chapitre l'effort pour intégrer les faits économiques, l'évolution des idées et doctrines économiques et les interprétations contemporaines du processus de globalisation étudié. Par exemple, l'analyse de l'économie hollandaise au XVIIème siècle (chapitre 6) conduit à combiner les données historiques, les interprétations d'auteurs comme Rourke et Williamson et la mise en perspective de doctrines comme le mercantilisme (chapitre 8).

A noter :

  • Une bibliographie détaillée par chapitre de 20 pages.
  • De nombreux graphiques, tableaux, cartes et encadrés aident à se repérer dans les analyses.
  • Pas de formalisation
  • Un index de 9 pages et une table des matières détaillée de 6 pages

À propos de l'auteur :

Philippe Norel : Maître de conférences (MCF-HDR) ; membre du Centre de Recherche sur l'Intégration Economique et Financière (CRIEF) (Université de Poitiers).

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