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La France et le temps de travail (1814-2004)

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Bénédicte Reynaud
Patrick Fridenson
Odile Jacob
Fiche de lecture de l'ouvrage "La France et le temps de travail (1814-2004)" dirigé par Bénédicte Reynaud et Patrick Fridenson. Les auteurs commencent leur présentation en remarquant : " Il n'existe encore aucune histoire du temps de travail en France depuis deux siècles. Le présent livre s'efforce d'en jeter pour la première fois les bases " (p7). Les études des neuf auteurs qui appartiennent à des disciplines différentes font apparaître deux périodes : du XIXème siècle aux années 1950 on assiste à un lent processus de construction de normes et d'institutions ; ensuite la tendance est à une mise en question progressive de ce cadre.

Présentation

Couverture de "La France et le temps de travail (1814-2004)"Commentaires éditeur :

Pourquoi les 35 heures suscitent-elles tant de polémiques ? Ceux qui sont pour savent bien qu'elles n'ont pas résorbé le chômage. Ceux qui sont contre n'ignorent pas qu'elles ont changé la vie.

Pour éclairer le débat, ce livre le met en perspective dans la longue durée historique. Il montre comment la diminution du temps de travail fut à l'origine un problème de santé publique. Comment cette question n'a pas été qu'un mot d'ordre syndical mais aussi une question politique. Comment les autres aspects de la durée du travail ont tour à tour été abordés, celui des congés payés, des congés formation, des congés maladie, du temps partiel; et même de l'augmentation du temps de travail.

Keynes pronostiquait qu'en 2030 les hommes ne travailleraient plus que 15 heures par semaine et redoutait qu'en résulte " une dépression nerveuse collective ". La réduction du temps de travail serait-elle associée à l'augmentation de la consommation de psychotropes ?

Où la France apparaît comme le laboratoire de l'aménagement du temps de travail.

Nos commentaires :

Les auteurs commencent leur présentation en remarquant : " Il n'existe encore aucune histoire du temps de travail en France depuis deux siècles. Le présent livre s'efforce d'en jeter pour la première fois les bases " (p7). Les études des neuf auteurs qui appartiennent à des disciplines différentes font apparaître deux périodes : du XIXème siècle aux années 1950 on assiste à un lent processus de construction de normes et d'institutions ; ensuite la tendance est à une mise en question progressive de ce cadre.

L'introduction cerne utilement les caractéristiques de l'organisation du temps de travail en France par rapport aux situations à l'étranger en rappelant aussi qu'il est nécessaire de varier les échelles d'analyse de l'atelier à la nation.

L'ouvrage est divisé en six chapitres :

- Le premier rédigé par Jérôme Bourdieu et Bénédicte Reynaud montre comment la prise de conscience de l'aggravation de l'état de santé des travailleurs au XIXème siècle a pesé dans les premières décisions de réduction du temps de travail malgré un modèle d'organisation du travail dans les entreprises fondé sur ce que les auteurs appellent " la discipline d'usine ".

- Ensuite, Patrick Fridenson analyse : " la multiplicité des processus de réduction de la durée du travail de 1814 à 1932 ". Multiplicité des acteurs, multiplicité des objectifs mais aussi multiplicité des voies utilisées : contractuelle, législative, réglementaire et montre que c'est dans cette période que s'est affirmé un modèle français de réduction du temps de travail.

- Alain Chatriot propose une étude détaillée de la période suivante : 1932 - 1938 avec une analyse des 40 heures en trois temps : l'origine intellectuelle et politique de la loi, la procédure de négociation à l'automne 1936 au Conseil national économique et enfin les étapes de la mise en pratique avec les assouplissements pour relancer l'économie.

- Eric Pezet étudie la période de la guerre aux années 1970 en montrant comment jusqu'en 1968 les négociations sur le temps de travail se font dans le cadre des accords de branche (conventions collectives) avec un objectif prioritaire qui est celui du niveau des salaires. Après 1968, la baisse du temps de travail se fait dans le cadre d'accords paritaires avec un soucis de plus en plus explicite du côté des pouvoirs publics de défense de l'emploi.

- Jacques Freyssinet analyse la transformation des " modes de régulation " sur la période 1978 - 1996 en montrant comment les acteurs (patronat, syndicats, pouvoirs publics) ont adapté leurs stratégies aux changements économiques et sociaux.

- Philippe Askenazy, Catherine Bloch-London et Muriel Roger dans un dernier chapitre consacré à la période 1997 - 2003 analysent les lois Aubry I et Aubry II en montrant les différences entre les effets attendus et la réalité.

A noter :

  • Chaque chapitre est enrichi par de nombreuses notes qui complètent utilement l'information donnée.
  • On trouve à la fin de l'ouvrage une liste des archives consultées, une bibliographie détaillée, un index des noms de personnes , un index des notions et un index des sigles.
  • Pas de formalisation

A propos des auteurs

Bénédicte Reynaud : Directeur de recherche au CNRS, PSE (Paris-Jourdan Sciences Économiques), Unité mixte de Recherche CNRS - EHESS - ENPC - ENS

Patrick Fridenson : Directeur d'études à l'EHESS (Historien)

 

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