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Les apports de l'école autrichienne d'économie - Subjectivisme, ignorance et coordination

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Aimar, Thierry
Vuibert
Présentation de l'ouvrage Les apports de l'école autrichienne d'économie de Thierry Aimar, édité chez Vuibert.

imageCommentaires :

Enfin, un ouvrage qui présente de manière objective la vision et la philosophie de l'école économique autrichienne, en évitant les amalgames faciles et la démagogie ! Depuis des années, cette école véhicule trop de malentendus. Ainsi, en France, le libéralisme militant affiché par certains de ses représentants a été utilisé dans un sens ou un autre par des idéologues de touts poils. D'un coté, une certaine vulgarisation de leurs thèses a malheureusement fait l'objet d'une récupération politique ; de l'autre coté, en grande partie à cause de cette récupération, l'école autrichienne est devenue une cible privilégiée. Elle cristallise les critiques de tous ceux qui développent une aversion pour le libéralisme. Les idées issues de cette école sont systématiquement dénoncées et caricaturées par des commentateurs hostiles à toute forme d'éclairage des mécanismes de marché. L'ambition de cet ouvrage est d'éclairer la nature spécifique de la problématique autrichienne, tout en restituant l'unité et l'esprit d'ouverture d'une perspective d'ensemble. Dans une optique pédagogique et constructive, il s'agit de retracer les différentes étapes de la construction d'un véritable édifice théorique : de Mises à Rothbard, de Hayek à Kirzner, en passant par Lachmann.

Thierry Aimar commence son analyse par une question : « La théorie économique traite-t-elle de manière satisfaisante du problème de la coordination ? ». Constatant les limites des réponses apportées par l'analyse des marchés efficients et par la théorie des anticipations rationnelles, il suggère : « une réflexion sur le problème de la coordination devrait se baser sur un constat d'ignorance de la part des acteurs économiques ; par ailleurs, le thème des institutions pourrait être envisagé comme une forme de solution à ce problème. Dans cette double perspective, nous nous sommes intéressés à un courant trop souvent négligé : la tradition économique autrichienne » (p 1). L'ouvrage retrace les étapes de la construction de cette théorie en s'intéressant particulièrement aux auteurs de la tradition « néo-autrichienne » (Mises, Hayek, Lachmann, Kirzner, Rothbard').

La première partie du livre est consacrée aux analyses du fondateur de la tradition « néo-autrichienne » : Mises, en montrant comment sa démarche s'oppose à la fois aux thèses positivistes du Cercle de Vienne et au relativisme de l'Ecole historique et comment il se positionne par rapport à ses prédécesseurs (Menger, Wieser, Böhm-Bawerk). Thierry Aimar insiste sur une spécificité du projet de Mises : démontrer la possibilité d'une économie théorique, fondée sur une démarche déductive, ce sera l'objet de la praxéologie avec l'articulation entre les notions d'action et d'échange. Cette partie se termine sur une analyse des apports de Hayek qui, en introduisant des hypothèses subsidiaires permet de mieux spécifier l'échange marchand monétaire.

La deuxième partie montre comment l'on passe des idées de Mises à la formulation d'une problématique économique de l'ignorance. Mises avait mis en avant une double dimension du phénomène d'ignorance, : « la dispersion des savoirs et l'incertitude du futur » ; Hayek donnera ensuite une explication de la « genèse des représentations intersubjectives des agents » qui permettra de progresser dans l'analyse des mécanismes de marché : le marché n'est pas un moyen de supprimer l'ignorance, mais il favorise un processus de découverte (rôle de l'information, des erreurs, des déséquilibres, de l'apprentissage, de la concurrence comme procédure de découverte). Voir l'intéressante analyse de la conception hayékienne de la justice sociale (p 108 - 114). Le dernier chapitre de cette partie est consacré à la problématique de l'équilibre avec l'introduction des enjeux de la dynamique (introduction du temps, des anticipations) à travers les travaux de Lachmann, Kirzner et Rothbard.

La troisième partie traite des applications des idées autrichiennes dans plusieurs domaines : la critique du fonctionnement d'une économie collectiviste avec une analyse de la théorie néo-autrichienne contre l'équilibre économique général ; la théorie autrichienne du cycle qui précise les canaux d'influence de la monnaie sur l'économie réelle (concepts de détour de production, de taux d'intérêt d'équilibre) avec les débats Hayek / Keynes / Sraffa / Hicks ; enfin le développement depuis une cinquantaine d'années d'une littérature néo-autrichienne consacrée à la question du bien-être.

A noter:

  • Une très utile annexe sur les rapports complexes entre Schumpeter et la tradition autrichienne en particulier à travers les travaux de Kirzner.
  • Une annexe de 9 pages sur : « Schumpeter et la tradition autrichienne »
  • Une bibliographie détaillée de 21 pages
  • Pas de formalisation
  • Un index analytique de 8 pages
  • Un index des noms propres de 4 pages
  • Une table des matières de 5 pages

 

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