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Made in Monde

Publié le 27/07/2007
Auteur(s) : Suzanne Berger
Seuil
Fiche de lecture de "Made in Monde" de Suzanne Berger. Confronté aux opinions contradictoires sur la mondialisation qui s'appuient sur les théories générales des échanges et de la croissance, un groupe de 13 chercheurs de l'Industrial Performance Center du MIT a mené une enquête pendant cinq ans auprès de 500 entreprises dans des secteurs très divers (de l'électronique au prêt à porter) et sur les différents continents. Suzanne Berger retrace dans cet ouvrage le travail d'enquête réalisé.

Commentaires éditeur :

Couverture de Made in Monde de Suzanne BergerA en croire les médias, le capitalisme contemporain suivrait une stratégie et une seule : la recherche du travail au moindre coût et la satisfaction de l'actionnaire-roi. Conséquences : délocalisations, licenciements et désindustrialisation des pays développés. L'enquête menée par Suzanne Berger pendant cinq ans auprès de 500 entreprises en Europe, aux Etats-Unis et en Asie montre que les choses sont infiniment plus complexes. Le coût du travail n'est en effet qu'un paramètre parmi d'autres dans le choix des implantations industrielles. Si certaines entreprises ont bel et bien délocalisé et s'en félicitent, d'autres s'en mordent les doigts et beaucoup n'envisagent pas cette hypothèse, jugée trop coûteuse ou trop risquée. Avec une patience et une précision d'entomologiste, Suzanne Berger déconstruit les préjugés qui pèsent aujourd'hui sur les débats économiques et sociaux, en opposant aux grandes généralités du discours le réalisme implacable de l'expérience et des faits.

 

Nos commentaires :

Confronté aux opinions contradictoires sur la mondialisation qui s'appuient sur les théories générales des échanges et de la croissance, un groupe de 13 chercheurs de l'Industrial Performance Center du MIT a mené une enquête pendant cinq ans auprès de 500 entreprises dans des secteurs très divers (de l'électronique au prêt à porter) et sur les différents continents. Suzanne Berger, qui retrace dans cet ouvrage le travail d'enquête réalisé, commence son analyse en précisant : « ce livre aborde et réfute l'idée (aussi répandue aux Etats-Unis qu'en France) selon laquelle la concurrence mondiale imposerait un modèle unique d'organisation économique, à l'échelle des entreprises comme à l'échelle des pays » (p 13). Cela signifie qu'aucun secteur ne serait condamné à l'extinction dans les pays les plus avancés et que la course générale au « moins-disant social » est loin d'être vérifiée. Cette enquête montre qu'il y a bien des manières pour les entreprises de réussir dans l'économie mondiale (logique de modularisation des fonctions avec sous-traitance et délocalisation caractéristique des firmes américaines ou intégration des activités comme dans les firmes japonaises).

La démarche adoptée est clairement microéconomique car ce travail cherche à rendre compte de la diversité importante et durable des stratégies d'adaptation des firmes alors que les travaux sur la mondialisation privilégient généralement un vision macroéconomique qui conduit à penser que les firmes pour s'adapter à la concurrence internationale seraient conduites à converger vers un modèle unique.

Dans le chapitre 2, Suzanne Berger explicite sa vision de la mondialisation en montrant les limites des approches qui privilégient d'un côté la pression à la convergence des économies et de l'autre les adaptations différenciées dans le cadre des analyses des variétés nationales de capitalisme. Les auteurs retiennent une troisième approche fondée sur les « héritages dynamiques » en montrant comment les entreprises intègrent les ressources façonnées par leur passé. Dans cette logique, la mondialisation est d'abord un phénomène qui s'élabore continûment à travers les milliers de décisions des entreprises, décisions qui se comprennent à travers l'histoire de chaque firme.

La deuxième partie de l'ouvrage qui a pour titre : « La production comme jeu de lego » développe l'idée que la mondialisation est d'abord une grande rupture dans l'organisation des entreprises qui sont passées d'une structure solidement intégrée caractéristique du fordisme à une production modulaire.

Dans la partie suivante, les auteurs relativisent l'ampleur des délocalisations, examinent les explications du déclin de l'emploi industriel aux Etats-Unis et montrent que les stratégies de bas salaires sont perdantes.

Dans la quatrième partie de nombreux exemples sont présentés qui montrent que la stratégie de la production modulaire ne joue pas que sur la réduction des coûts, l'objectif est aussi d'accélérer l'innovation mais en s'appuyant sur des stratégies très différentes comme le montrent les exemples d'IBM, Samsung, Dell, Sony, Zara, Intel'.

La cinquième partie revient sur les stratégies de localisation des firmes en montrant comment elles s'appuient sur leurs expériences passées avec des arguments variables pour rester dans le pays d'origine, sous-traiter, délocaliser, chercher à profiter des clusters.

La dernière partie affiche un titre ambitieux : « Comment réussir dans l'économie globale ? ». Suzanne berger souligne qu'il existe des perdants et des gagnants dans tous les secteurs et dans tous les pays. Les entreprises qui s'imposent sont celles qui ont été capables de recentrer leurs activités sur les points forts quelles détenaient tout en développant sans cesse des compétences spécifiques qui sont transposables dans divers secteurs. Enfin les stratégies gagnantes dépendent largement de facteurs politiques et de la qualité des institutions dans chaque pays.

A noter :

  • Un bref lexique à la fin de l'ouvrage des « termes peu familiers »
  • Pas de formalisation.
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