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Le premier numéro de la revue Sociologie

Publié le 21/06/2010
Auteur(s) : Anne Châteauneuf-Malclès
Le premier numéro de Sociologie (vol.1, n°1, avril 2010) illustre la vitalité et la diversité des recherches actuelles en sociologie, que ce soit dans les thématiques abordées ou dans les méthodes d'investigation. De la sociologie des réseaux à la sociologie politique, en passant par la sociologie du genre et du militantisme, de l'exclusion, du travail, de la transmission patrimoniale, ou encore de l'école, les contributions proposées sont bien ancrées dans les débats de société et apportent un éclairage souvent inédit sur certaines questions et évolutions sociales. Cette page présente les différents articles de ce premier numéro.

Couverture de la revue "sociologie" vol.1Au sommaire du premier numéro de Sociologie, dans la rubrique «Enquêtes», un premier article d'Olivier Godechot et Alexandra Louvet analyse l'importance des réseaux sociaux dans le milieu de la recherche académique pour l'avancement de carrière des docteurs ("Comment les docteurs deviennent-ils directeurs de thèse ? Le rôle des réseaux disponibles"). Leur étude, basée sur l'exploitation du fichier administratif des thèses soutenues en France, porte particulièrement son attention sur le rôle des soutiens dans les réseaux académiques (au niveau local mais aussi dans les relations à distance), plutôt que sur la dimension informationnelle de ces relations comme le fait M. Granovetter.

Dans un second article, Fabien Granjon et Julie Denouël étudient, à partir d'une enquête qualitative, les formes d'exposition de soi sur les sites de réseaux sociaux tels que Facebook ("Exposition de soi et reconnaissance de singularités subjectives sur les sites de réseaux sociaux"). Les auteurs cherchent à mettre au jour les enjeux identitaires de ces pratiques, visant la valorisation de soi et la reconnaissance par le regard d'autrui. Ils analysent plus particulièrement les formes de mise en visibilité en ligne par le dévoilement corporel, à travers des exemples de réussite, mais aussi d'échec, dans la construction d'une identité positive par la promotion d'images de soi.

Dans "Les relations entre les scientifiques et la société", Fabienne Crettaz von Roten et Olivier Moeschler s'intéressent aux pratiques d'«engagement» des scientifiques, c'est-à-dire à leurs activités sociales de communication avec la société, de diffusion du savoir auprès d'un large public ou de participation aux débats citoyens, ceci dans un contexte de demande croissante de dialogue entre science et société. Les auteurs s'appuient sur une enquête menée auprès de scientifiques de l'Université de Lausanne pour étudier le niveau d'engagement des chercheurs et ses facteurs explicatifs (statut, âge, génération, sexe, disciplines..), mais aussi la perception qu'ils ont de leur rapport à la société et l'influence de cette perception sur leurs pratiques.

L'article de Dick Houtman et Peter Achterberg, "Deux gauches, deux droites. Vote de classe et vote culturel aux Pays-Bas, 2002", plaide pour une distinction rigoureuse entre «vote de classe» et «vote culturel», susceptible d'éclairer les différentes logiques de vote et de mieux saisir la transformation du paysage politique depuis l'après-guerre. Leur analyse remet en cause l'idée de déclin du vote de classe et de l'opposition entre partis traditionnels. Elle souligne plutôt la montée du vote culturel, à droite comme à gauche. Les «enjeux culturels tels que la liberté individuelle, l'ordre social et l'identité» sont au coeur de cette nouvelle culture politique. Critiquant la thèse du politiste américain Ronald Inglehart, les auteurs pensent qu'il faut élargir la théorie de la nouvelle culture politique «de manière à intégrer un versant autoritariste de droite, en plus du versant libertariste de gauche», ce qui apporterait notamment une explication à la progression de l'extrême droite. Le vote pour la nouvelle gauche «libérale» - au sens culturel - repose sur des valeurs post-matérialistes, dans lesquelles se reconnaissent des électeurs à fort capital culturel (partis écologistes notamment), tandis que le vote pour la nouvelle droite est basé sur des valeurs autoritaires, associées à un niveau de capital culturel limité (partis populistes).

La contribution de Catherine Achin et Delphine Naudier met au jour un espace du féminisme des années 1970 peu étudié et peu médiatisé (contrairement au MLF parisien), celui de femmes «ordinaires» qui ont développé une conscience de genre, ont traduit en discours et en pratique leur critique des normes de genre et ont défini collectivement des normes alternatives. Les auteures étudient le processus personnel d'émancipation de ces femmes ordinaires à travers trois trajectoires différentes de femmes ("Trajectoires de femmes «ordinaires» dans les années 1970. La fabrique de la puissance d'agir féministe").

Le dernier article de la rubrique «Enquête» s'intéresse aux trajectoires des sans-logement. Maryse Marpsat y propose une analyse textuelle du «journal de rue» d'un sans-domicile américain, diffusé sur un blog ("Écrire la rue : de la survie physique à la résistance au stigmate. Une analyse textuelle et thématique du journal d'Albert Vanderburg, sans domicile et auteur de blog"). L'auteure examine les différents thèmes abordés par le sans-domicile dans son journal et leur évolution au cours du temps. Il ressort que la vie dans la rue s'apparente à un «bricolage», variable selon les «capitaux» des individus, plus qu'à une installation progressive dans la marginalité, un bricolage mis en oeuvre pour survivre et sans cesse remis en cause. Elle montre également que l'écriture contribue à la survie, non pas matérielle, mais identitaire du sans-abri, en permettant de résister à la stigmatisation et de préserver une image positive de lui-même face à celle que renvoie la société aux SDF. L'article révèle les différents procédés de résistance à l'assignation à l'identité et au rôle de sans-abri : le détournement (la prise de distance par l'humour par exemple) ; le désengagement (le maintien d'une identité autre que celle de SDF, par l'expression d'opinions sur l'art, les événements du monde ou le sens de la vie, et par la promotion de valeurs alternatives) ; le maintien et la création de liens avec les lecteurs du blog (évitant l'isolement, le repli sur soi ou la fuite dans l'alcool).

Dans la rubrique «Théorie et méthodes», une contribution de Dominique Méda ("Comment mesurer la valeur accordée au travail ?") s'interroge sur les méthodes susceptibles de fournir une information «vraie» sur le rapport des individus au travail, c'est-à-dire leur degré de satisfaction au travail, l'importance qu'ils lui accordent ou ce qu'il représente pour eux. D. Méda rappelle que les sociologues sont restés méfiants vis-à-vis des enquêtes basées sur des déclarations ou perceptions subjectives, à la suite des travaux de Goldthorpe. En effet, les déclarations des individus ne sont pas toujours fiables, car exprimer une insatisfaction au travail peut être un constat d'échec et impliquer un jugement négatif de soi-même. En revanche, les économistes font un usage croissant de ces données subjectives pour développer des travaux sur la mesure du bien-être ou du bonheur individuel et leur corrélation avec l'environnement institutionnel. Après un passage en revue des différentes limites des multiples enquêtes sur le «rapport au travail», D. Méda pose la question plus générale de l'usage des enquêtes et des entretiens par les sociologues. Elle met en évidence la difficulté à trouver une explication «en dernier ressort» à certains résultats des enquêtes - par exemple la plus grande importance accordée par les Français au travail dans les enquêtes européennes - et à apporter la «preuve» de ce que les individus pensent réellement du travail. Elle montre ainsi les faiblesses de la thèse de la prédominance d'un rapport expressif au travail (la réalisation de soi) et souligne la triple signification du travail dans les sociétés occidentales contemporaines, à travers ses dimensions instrumentale, expressive et protectrice. L'auteure regrette finalement que la plupart des enquêtes actuelles sur le travail se focalisent sur la centralité du travail et son rôle d'intégration sociale, et oublient la question des insuffisances et des «pathologies du travail»[1]. Pour améliorer la connaissance du rapport au travail et des pathologies du travail, elle préconise l'usage de questions «détournées» dans les enquêtes fondées sur des données subjectives, et la mise en relation de ces dernières avec des données objectives sur la situation professionnelle et familiale des individus et sur l'entreprise (organisation du travail, participation aux décisions, etc.). Au-delà, par le recueil des insatisfactions et des aspirations des individus et une certaine prise de conscience concomitante, ces enquêtes pourraient être selon elle des «outil[s] au service du changement social», ce qui «renouerait avec le projet avorté de philosophie sociale de la première école de Francfort et l'idée d'une étroite jonction entre connaissance et transformation sociale» (p.138).

Dans la rubrique «Débats», Anne Gotman propose une réflexion sur la transmission intergénérationnelle, la prise en charge l'allongement de la durée de vie et la définition du logement, à partir d'une analyse de l'émergence, de la logique et des implications des «prêts à hypothèque inversée» (Vers la fin de la transmission ? De l'usage du logement pour assurer les vieux jours - Le prêt à hypothèque). Ce produit financier - «reverse mortgage» dans les pays anglo-saxons et «prêt viager hypothécaire» en France - s'adresse aux propriétaires âgés de plus de 60-65 ans de revenus modestes. Il leur permet de toucher un revenu contre l'hypothèque d'une partie de leur logement : ils ne remboursent pas la somme empruntée (ni d'intérêts), celle-ci est déduite du patrimoine destiné à la succession. Il s'agit donc d'un prêt à dette croissante et à actifs décroissants. Les incitations publiques pour ces produits sont de plus en plus nombreuses dans les pays développés, car ils favorisent à la fois la capacité à «vieillir chez soi» et la réduction des coûts sociaux du vieillissement. L'étude d'A. Gotman s'appuie sur les résultats d'une enquête mobilisant matériaux de différents types : rapports institutionnels, documents techniques, enquête auprès de notaires, littérature économique théorique et empirique, dans plusieurs pays occidentaux développés, etc.. Elle explique que le principe des prêts à hypothèque inversée se fonde sur la théorie économique du «cycle de vie» (Franco Modigliani, prix Nobel d'économie en 1985), selon laquelle les ménages seraient supposés épargner tout au long de leur vie active et se séparer de leur épargne pour assurer leur consommation durant leur retraite. Dans le cas des reverse mortgages, ils liquident leur actif résidentiel pour en retirer des moyens supplémentaires de subsistance. L'accumulation de patrimoine y est conçue seulement comme une réserve de consommation différée et l'héritage comme le résidu d'une épargne non consommée. Or cette approche utilitariste de la transmission («soutenue avec constance par le raisonnement économique mais aussi sociologique») et l'hypothèse sous-jacente d'absence de désir de transmission de la théorie du cycle de vie sont contestées par les faits. En effet, remarque A. Gotman, non seulement les legs ne diminuent pas, mais les enquêtes sociologiques qualitatives font ressortir une constance, et même une augmentation, des aspirations à la transmission chez les jeunes comme chez les plus âgés, cela pour tous les milieux sociaux. L'auteure montre que l'achat de reverse mortgages, apparemment indolore - mais en réalité très coûteux - est le plus souvent motivé par le désendettement des ménages. Il répond donc à un appauvrissement des personnes âgées et les conduit souvent à renoncer à certains choix de vie, par nécessité, en compromettant leur volonté de transmettre un patrimoine à leurs enfants. A. Gotman souligne en outre la transformation de la définition du logement que sous-tend ce type de prêt et plus généralement le développement du marché des créances hypothécaires : le logement devient un actif qu'on peut monétiser. L'«autonomisation des revenus de survie» se substitue à «l'autonomisation résidentielle» permise par l'accession à la propriété. Selon la sociologue, ceci va à l'encontre du «principe historique du logement» et de la conception initiale de l'hypothèque : cette dernière ne vise plus la protection de la propriété en tant que «possession usagère», mais la protection des prêteurs. La diffusion des reverse mortgages remet aussi en cause la solidarité intergénérationnelle que permet l'héritage, notamment pour les catégories moyennes et populaires : «À la transmission qui libère un surplus de sécurité pour les générations descendantes - et contribue à la solidarité intergénérationnelle -, se substitue une solidarisation contrainte des générations démunies qui opère sur la base d'une mise en commun de leurs ressources respectives» (p.157).

La rubrique «Débats» propose pour finir une discussion entre Phillip Brown et Marie Duru-Bellat, animée par Agnès van Zanten, sur la place du modèle de la méritocratie scolaire face à l'extension de la régulation marchande dans le monde du travail et à l'école (La méritocratie scolaire. Un modèle de justice à l'épreuve du marché). Les deux sociologues se rejoignent d'abord dans la critique de la thèse de Daniel Bell développée dans les années 1970[2] selon laquelle la méritocratie, fondement de la société post-industrielle, serait source d'une plus grande justice sociale et d'une plus grande efficacité du marché du travail. M. Duru-Bellat souligne les effets très incertains, voire néfastes, de l'idéologie méritocratique, des effets qu'elle décrit en détail dans son dernier ouvrage[3]. P. Brown regrette quant à lui que les sociologues n'aient pas suffisamment centré leur réflexion sur l'affaiblissement de la relation entre éducation, emploi et rémunérations en prenant en compte les transformations du marché du travail et de l'organisation du travail. Cependant, les deux auteurs n'ont pas la même appréciation de l'importance de la méritocratie dans les politiques éducatives et les pratiques. Pour M. Duru-Bellat, la politique éducative mise en oeuvre en France depuis une trentaine d'année repose sur l'idéologie de la méritocratie : dans notre société, la méritocratie a un caractère fonctionnel et consensuel, c'est une «fiction nécessaire». Ainsi, les récents dispositifs de promotion de l'égalité des chances visent à renforcer le poids du mérite et à déconnecter les carrières scolaires de l'origine sociale. Mais, pour la sociologue, les deux postulats qui sont à la base de ces politiques («aptitudes égales et visées égales») sont très critiquables. A l'inverse, pour P. Brown, le système éducatif britannique est devenu moins méritocratique et repose depuis vingt ans sur l'idéologie de la «parentocratie» et de la performance. La priorité n'y est pas donnée à l'égalité des chances ou à l'élimination des différences sociales, mais aux choix et stratégies des familles et aux ressources qu'elles sont prêtes à mobiliser pour que leurs enfants obtiennent un avantage concurrentiel sur le marché de l'éducation. Dans cette société de la réussite, seul compte le résultat final - gagner - peu importe comment on y est parvenu. Les perdants dans cette compétition sont ceux qui n'ont pas su exploiter les opportunités qui s'offraient à eux. La notion de mérite est donc redéfinie comme le fait de réussir dans la «performocratie» (performocraty).

Sur la question de la relation formation-emploi, le phénomène de l'inflation des diplômes et de leur dévalorisation sur le marché du travail est interprété par les deux sociologues comme l'effet d'un écart croissant entre flux de diplômés et flux d'emplois qualifiés, conduisant les employeurs à modifier leurs critères de recrutement. Les qualités personnelles et sociales des candidats à l'emploi, plus que les diplômes, sont de plus en plus valorisées par les employeurs (qualités de communication, de persuasion, adaptabilité, confiance en soi, créativité, etc.). Ainsi, P. Brown affirme que le modèle de la «personnalité charismatique» des cadres et managers est désormais à la base de l'économie de la connaissance, et remplace le modèle de la «personnalité bureaucratique», car il accroît la productivité du savoir. M. Duru-Bellat souligne le décalage marqué entre mérite scolaire et mérite professionnel : les «compétences» non scolaires, le «capital personnel», deviennent de plus en plus décisifs dans la compétition entre jeunes diplômés, renvoyant davantage à l'individu qu'à des exigences de qualification pour un poste. Cette transformation s'est accompagnée de la montée de la notion d'«employabilité». L'employabilité est centrale dans le discours sur l'économie du savoir, elle est au coeur des politiques de l'emploi actuelles dans les sociétés occidentales. Pour P. Brown comme pour M. Duru-Bellat, le concept d'employabilité met l'accent sur la responsabilité individuelle : l'individu a l'obligation d'être employable grâce à ses qualifications ou ses qualités personnelles. P. Brown y voit le signe du passage de la méritocratie à la «performocratie». Il a montré dans Le mauvais management du talent[4] que l'employabilité avait une double dimension : la capacité objective d'un individu à occuper un emploi grâce à ses qualifications et ses compétences, mais aussi les chances relatives d'accéder à différents types d'emploi par rapport aux concurrents. Cela explique qu'on puisse être employable et sans emploi et que les caractéristiques sociales des personnes (milieu ou université d'origine, genre, groupe ethnique...) déterminent en partie l'employabilité. M. Duru-Bellat pense également qu'il existe une employabilité absolue (de plus en plus individuelle) et une employabilité relative (par rapport aux concurrents mais aussi face aux demandes des employeurs). En mettant l'accent sur les facteurs individuels de l'employabilité, on oublie les facteurs économiques et structurels dont dépendent les possibilités de mobilité sociale et les rémunérations. Le contexte économique, précise M. Duru-Bellat, est largement déterminant dans la définition de la valeur professionnelle d'une personne et donc de son employabilité. Le marché du travail, poursuit-elle, ne rémunère pas le mérite et les qualités morales, mais «ce qui est jugé utile ici et maintenant».

Dès lors, compte-tenu du relâchement de la relation diplôme-emploi, comment évoluent les inégalités sociales en matière d'insertion professionnelle et les clivages sociaux ? Selon M. Duru-Bellat, au lieu de diminuer les inégalités et d'accroître les possibilités de mobilité sociale, la moindre importance du diplôme dans l'accès à l'emploi renforce au contraire le poids de l'héritage social et familial : les activités extra-scolaires et l'éducation familiale deviennent décisives dans le développement des qualités et aptitudes recherchées par les employeurs. P. Brown s'est intéressé au contexte de globalisation et de mondialisation du recrutement des cadres supérieurs et managers. Il y voit l'origine de la transformation des relations sociales. Selon lui, l'émergence d'une élite bon marché en Chine et en Inde n'entraîne pas un déclin des élites occidentales, mais une «guerre des talents» et une différenciation croissante des salariés en fonction de critères de performance plutôt que d'expertise technique. Les firmes cherchent à attirer et à garder les plus talentueux (le «top talent»), ceux qui vont leur apporter un avantage compétitif, en leur offrant des rémunérations très élevées, tandis que la réussite des autres est dévalorisée. Cette «mise aux enchères» globale des salariés hautement qualifiés engendre une fragmentation des classes moyennes et supérieures dans les sociétés occidentales et plus particulièrement un affaiblissement de la position compétitive des classes moyennes.

En conclusion du débat, M. Duru-Bellat estime que «la permanence de luttes pour les meilleures places» fait que rapports sociaux dans la société post-industrielle restent conflictuels, comme dans «la vieille société industrielle». Pour P. Brown, les gouvernants vont devoir faire face au mécontentement des classes moyennes, réclamant plus de justice sociale, et au problème de la profusion de jeunes hautement qualifiés ayant peu de perspectives d'accéder aux emplois et aux niveaux de vie attendus.

 

Notes :

[1] Les «pathologies du travail» désignent «des états où le travail est privé de sens, d'intérêt, de possibilité d'autoréalisation, sans cependant que les individus en soient conscients et puissent l'exprimer» (p.137).

[2] D. Bell (1973), Vers la société post-industrielle (R. Laffont, 1976 pour la trad. française). D. Bell (1972), «On meritocracy and equality», The public Interest, vol.29, p.40-43.

[3] Le mérite contre la justice, Presses de SciencesPo, Coll. Nouveaux débats, 2009. Voir notre dossier Qu'est-ce qu'une école juste ?

[4] Brown P., Hesketh A. (2004), The Mismanagement of Talent. Employability and Jobs in the Knowledge Economy, Oxford University Press.

 

Anne Châteauneuf-Malclès

 

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