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La sociologie : du lycée à l'université ?

Publié le 08/03/2006
Compte rendu de la journée d'étude organisée par l'ASES (Association des Sociologues de l'Enseignement Supérieur) à La Sorbonne le 15 octobre 2005.

Compte rendu

La première intervention, de Gisèle Jean, est revenue sur l'émergence de la sociologie au sein des programmes de SES, changement dont la présence d'Henri Mendras au sein de la commission d'experts aurait été l'élément moteur. Selon elle, le facteur décisif dans cette évolution est plutôt à chercher dans les mutations de la discipline elle-même, car la pauvreté de la sociologie enseignée au Lycée jusqu'alors ne serait que le reflet d'une recherche scientifique elle-même alors stérile. Outre le poids institutionnel indéniable de Mendras en 1995, l'origine du changement résiderait tout autant dans la prise de conscience de l'urgence de traiter face aux élèves un certain nombre de questions vives, questions dont la réponse nécessitait l'apport spécifique de la sociologie.

La réponse apportée par les programmes n'est pas dénuée d'un certain archaïsme selon Gisèle Jean, puisque les auteurs sont présentés comme des étapes obligées pour penser ces questions, mais pour autant une triple contrainte va permettre aux enseignants comme aux élèves de s'approprier le changement véhiculé par les nouveaux programmes : les questions abordées doivent "faire sens", être scientifiques, et être.. évaluables à l'aune de l'épreuve du bacccalauréat. En outre, on doit souligner le rôle des PRAG et autres anciens de SES qui vont jouer un rôle décisifs dans l'appropriation de ces questions par les enseignants. Enfin le programme de mathématiques des ES développe un certain nombres d'outils permettant d'aborder ces questions.

L'introduction de la sociologique connaît pour autant quelques échecs, dont Weber notamment fait les frais : la tentative pour faire de la rationalisation un axe central du programme de Terminale est en effet un fiasco. Par la suite, l'intervention de Sylvain David a rappelé brièvement que l'enseignement des SES se voulait pluridisciplinaire au départ, le but étant d'en faire une étape de la formation générale des élèves, confrontés aux méthodes des différentes disciplines à travers la rencontre avec des objets ou des situations problèmes.

De ce fait, l'introduction explicite de la sociologie n'a pu se faire qu'au prix d'un cloisonnement croissant entre discipline qui peut être perçu comme dommageable par certains. En outre les outils propres de la sociologie comme l'enquête, particulièrement consommatrice de temps, après avoir joué un rôle central, se sont vues progressivement relégués dans les espaces marginaux que sont l'ECJS ou surtout les TPE. La suppression de ces derniers risque donc de déboucher sur un enseignement de la sociologie qui évacue la question de la démarche de la sociologie pour ne plus contenir que quelques notions et quelques auteurs.

Fréric Neyrat a ensuite détaillé son projet d'enquête consacrée à l'enseignement de la sociologie au Lycée, enquête encore en cours à ce jour et dont nous vous livrons ci-dessous le questionnaire.

Michèle Dion a enfin relaté les difficultés à mettre en relation sociologues et économistes, enseignants du secondaire et enseignants du supérieur pour mettre sur pied un cursus de formation qui réponde davantage aux besoins des élèves et de leurs futurs employeurs. Vous pouvez consulter ici sa contribution au format pdf.

Les échanges qui ont suivi ont fait émerger des interrogations sur la formation des enseignants du secondaire : le fait que les économistes de formation soient beaucoup plus nombreux à obtenir un CAPES de SES a été perçu comme surprenant pour de nombre de collègues du supérieur. L'effet d'un tel recrutement sur les pratiques enseignement doit être davantage étudié, souligne-t-on, et l'on doit chercher à savoir comment ces générations d'économistes ont rencontré la sociologie.

On a pu aussi souligner dans le public l'intérêt que présentait pour les élèves l'objectif fédérateur du baccalauréat qui permet une normalisation des pratiques et des contenus enseignés, tout en maintenant que l'enseignement universitaire n'a d'intérêt qu'adossé à un travail de recherche.

Pour poursuivre la réflexion entamée à l'occasion de cette journée, le site SES ENS se propose de renforcer les contacts entre les enseignants du secondaire et les associations professionnelles de sociologues, ASES et AFS, et vous propose de participer à l'enquête entamée par Frédéric Neyrat en imprimant et en renvoyant à l'adresse indiquée le questionnaire que vous pouvez télécharger ici au format pdf, ou bien en le retournant en pièce jointe par courrier éléctronique à frederic.neyrat@unilim.fr .