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Les ressources utiles du Congrès de l'AFSE 2010

Publié le 25/09/2010
Auteur(s) : Pascal Le Merrer
Le 59ème congrès de l'Association Française de Science Economique (AFSE) s'est déroulé les 9 et 10 septembre 2010 à l'Université Paris Ouest. Cette page donne accès aux vidéos des conférences, mais également aux communications présentées au congrès, ce qui est un bon moyen de repérer les domaines qui retiennent l’attention des jeunes chercheurs et donc d’identifier les champs de l’analyse économique qui sont en plein essor et à contrario, ceux qui tendent à être abandonnés.

Le 59ème congrès de l'Association Française de Science Economique (AFSE) s'est déroulé les 9 et 10 septembre 2010 à l'Université Paris Ouest. Le programme est consultable avec, pour chaque session, la mise en ligne des communications.

Ressources vidéo et prix de thèse

Nous vous proposons de découvrir d'abord les ressources vidéo du congrès et les résumés des prix décernés à cette occasion, présentés sur cette page.

Daniel Cohen présente d'abord une chronique de la crise pour voir ensuite la réponse européenne et la stratégie d'ajustement du gouvernement grec, ce qui le conduit à s'interroger sur les épisodes précédents de consolidation budgétaire et sur le risque de défaut. Il s'intéresse en particulier aux crises auto-réalisatrices et au rôle des agences de notation pour en arriver à une réflexion sur la stratégie à adopter pour sortir de cette crise.

André Cartapanis, à travers l'étude de la crise systémique 2007-2009 et les réponses politiques du G20, se propose de répondre à trois questions : Quels sont les principes d'une politique macroprudentielle ? Quels sont les fondements théoriques des politiques macroprudentielles ? Pourquoi doit-on parler d'un paradigme macroprudentiel inachevé ? Cette conférence permet de mieux comprendre l'enjeu d'une politique macroprudentielle, son articulation avec une logique microprudentielle et de voir une illustration à travers le «package» du Comité de Bâle. Cette conférence est aussi l'occasion de revenir sur la réaction des économistes face à la crise et de penser un nouvel agenda pour la recherche.

La pensée économique contemporaine est apparue bien optimiste sur le sujet des ajustements automatiques de marché. La crise économique a interpellé les économistes qui avaient adopté l'hypothèse des anticipations rationnelles. Roger Guesnerie examine les différentes critiques de cette hypothèse d'anticipations rationnelles ce qui le conduit à traiter des processus de coordination.

A signaler : les résumés des prix de thèse qui ont été décernés à la fin du congrès de l'AFSE, avec cet article paru dans les Echos "Leçons académiques".

L'orientation actuelle de la recherche économique

Parcourir les communications présentées au congrès est un bon moyen de repérer les domaines qui retiennent l’attention des jeunes chercheurs et donc d’identifier les champs de l’analyse économique qui sont en plein essor et à contrario, ceux qui tendent à être abandonnés.

Si on revient sur le programme, on constate que certains thèmes sont très présents comme le commerce international, l’environnement, l’économie bancaire, la concurrence, l’économie de la firme, le développement, l’économie publique, le risque. A chaque fois le nombre de papiers présentés par de jeunes chercheurs a conduit à ouvrir deux ou trois sessions pour chacun de ces sujets.

On voit aussi que la question du marché immobilier est présente avec des questionnements divers :
- la question du lien entre le statut de propriétaire ou de locataire et la situation sur le marché du travail (voir le papier de Jean-Yves Lesueur, Carole Brunet et Nathalie Havet : La propriété immobilière est-elle un obstacle pour sortir du chômage ?) ;
- avec l’économie du droit, on aborde le sujet des liens entre la situation du marché locatif et le coût des procédures judiciaires pour les bailleurs (voir l’article de Ludivine Roussey et Bruno Deffains : The Multiplier of Public Expenditure on Justice : The Case of Rental Litigation) ;
- les phénomènes de contagion sur les marchés immobiliers (voir le papier d’Olivier de Bandt et Sheheryar Malik :
Is there evidence of shift contagion in international housing markets?).

Les contributions qui abordent les sujets du marché du travail, de l’emploi et du chômage sont nombreuses. Par exemple :
- le problème du lien entre chômage et dérégulation (voir le papier d’Olivier Cardi et Partha Sen : Deregulation and Unemployment) ;
- la question des discriminations sur le marché du travail (voir le papier de Clémence Berson : Oligopsony and discrimination on the labor market) ;
- le lien entre logement social et chômage d’équilibre (voir le papier de Sébastien Ménard et Faouzi Sellem : How does social housing affect the rate of equilibrium unemployment ?) ;
- l’analyse des créations d’emploi dans un «matching model» (voir l’article d’Elie Kolakez et Etienne Lehmann : Job Creation in the Matching Model: Entrepreneurship decisions and Credit Constraints) ;
- une analyse des déterminants individuels des absences au travail (voir le papier de Sabine Chaupain-Guillot et Olivier Guillot : Les déterminants individuels des absences au travail : une comparaison européenne).

Parmi les thèmes en plein essor, on peut relever :
- la neuroéconomie ;
- l’économie du risque (voir le papier de Lansana Bangoura : Contrat de crédit, risque moral, sélection adverse et incitation à l’effort pour le remboursement en Microfinance, ou celui de Reza Lahijidi : La gestion du risque est (d’abord) un problème d’inférence causale) ;
- l’information (voir le papier de Christian Bidard : Search and the Invisible Hand) ;
- la théorie des jeux (voir par exemple le papier de Chantal Marlats :Reputation In Stochastic Games with two Long Lived Players).

On a remarqué par ailleurs des réflexions d’actualité sur :
- les liens entre dettes publiques et croissance (papier de Jérôme Creel et Jacques Le Cacheux qui doit être finalisé) ;
- les relations entre immigration et croissance économique (voir le papier d’Ekrame Boubtane et Jean-Christophe Dumont : Immigration and economic growth in the OECD countries 1986-2006 : A panel data analysis ) ;
- une interrogation sur la croissance de moyen terme après la crise (voir par exemple le papier de Vincent Lapègue, Pierre-Yves Cabannes et Erwan Pouliquen : Quelle croissance à moyen terme après la crise ?).

A noter aussi une réflexion générale sur l’histoire économique (lire le papier de Claude Diebolt et Jean-Luc Demzulemeester : Quo vadis ? Quel futur pour l’histoire économique en France).

Enfin, voici quelques papiers qui montrent bien comment raisonnent les économistes sur des sujets très concrets :
- la perception de l’inflation (voir le papier de Claire Célérier et Delphine Irac : What is behind inflation perceptions? New evidence for France ) ;
- la guerre civile (voir le papier de Mathieu Couttenier et Raphael Soubeyran : Civil War in a Globalized World: Diplomacy and Trade) ;
- la situation des médecins généralistes (voir le papier d’Anne-Laure Samson et Brigitte Dormont : Est-il profitable d'être médecin généraliste? Carrières comparées des médecins généralistes et des cadres supérieurs) ;
- les discriminations selon l’orientation sexuelle (voir le papier de Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi : Moins égaux que les autres ? Orientation sexuelle et discrimination salariale en France).

Les papiers que nous donnons comme exemples ne sont que des illustrations des domaines dans lesquels les chercheurs orientent leurs travaux. L’objectif de cette sélection est de dégager quelques grands champs qui se dégagent dans les recherches qui intéressent aujourd’hui les économistes. Il est intéressant d’avoir à l’esprit ce paysage de la discipline quand on s’interroge sur ce que font les économistes.

 

Pascal Le Merrer pour SES-ENS.