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Quel enseignement de l'économie à l'université?

Publié le 21/07/2014
Auteur(s) : Pierre-Cyrille Hautcoeur
Le Congrès de l'AFSE à Lyon en juin 2014 a été l'occasion de discuter du rapport Hautcoeur, dirigé par Pierre-Cyrille Hautcoeur et remis au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en juin 2014. Ce rapport dresse une analyse critique de la recherche et de l'enseignement supérieur en économie en France et réunit un ensemble de données sur la filière sciences économiques. Parmi ses nombreuses propositions de réforme : donner une plus grande place à l'histoire et aux faits dans l'enseignement de l'économie, inciter à l'innovation pédagogique, valoriser conjointement l'enseignement et la recherche à l'université, etc.

En juin dernier, l'économiste et historien Pierre-Cyrille Hautcoeur, président de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), a remis à Geneviève Fioraso le rapport relatif à la mission sur "l'avenir des sciences économiques à l'université en France" qui lui avait été confiée en juillet 2013 par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. L'objectif de cette mission était «d'analyser la situation actuelle de la filière sciences économiques, au regard du principe de la diversité des modèles théoriques, des interfaces disciplinaires et des voies de formation et d'insertion professionnelle pour les étudiants», pour pouvoir ensuite «élaborer des recommandations et propositions». Les travaux de la commission présidée par Pierre-Cyrille Hautcoeur ont permis de dresser «une analyse critique de la recherche et de l'enseignement supérieur en économie en France», et de réunir un ensemble de données sur la filière sciences économiques, afin d'établir un portrait statistique de ses étudiants, des cursus et des débouchés, des enseignants-chercheurs de cette discipline et de leurs publications.

Le rapport Hautcoeur souligne un certain nombre de progrès dans la recherche et l'enseignement supérieur en économie en France depuis le rapport remis par J.P. Fitoussi en 2001 [1] : davantage de travaux empiriques, l'intégration d'un certain nombre de critiques à l'égard de l'économie standard dans les recherches, un enseignement moins technique et formalisé dans les premiers cycles, la création de manifestations comme les Journées de l'économie pour rendre plus accessible le savoir universitaire... Il constate néanmoins que les critiques à l'encontre des sciences économiques restent vives, notamment du côté des étudiants, d'une partie des enseignants-chercheurs et de la société civile. Les vingt propositions du rapport visent à mieux répondre aux besoins et attentes des étudiants, à favoriser une recherche plus ouverte, internationale et innovante, à améliorer et à diversifier le recrutement et la gestion des carrières au sein de l'université, et enfin à permettre une réflexion critique informée sur la discipline. Il préconise notamment un renforcement du caractère pluridisciplinaire du premier cycle universitaire et une spécialisation progressive en économie, une plus grande place accordée à l'histoire, aux faits et au fonctionnement des institutions dans l'enseignement de l'économie, et une initiation de tous les étudiants à la construction et la critique de données. Il plaide pour la mise en place d'incitations à l'innovation pédagogique et pour une valorisation de l'activité pédagogique des enseignants-chercheurs. Il propose également d'élargir les critères d'évaluation de la recherche, par exemple en redonnant au livre son statut scientifique, de supprimer l'agrégation du supérieur comme mode prioritaire de recrutement des professeurs, et de favoriser un rapprochement entre les différentes associations professionnelles (AFSE et AFEP).

Lors du dernier congrès de l'AFSE (Association française de sciences économiques) qui s'est tenu du 16 au 18 juin 2014 à Lyon, une table-ronde, animée par Pascal Le Merrer (ENS de Lyon), a été organisée afin de discuter des analyses et des propositions du "rapport Hautcoeur" sur l'enseignement de l'économie dans les universités françaises et l'organisation de la profession. Intitulée "Quel enseignement de l'économie à l'université ?", elle a réuni, autour de Pierre-Cyrille Hautcoeur, les économistes Olivier Favereau, professeur à l'Université de Paris X-Nanterre et représentant de l'AFEP (Association française d'économie politique) et Alain Trannoy, directeur d'études à l'EHESS, directeur de l'AMSE (Aix-Marseille School of Economics) et président actuel de l'AFSE (2014-15). Nous diffusons dans ce dossier la vidéo de cette conférence autour du rapport Hautcoeur, qui aidera à mieux saisir les enjeux et les débats autour de l'enseignement de l'économie à l'université.

Le rapport Hautcoeur sur l'avenir des sciences économiques à l'université en France

Résumé du rapport.

Liste des 20 principales propositions du rapport.

Télécharger le rapport complet.

Le rapport remis le 5 juin 2014 est disponible sur cette page.

La table ronde du congrès de l'AFSE "Quel enseignement de l'économie à l'université ?"

 


Quel enseignement de l'économie à l'université ?

 


Note :

[1] Jean-Paul Fitoussi, L'enseignement supérieur des sciences économiques en question. Rapport au ministre de l'Education nationale, Fayard, 2001.

 

Dossier réalisé avec le site touteconomie.org.

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