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A) Les fondements de la théorie du capital humain

Publié le 11/05/2009
Auteur(s) : Stéphanie Fraisse-D'Olimpio
T.W.Schultz obtient en 1979 le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel pour son « travail pionnier en économie du développement ».

2) Théodore W.Schultz, l'initiateur

 
T.W.Schultz (1902-1998) obtient en 1979 le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel pour son « travail pionnier en économie du développement ». Il insiste en particulier sur l'importance du secteur agricole pour se développer et donne une place-clé au capital humain. Il voit en effet dans la formation et l'éducation un moyen essentiel pour améliorer la productivité et conséquemment le revenu agricole. L'économie de l'éducation lui doit ainsi des découvertes essentielles comme l'impact de l'éducation des enfants et de la formation des adultes sur l'innovation et la productivité. Dès la fin des années 1950, il écrit un article majeur qui va influencer toutes les recherches postérieures sur le capital humain. : « Investment in man : an Economist's view » [4].

Dans Investment in Human Capital publié en 1961 dans la continuité de son premier article [5], il s'efforce d'affiner la mesure du capital humain en se concentrant sur la dimension qualitative du facteur travail, à savoir «l'habilité, le savoir et toutes les capacités permettant d'améliorer la productivité du travail humain». Il observe que pour quantifier ces dimensions, il est difficile de procéder à une analyse des dépenses d'investissement en capital humain comme on peut le faire pour évaluer le capital physique en particulier parce qu'il est complexe de distinguer ce qui relève des dépenses de consommation ayant pour objet de satisfaire les besoins des individus et ce qui peut être considéré comme des dépenses d'investissement améliorant la qualité du capital humain.
En somme, la plupart des dépenses rentrent dans ces deux catégories. L'approche par la dépense ne permet donc pas de mesurer efficacement l'investissement en capital humain. Sa mesure passerait plutôt par un effort pour comprendre les variables améliorant les capacités des individus et se traduisant par une hausse du salaire des individus concernés sur le marché du travail.

Il distingue donc cinq sources de production et d'amélioration du capital humain : (1) Les infrastructures et services de santé qui affectent l'espérance de vie et la vitalité des individus ; (2) la formation professionnelle (incluant l'apprentissage) organisée par les entreprises ; (3) le système éducatif de l'école élémentaire au supérieur ; (4) les programmes d'études et de formation pour adulte non organisés par des entreprises ; (5) la migration des individus et des familles pour saisir des opportunités d'emploi.

Ces domaines étaient largement inexplorés par l'analyse économique, les travaux de Schultz ont permis de mieux mesurer le lien entre l'investissement dans ces cinq catégories d'activités et l'accroissement du capital humain.

Plus largement donc, T.Schultz s'oppose aux modèles de croissance standard dominant alors, ceux d'Harrod-Domar puis de Solow, qui relient le taux de croissance et l'accumulation du capital physique. Soulignant qu'il « y a peu de doute que l'investissement qui améliore les capacités des gens crée des différences dans la croissance économique et dans la satisfaction vis-à-vis de la consommation. Nous savons maintenant que l'oubli du capital humain biaise l'analyse de la croissance économique. » [6]

T.W.Schultz vit dans la qualité du capital humain une ressource rare qu'il faut développer par les incitations appropriées. Véritable précurseur, il comprit que les progrès dans les domaines de la santé et de l'éducation sont des variables clés pour expliquer l'évolution économique au cours du XXe siècle. Les travaux de Gary Becker s'inspirent largement de ses apports.


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A) Les fondements de la théorie du capital humain.
1) Du facteur travail au capital humain.
2) Théodore W.Schultz, l'initiateur
(vous êtes ici).
3) Gary Becker, le précurseur de l'économie comportementale.
4) Encadré : De la décision rationnelle d'investissement en capital humain aux inégalités de revenus : motivations et fondements du modèle de Becker, par Olivier Monso. [PDF - 46 Ko]


B) Les prolongements de la théorie du capital humain.
1) Les enjeux autour de l'éducation et de la formation.
2) Education et croissance économique : de la théorie de la croissance endogène à la théorie des capacités d'A.Sen.



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[4] « Investment in man : an Economist's view », Social Service Review, vol.33, 1959.
[5] Investment in Human Capital The American Economic Review, Vol. 51, No. 1, (Mar., 1961), pp. 1-17.
[6] Investing in People. The Economics of Population Quality, 1972.