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B) Les enjeux économiques de la formation des actifs.

Publié le 28/04/2009
Auteur(s) : Stéphanie Fraisse-D'Olimpio
Afin de surmonter les obstacles à l'accès à la formation continue tels que le manque d'intérêt ou le manque de temps, il parait important de favoriser la motivation des salariés en soulignant l'intérêt de s'engager dans une formation. Parmi les avantages économiques que celle-ci peut leur procurer, on retient en particulier le possible accroissement du niveau des salaires, l'adaptation à l'emploi et bien sûr l'amélioration de la productivité du travail. Nous verrons en conclusion de cette partie que la formation peut également engendrer des avantages non économiques, comme une plus grande estime de soi et un renforcement des échanges sociaux.

1) Un enjeu de croissance économique et de compétitivité des entreprises

Dans un contexte concurrentiel, la quête de l'efficience économique confère une importance croissante à l'investissement dans la formation des adultes. Plusieurs rapports de l'OCDE montrent l'importance du rendement macroéconomique de l'investissement dans le capital humain. Ainsi, les économistes estiment qu'une augmentation de 10 % du stock de ce capital, mesurée d'après l'accroissement du nombre d'années de scolarité, peut entraîner à longue échéance une progression de 4 à 7 % du PIB par habitant [1]. La formation des adultes apporte une contribution supplémentaire importante au développement du capital humain, avec des répercussions positives sur la productivité, l'innovation et les chances de chacun devant l'emploi.

La formation tout au long de la vie favorise l'adaptation des salariés à leur poste de travail et contribue à accroitre leur productivité.

Les employeurs tirent donc parti de la formation de leur personnel car elle accroît la productivité et les bénéfices. Dans une étude sur les Etats-Unis parue en 1999, J.M Barron, M.C. Berger et D.A. Black [2] ont montré par exemple que la formation continue avait un impact beaucoup plus important sur la productivité des salariés que sur leur salaire.

En outre, on observe qu'une répartition équitable des compétences au sein de la population a une forte incidence sur les performances économiques globales. S.Coulombe, J.-F.Tremblay et S. Marchand [3] soulignent que l'amélioration des compétences de base de l'ensemble des individus peut avoir un effet plus prononcé sur la croissance économique que l'investissement dans le perfectionnement des compétences d'un groupe choisi de personnes très qualifiées.

Ce constat pourrait favoriser des politiques axées sur le renforcement des compétences des groupes défavorisés. Une répartition plus égalitaire des compétences contribuerait à accroitre le niveau de vie et la productivité puisque des investissements plus équitables dans le développement des compétences peuvent stimuler la croissance en améliorant la productivité de l'ensemble de la main-d'œuvre[4]. La formation continue joue un rôle essentiel dans la réduction des inégalités d'accès aux compétences.

Enfin, une analyse de L.Bassi , J. Ludwig, D.P. McMurrer et M. van Buren[5] consacrée à des entreprises des États-Unis cotées en bourse présente les liens entre les données sur l'investissement dans l'enseignement et la formation et les résultats financiers publiés. Les auteurs observent que lorsque les entreprises accroissent leur investissement dans la formation de leurs salariés, la rémunération totale des actionnaires augmente (celle-ci est définie comme la variation du cours de l'action, plus les dividendes éventuels) l'année suivante. L'investissement dans la formation aiderait donc à prévoir la rémunération totale future des actionnaires d'une entreprise. En définitive, la prise en compte de la variable « investissement dans la formation » aurait permis d'améliorer de 18 % la capacité de prévision de la rémunération totale future des actionnaires.

La formation des salariés contribue ainsi à l'amélioration d'un certain nombre de variables (productivité notamment) qui jouent positivement sur la compétitivité des entreprises et plus largement sur la croissance économique des pays.

 

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CAPITAL HUMAIN ET FORMATION DES ACTIFS.

A) Valoriser le capital humain par la formation tout au long de la vie : des principes à la réalité.

1) Une profonde évolution de l'approche de la formation continue en France et dans l'Union Européenne.

2) Un accès encore largement inégalitaire à la formation continue.

B) Les enjeux économiques de la formation des actifs.

1) Un enjeu de croissance économique et de compétitivité des entreprises.

2) Les enjeux salariaux.

3) Les enjeux en matière d'accès à l'emploi et de protection contre le chômage : la question de la sécurisation des parcours professionnels.

Retour au dossier "Capital humain" (Partie 2)

 


Notes :

[1] OCDE (2001), L'apprentissage tout au long de la vie : aspects économiques et financiers, Paris.

[2] Barron, J. M., M.C. Berger et D.A. Black (1999), « Do Workers Pay for On-the-Job Training? », Journal of Human Resources, vol. 34, n° 2, p. 235-252.

[3] Coulombe, S., J.-F. Tremblay et S. Marchand (2004), Performance en littératie, capital humain et croissance dans quatorze pays de l'OCDE, Statistique Canada et ministère des Ressources humaines et du Développement des Compétences du Canada, Ottawa.

[4] L'analyse des données du PISA (Programme international de suivi des acquis des élèves) sur les acquis des élèves de quinze ans aboutit à une conclusion analogue. Conjuguer des niveaux de performance élevés avec une répartition équitable du fruit de l'apprentissage apparaît, dès lors, comme un objectif réaliste.

[5] Bassi L., J. Ludwig, D.P. McMurrer et M. van Buren (2000), « Profiting from Learning: Do Firms' Investments in Education and Training Pay Off? », American Society for Training Development (ASTD), Washington, DC.