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Effet de serre, risque climatique et expertise économique

Publié le 22/10/2004
Auteur(s) : Roger Guesnerie
Cette ressource débute par un rappel du diagnostic concernant l'effet de serre et le risque climatique, et se poursuit par une description des domaines pertinents de l'expertise économique en la matière.

L'effet de serre et le risque climatique : un rappel du diagnostic

Ce rappel ne prétend pas être complet. Pour aller à l'essentiel, on passera de ce qui est tout à fait assuré dans le diagnostic à ce qui est moins assuré, de 1 à 8, sur l'échelle de l'incertitude croissante (Partie rédigée à partir de l'ouvrage Combattre l'effet de serre nous mettra-t-il sur la paille ? Editions Le Pommier).

Afin de completer les informations disponibles sur ces pages, Roger Guesnerie vous propose de consulter le site suivant : Le réchauffement climatique (le changement climatique) : réponse à quelques questions élémentaires (site de Jancovici, à voir en particulier : "Aspects physiques du changement climatique : vue d'ensemble" et "Les gaz à effet de serre - généralités")

Ce qui n'est pas douteux (1 à 3 sur l'échelle)

Ce qui est moins assuré (4 à 5 sur l'échelle)

Ce qui est plus incertain (6 à 8 sur l'échelle)

On a vu en passant du plus assuré au moins assuré huit paliers de certitudes ou d'incertitudes. Clairement l'économiste n'a aucune compétence particulière pour se prononcer sur les phénomènes physico-chimiques et sur les incertitudes climatiques proprement dites. Il est par contre sollicité dans le débat comme on le verra plus loin.

Les domaines pertinents de l'expertise économique

Le protocole signé à Kyoto en 1997, puis amélioré et finalisé lors des conférences ultérieures de La Haye et de Bonn, a défrayé la chronique de ces dernières années. Son avenir est encore hypothétique, puisqu' après la décision de l'administration Bush de ne pas le ratifier, les seuils de participation atteints, (en termes de nombre de pays et de volume d'émissions) sont insuffisants pour lui donner force de traité. L' entrée en vigueur du protocole est de fait suspendue à la ratification annoncée, mais à ce jour non effective, de la Fédération de Russie. Alors que le marché mondialisé fait depuis longtemps fi des frontières des Etats, et alors qu'aucun devin ne voit sur son écran radar le signe de l'apparition d'un gouvernement mondial, le besoin d'outils de "gouvernance" à l'échelle de la planète se fait de plus en plus aigu. Le protocole de Kyoto s'efforce de mettre en place une coopération internationale pour la gestion d'un bien collectif de notre époque de mondialisation, un bien collectif "global", en l'occurrence le climat. Il constitue, une tentative ambitieuse, parfois maladroite mais à bien des égards exemplaire, de réponse au besoin de gouvernance qui vient d'être évoqué.

Naturellement, l'évaluation du protocole ne peut faire abstraction d'une discussion sur le risque climatique, que fait ou ferait courir à la planète l'accroissement spectaculaire avéré de la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre depuis le début de la révolution industrielle. Ce débat, et celui de l'adéquation du "package deal" Kyoto, ont depuis le retrait américain, pris un tour plus polémique. Mais quel que soit le devenir à court et moyen terme du protocole, quelle que soient les informations que l'avenir nous apportera sur l'intensité et le déploiement temporel du risque climatique, on peut penser que le protocole de Kyoto restera dans l'histoire, comme l'exemple des tâtonnements inventifs que l'adaptation nécessaire des institutions aux besoins d'une économie mondialisée a et va continuer de susciter.

La perspective du changement climatique dessine les contours de ce que Mauss aurait sans doute fait entrer dans la catégorie du "fait social total". La réflexion sollicite de nombreux savoirs et doit croiser de nombreux regards. On ne s'étonnera pas, par exemple, que le sujet ait suscité des contributions remarquées de philosophes. Parmi les spécialistes de sciences sociales, l'économiste n'a pas le monopole de l'enquête, même si on limite la discussion au protocole de Kyoto, ou plus généralement aux politiques de maîtrise de la concentration des gaz à effet de serre, parfois désignées sous le nom de politiques climatique. Mais, pour l'économiste, le problème est passionnant et multiforme, et sollicite de nombreux chapitres de son savoir, pour l'utiliser, l'éprouver et le cas échéant l'améliorer, le remettre en question et le régénérer à partir de question inédites..

Donnons une idée de quelques unes des déclinaisons thématiques de l'économie de l'effet de serre. Distinguons, même si les questions sont, dans les faits, imbriquées, les questions de l'opportunité des politiques climatiques de celle de leur concrétisation.

 

En complément

Un encadré extrait du Rapport du CAE N°39 Kyoto et l'économie de l'effet de serre p.22 : Bien collectif, consentement à payer

Dans la collection de poche des éditions Le pommier ( l'ouvrage)

  • Dominique Bourg 2002 Quel avenir pour le développement durable ?, 64p., Coll. Les petites Pommes du Savoir, Editions Le Pommier.
  • Roger Guesnerie 2003 Combattre l'effet de serre nous mettra-t-il sur la paille ?, 64p., Coll. Les petites Pommes du Savoir, Editions Le Pommier
  • Robert Sadourny 2002 Le climat est-il devenu fou ?, 64p., Coll. Les petites Pommes du Savoir, Editions Le Pommier.

 

Autres articles et ouvrages

  • Conseil d'analyse économique 2003 Kyoto et l'économie de l'effet de serre, Roger Guesnerie, Rapport du CAE, n°39, La documentation française.
  • Olivier Godard 1997 "les enjeux des négociations sur le climat", Futuribles, n°224, p33-66.
  • Hervé le Treut et Jean-Marc Jancovici 2001 L'effet de serre : allons-nous changer le climat ?, Flammarion, "Dominos".

 

Sur Internet

 

 

 


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