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Entretien avec Christine Détrez autour de la notion de genre

Publié le 23/09/2016
Auteur(s) : Christine Détrez
Anne Châteauneuf-Malclès
Dans cet entretien, Christine Détrez, professeure à l'ENS de Lyon, spécialiste en sociologie de la culture et du genre, évoque l'introduction, l'usage et l'utilité du concept de genre en sciences sociales. Elle montre comment l'approche moderne du genre aide à déconstruire les stéréotypes de sexe et les explications "biologisantes" les différences entre les femmes et les hommes. Elle précise enfin comment la logique de genre s'exerce dans notre société et souligne l'intérêt d'articuler le genre avec d'autres catégories d'analyse dans l'étude des inégalités.

Christine Détrez est professeure de sociologie à l'École Normale Supérieure de Lyon et chercheure au Centre Max Weber, spécialiste en sociologie de la culture et du genre et auteure de nombreux articles et ouvrages sur ces questions. Elle a publié récemment deux livres courts et très accessibles sur la notion de genre et les inégalités entre femmes et hommes : Quel genre ? (Thierry Magnier, mars 2015) et Les femmes peuvent-elles être de Grands Hommes ? (Belin, coll. "Égale à égal", février 2016). Elle a également participé en 2014 à la publication du Ministère de la Culture, Questions de genre, questions de culture, dirigée par Sylvie Octobre. Christine Détrez anime par ailleurs un atelier de recherche sur "Genre et Culture scientifique" avec Clémence Perronnet à l'ENS de Lyon.

couverture du livre "Quel genre ?"  couverture du livre "Les femmes peuvent-elles être de grands Hommes ?"

Entretien avec Christine Détrez

Propos recueillis par Anne Châteauneuf-Malclès pour SES-ENS.

1) D'où vient le concept de « genre » et quand s'est-il imposé comme catégorie d'analyse dans les sciences humaines et sociales, en particulier en France et dans les recherches francophones ?

C.D. : En France, le terme genre est apparu sur la scène publique et médiatique au début des années 2010, avec son introduction dans les manuels de SVT (sciences de la vie et de la terre) de première et les débats autour de la loi sur «le mariage pour tous». Les opposant.e.s ont alors véhiculé l'idée que la notion de «genre» avait été importée des États-Unis de façon très récente, sans aucune réflexion ni appropriation par les sciences sociales françaises. Mais, si l'on veut clarifier le sens du mot genre et comprendre son utilisation en sciences sociales, il est important de réfléchir en deux temps, en distinguant ce que recouvre le concept de genre d'une part, et l'usage du terme «genre» de l'autre.

Les travaux sur les différences et les inégalités liées à ce qu'on appelle aujourd'hui le genre sont antérieurs à l'utilisation du terme genre. A partir des années 1970 par exemple, la pensée féministe française, dont l'une des grandes figures est Christine Delphy [1], analyse les mécanismes de domination des hommes sur les femmes en employant les expressions «rapports sociaux de sexe» et «patriarcat».

En France, on a longtemps travaillé sur les inégalités femmes-hommes et la construction sociale des identités et des hiérarchies sexuées sans utiliser le mot genre. Si les années 2000 voient le terme  «genre» se multiplier, notamment sur les titres de manuels, Rose-Marie Lagrave retrace toute l'histoire du mot et les différents positionnements terminologiques dans le champ universitaire et militant, avec l'usage des expressions «étude de femme», «féminisme», «genre»… [2].  Sur cette question de l'introduction du terme genre au sens de gender, il existe des travaux très intéressants en linguistique. Ainsi, le chercheur Yannick Chevalier a repéré historiquement, parmi les différents emplois du mot genre dans la langue française, un sens proche de celui, récent, des études de genre. Mais, selon lui, la polysémie du mot genre en français – il est une notion grammaticale, une notion littéraire et prend aussi le sens de «style» – a été à la fois une aide et un obstacle à son introduction dans le sens de gender [3]. C'est seulement avec la traduction en 1988 de l'article fondateur de l'historienne américaine Joan Scott "Genre : une catégorie utile d'analyse historique" [4] qu'il va faire son entrée dans le champ académique français.

Aux États-Unis, en revanche, et dans les sciences sociales anglo-saxonnes, la notion de gender a été utilisée beaucoup plus tôt. En anthropologie, Margaret Mead (1935) avait déjà mis en évidence le caractère culturel et socialement construit des attitudes corporelles, des tempéraments ou des rôles assignés aux individus de chacun des sexes, mais elle n'avait pas forgé le concept de genre. Le mot gender apparaît initialement en psychiatrie et dans les études de sexologie, dans les années 1960, pour distinguer les aspects biologiques et sociaux du sexe. Le psychologue Robert Stoller mobilise ainsi en 1964 le concept de gender identity – identité de genre – pour souligner que l'identité ressentie par une personne n'est pas forcément son identité apparente, celle de son corps. Après ce «moment psychiatrique», le terme genre a été approprié par les sociologues et les historiennes féministes, notamment par la britannique Ann Oakley [5], pour conceptualiser les différences et les rapports sociaux entre les deux sexes. Il a alors pris le sens que l'on connaît de construction sociale et culturelle de la féminité et de la masculinité à partir du sexe – tandis que le sexe renvoie aux différences biologiques entre hommes et femmes – avec l'idée que cette construction est organisée dans un rapport de hiérarchie et de pouvoir. Cependant cette définition est aujourd'hui elle-même datée.

2) Comment a évolué le sens scientifique de la notion de genre dans la pensée sociologique et plus généralement dans les études de genre ? 

C.D. : On parle effectivement des «études de genre» plutôt que des sociologies du genre, car il est difficile d'isoler sociologie, histoire, philosophie, psychanalyse… dans l'ensemble de ce champ de recherche.

Sans remonter à la psychiatrie, en partant vraiment des moments sociologiques ou en tout cas constructivistes de la notion de genre, la première étape a consisté, comme je viens de le dire, à distinguer le genre du sexe : le sexe, c'est la biologie, les organes génitaux ; le genre c'est ce que la société fait à des corps qui sont biologiquement définis pour en faire des petites filles ou des petits garçons, des femmes ou des hommes, adaptés à la société en question. Cette définition «classique» du concept de genre, encore largement dominante, qui a été théorisée en sociologie par Joan Scott et en philosophie par Simone de Beauvoir, a été extrêmement utile, car elle a permis de dénaturaliser les différences femmes-hommes : ça n'est pas naturel qu'une fille soit douce, calme et sensible et qu'un garçon soit vif, énergique et ambitieux, c'est le produit d'une socialisation qui fabrique, dès leur plus jeune âge, des individus masculins ou féminins. L'intérêt de la définition classique était aussi qu'elle supposait un rapport de pouvoir : les catégories «masculin» et «féminin» sont construites dans une hiérarchie [6].

Mais cette définition posait problème comme l'ont souligné Christine Delphy et Anne Fausto-Sterling [7] du côté américain. Elle part du sexe, donc de catégories naturelles, pour penser ensuite le genre, ce qui induit l'idée que la biologie n'a pas à être contextualisée, qu'elle est en dehors de toute analyse sociologique. Dans L'ennemi principal [8], Christine Delphy retourne la définition : selon elle, «le genre précède le sexe» et non l'inverse. Elle veut dire par là que, biologiquement, tous les individus ne peuvent être classés seulement dans deux catégories séparées, étanches, mâle ou femelle, mais que c'est parce qu'on pense en termes binaires les différences sexuées qu'on a un dualisme biologique. Quand elle parle des «cinq sexes» (elle reviendra ensuite sur ce chiffre, en arguant plutôt pour un continuum), la biologiste Anne Fausto-Sterling affirme dans le même sens qu'on ne peut réduire l'identité sexuelle des humains à XX et XY. A partir de l'observation des gonades, des chromosomes ou des hormones, la science occidentale a construit l'identité sexuelle comme une dichotomie, elle a fait rentrer des critères biologiques variés dans deux catégories seulement, homme et femme. Mais il existe d'autres cas qui ne coïncident pas avec cette mise en deux cases (les intersexués). On va ainsi lire tous les corps selon la norme sociale du genre, à savoir une bicatégorisation des sexes hiérarchisée : cerveau rose-cerveau bleu, XX-XY, œstrogènes-testostérone, etc. Cette nouvelle approche du genre, en invitant à explorer la part de social et de construit dans le naturel, remet en question la séparation entre la nature d'un côté et la culture et le social de l'autre [9].

3) En quoi ce modèle des deux sexes participe-t-il à la construction de la norme de l'hétérosexualité et à la définition d'une place et d'un rôle bien défini des hommes et des femmes dans la société ?

C.D. : Quand on pense d'abord le genre et ensuite le sexe, on comprend mieux comment se construit le modèle «différent et complémentaire» que l'on retrouve dans quasiment tous les livres de biologie destinés aux enfants. Dès lors qu'on lit les corps à travers nos deux catégories binaires et hiérarchisées, il parait évident qu'ils ne peuvent s'emboîter que d'une seule façon, alors qu'en réalité ils pourraient s'emboîter de plein d'autres façons différentes. C'est parce que l'on pense d'abord complémentarité des sexes et reproduction que l'hétérosexualité va s'imposer comme «naturelle», à renfort d'évidences biologiques chez les humains ou souvent chez les animaux (mais c'est toujours l'exemple qui conforte la théorie qui est choisi). Comme Anne Fausto-Sterling, Thierry Hoquet, qui est professeur de philosophie des sciences à Lyon, développe cette idée qu'il faut arrêter de toujours penser «deux sexes» alors que les biologistes comptent justement au-delà de deux [10]. Thierry Hoquet a aussi traduit les travaux de l'éthologue Joan Roughgarden [11] qui retourne toutes les évidences que l'on peut avoir sur les animaux : loin du modèle unique des deux sexes, on trouve des espèces qui changent de sexe selon la nécessité de l'entourage, des formes de reproduction asexuées, des femelles qui dévorent leur portée, etc. Le rappel à une supposée nature animale et mammifère pour justifier une norme de reproduction et de sexualité est battu en brèche par des scientifiques comme Joan Roughgarden ou Anne Fausto-Sterling qui expliquent que la reproduction est un accident qui arrive dans la multiplicité des possibles en biologie.

J'avais observé ce décalage entre réalité biologique et récit de la reproduction en travaillant sur les encyclopédies scientifiques pour enfants comme «Il était une fois la vie» [12]. La façon dont la procréation y est racontée repose toujours sur cette idée de «valence différentielle des sexes» selon l'expression de Françoise Héritier (1996). Lynda Birke [13], qui a étudié les manuels de médecine destinés aux étudiants, et Emily Martin [14] arrivent exactement aux mêmes conclusions. Selon elles, la reproduction est décrite à travers le «sleeping beauty myth», le mythe de la belle au bois dormant. Comme la princesse endormie et le prince courageux, l'ovule attend passivement et immobile d'être réveillé par un spermatozoïde conquérant et dynamique qui parviendra à le féconder au terme d'une compétition acharnée ! Or cette mise en scène de la procréation, inspirée par des stéréotypes genrés, n'est absolument pas fondée scientifiquement. Là encore ce sont des constructions sociales qui deviennent des modèles explicatifs biologiques.

4) Malgré les nombreux travaux sur les mécanismes de la socialisation genrée, la tendance à naturaliser les différences entre les sexes est persistante dans le monde social. Les références au biologique et à des conceptions naturalisantes semblent même retrouver une certaine force dans la société actuelle, par exemple dans le domaine de la famille, de la filiation, du sport, dans l'interprétation de certaines inégalités scolaires, sociales ou économiques, comme cela a été souligné au dernier congrès de l'Association Française de Sociologie [15]. Comment l'expliquer ?

C.D. : Dans Le singe, le gène et le neurone, le sociologue Sébastien Lemerle s'intéresse à ce retour en force de la biologisation des comportements sociaux en étudiant notamment les choix éditoriaux de la presse et d'éditeurs comme Odile Jacob [16]. Il constate un mouvement de légitimation par la naturalisation assez général dans l'expertise et la vulgarisation scientifique, qui ne concerne d'ailleurs pas que les questions de genre : on va chercher le gène de la délinquance ou de l'infidélité, médicaliser l'échec scolaire, expliquer les préférences des consommateurs grâce à l'imagerie cérébrale (le neuromarketing), etc. Pourquoi ce renouveau contemporain du biologisme ? Probablement parce que cela rassure, lorsque des lois viennent remettre en cause ce que l'on pensait être des fondements invariants, anthropologiques de la famille. Dire que c'est la nature est un moyen de préserver un certain ordre social. Mais on sait grâce à l'anthropologie et à l'histoire qu'il a existé une grande diversité de familles dans d'autres sociétés, bien plus variées que cette soi-disant nature sans imagination.

Historiquement, le recours aux arguments biologiques a été un moyen d'assigner les femmes à une place spécifique, de les empêcher d'accéder à certains droits ou à certaines positions sociales. La philosophe Geneviève Fraisse montre ainsi comment on est passé de la théorie du sexe unique au différentialisme sexuel au moment de la Révolution française, afin de freiner la montée des aspirations au changement social [17]. Et Évelyne Peyre (paléoanthropologue) et Joëlle Wiels (généticienne) expliquent bien dans un article, "le sexe par défaut" [18], comment toutes les parties du corps humain ont alors été interprétées en termes féminin ou masculin : le squelette, le cerveau, les hormones, etc. Les différences de nature entre hommes et femmes ont ensuite été hiérarchisées et ont servi à justifier l'exclusion des femmes de la citoyenneté ou de l'éducation secondaire. Dès que les femmes se sont mises à s'instruire, à écrire ou à faire de la politique, les explications médicales sont revenues en force, disant que cela risquait de tarir leur lait, que leur constitution fragile n'était pas compatible avec une activité cérébrale sérieuse [19] ou que leur cerveau moins lourd était la preuve de leur infériorité intellectuelle [20]. Les caricatures des Bas-Bleus de Daumier sont révélatrices de cet état d'esprit au XIXème siècle : elles représentent les femmes de lettres comme de mauvaises mères, physiquement laides et maigres.

Chaque fois qu'ont été éveillées les craintes que les frontières entre hommes et femmes deviennent trop poreuses, on a renvoyé les femmes à leur rôle social et à leur nature soit disant inadaptée pour accéder au savoir ou occuper d'autres places. Le même type de raisonnement a été déployé pour freiner les prétentions créatrices et artistiques des femmes, comme je l'ai expliqué dans Les femmes peuvent-elles être de Grands Hommes ? [21]. Le discours médical et scientifique a été un des éléments pour légitimer l'exclusion des femmes, à côté des arguments moraux et des lois qui leur ont longtemps fermé l'accès aux universités et aux académies. De nos jours, personne n'oserait plus dire que les femmes ne peuvent être des génies en raison de leur nature. Pourtant, lorsque certaines d'entre elles voient leur talent reconnu et accèdent à la notoriété, on insiste très souvent sur leurs «qualités féminines», et non leurs qualités ou compétences tout court, ce qui suppose toujours une différence d'ordre naturel entre hommes et femmes.

5) Peut-on pour autant dire que les études de genre et la biologie sont en opposition sur ces questions, que la pensée sociologique exclut toute réalité biologique ?

C.D. : Il ne faudrait pas du tout penser d'abord que tou-te-s les biologistes partagent la façon dont la pensée scientifique est vulgarisée et galvaudée. Dans son blog Allodoxia, Odile Fillod fait une critique de la vulgarisation et de la médiatisation de la science plutôt que des biologistes eux-mêmes ou elles-mêmes. La recherche scientifique, en biologie comme en sociologie, est encastrée dans une époque avec des idéologies qui tendent à orienter la présentation des résultats scientifiques. Par exemple, Odile Fillod fait une analyse critique très intéressante, à la fois sur le plan scientifique et médiatique, de cette fameuse expérience, censée démontrer la part d'inné dans les différences de comportement entre filles et garçons, où l'on observe la réaction de nouveaux nés lorsqu'on leur propose soit des visages, soit des mobiles mécaniques [22]. Elle constate des glissements dans la présentation des conclusions de cette expérience d'article en article, au fur et à mesure de leur diffusion auprès du grand public. Alors que l'étude montrait que davantage de garçons que de filles avaient regardé plus longtemps les mobiles que les visages, mais que la majorité d'entre eux n'avaient pas manifesté de préférence pour les mobiles, la formulation des résultats dans les articles ou les émissions de vulgarisation devient «les garçons passent plus de temps à regarder les mobiles» ou «les garçons sont plus attirés par des objets mobiles».

Sur le fond même de la question, Anne Fausto-Sterling [23], comme Christine Delphy [24] affirment que, loin de nier les différences biologiques et la matérialité des corps, la réflexion sur le genre cherche au contraire à redonner plus de variété et de complexité aux corps, en évitant de les réduire à une seule opposition binaire qui dirait que tout est bleu ou rose dans mon corps parce que je suis homme ou femme.

Dans ce sens, les travaux de la neurobiologiste Catherine Vidal sur le cerveau relativisent les différences entre hommes et femmes et insistent sur l'importance de la plasticité cérébrale, son évolution en fonction de l'environnement et des expériences vécues par l'individu. D'une part, si l'on mène des expériences à grande échelle, on constate que les différences existant entre les cerveaux de personnes de même sexe sont bien plus importantes que les celles observées entre hommes et femmes. D'autre part, à la naissance, les cerveaux des bébés filles et des bébés garçons sont strictement identiques au plan du fonctionnement cognitif et sensoriel, les différences apparaissent après, lors des interactions de l'enfant avec son environnement social. La socialisation modifie donc les aptitudes cérébrales, un fait ignoré par les nombreuses études, relayées par les médias, voulant montrer que «le cerveau a un sexe».

Prendre en compte les interactions entre le biologique et le social ou le culturel ne signifie pas rejeter la réalité des phénomènes biologiques. Quand la sociologue Isabelle Baszanger travaille sur la douleur, elle ne nie pas le phénomène physique de transmission de la douleur par les nerfs. Quand l'historien Alain Corbin étudie les odorats, il ne nie pas le phénomène chimique de transmission par des molécules. Mais l'environnement social donne des grilles culturelles qui permettent de coder ou de décoder de manière différente et qui varient dans le temps et dans l'espace, ce qui explique qu'une même odeur puisse être perçue comme mauvaise ou pas selon le moment historique ou la société dans laquelle on vit. Pour le genre c'est pareil, mais on accepte plus difficilement que les différences de cerveaux entre les sexes puissent résulter de l'influence sociale.

6) Est-il toujours pertinent de parler de « domination masculine » dans les sociétés occidentales de nos jours ?

C.D. : La domination masculine, c'est-à-dire la primauté du masculin sur le féminin, reste une réalité sociale dans les sociétés occidentales, mais elle s'exerce de deux manières différentes.

La première, la plus évidente, correspond aux inégalités que vivent les femmes en tant que membres de la classe des femmes par rapport aux hommes en tant que membres de la classe des hommes. Malgré une égalité des droits dans toutes les sphères sociales, la palette de ces inégalités reste immense puisqu'elles concernent aussi bien les salaires, l'éventail des professions occupées – beaucoup plus réduit pour les femmes –, le plafond de verre, la répartition des tâches domestiques, les violences ou les insultes subies par les femmes. Dans de très nombreux domaines – professionnel, familial, politique, etc. -, les hommes occupent encore les positions les plus valorisées et les plus favorables, au plan économique, social ou symbolique [25]. Même si cela peut paraître répétitif, il est nécessaire de continuer à travailler sur cette première forme de domination masculine toujours présente, sur les sujets classiques (les inégalités de salaire, les rôles domestiques, etc.) ou sur les nouveaux sujets qui émergent (le harcèlement de rue, les espaces publics, etc.).

L'autre manière dont elle s'exerce apparaît lorsque l'on dissocie domination masculine et homme. Quand on réfléchit sur le genre en tant que système de relations et non sur les genres en tant que groupe de femmes et groupe d'hommes, la domination masculine n'a pas tout à fait le même sens et pèse sur tous les individus, hommes ou femmes. Les hommes payent également un coût, à la fois psychologique et physique, à la domination masculine. C'est le cas bien sûr lorsqu'ils ne se conforment pas au modèle de la masculinité hégémonique et de l'hétérosexualité et doivent subir des stigmatisations, des moqueries et parfois des violences. Mais les hommes peuvent aussi payer un prix fort à la conformité au modèle de la masculinité hégémonique, même lorsqu'ils sont en haut de la pyramide sociale, à travers les maladies liées au stress du fait de leur ambition, les souffrances morales dues à une surcharge de travail et à l'absence de temps à consacrer à sa famille, et des comportements à risque beaucoup plus fréquents que chez les femmes. Ces comportements de mise en danger, interprétés comme des preuves de courage, de force, de maîtrise de soi, etc., expliquent que les jeunes hommes aient un taux de mortalité beaucoup plus élevé que les jeunes filles, étant notamment bien plus souvent victimes d'accidents de voiture dus à la vitesse ou à l'alcool. Le film La fureur de vivre illustre bien ce double coût de la domination masculine pour les hommes : celui qui se conforme au modèle du «vrai» homme ne descend pas de la voiture et meurt, celui qui ne s'y conforme pas, le personnage interprété par James Dean, se fait traiter de «poule mouillée» et rejeter.

7) Quelles relations entretiennent logique de marché et logique de genre dans notre société ? 

C.D. : Très souvent la logique de marché tend à renforcer les différences entre les sexes et les stéréotypes genrés. L'intérêt économique est en effet de segmenter le marché, afin de vendre des choses différentes à des gens différents, et au final de vendre plus. Le marché des objets culturels et plus particulièrement des jouets est emblématique de cette volonté croissante de genrer les biens de consommation. Sur ce sujet, la sociologue Mona Zegaï [26] a constaté, en étudiant les catalogues de jouets, une «rosification» de tout cet univers relativement à la génération précédente. Prenons par exemple le cas des jouets de la marque Lego. Les publicités des années 1980 montraient une petite fille en salopette avec les briques multicolores dans les mains, des filles et des garçons côte à côte avec des constructions en Lego. Aujourd'hui, la marque offre la gamme Lego Friends exclusivement à destination des petites filles, avec des briques roses et mauves et tout un univers très «féminin» moins axé sur la construction. Historiquement mixte, la marque a fini par se convertir au marketing genré, comme la plupart des autres fabricants de jouets. Pourquoi ? Parce que dès lors qu'il devient honteux pour un petit garçon ou une petite fille d'avoir un jouet de la couleur identifiée comme celle de l'autre sexe, il est préférable de proposer les deux couleurs, rose ou bleu, pour être sûr d'en vendre deux fois. Et si l'on propose une couleur neutre comme du vert, on prend le risque de ne pas vendre à l'un des deux sexes, parce que les magasins de jouets comme les catalogues sont organisés autour de deux catégories, les rayons filles et les rayons garçons, les pages roses et les pages bleues, et que les espaces mixtes, ni roses ni bleus, ont de grandes chances de ne pas être visités. C'est ce qu'explique Denis Colombi dans un billet de son blog [27] où il parle de «sentier de dépendance» dont il est difficile de sortir à propos du marché du jouet sexué, offre et demande de jouets genrés se renforçant mutuellement. Lego a dû s'adapter à un marché segmenté et organisé en fonction du sexe : les filles n'allaient pas voir les Lego car ils étaient dans les rayons qui s'adressaient aux garçons, il a donc fallu proposer des Lego roses pour en vendre aux filles.

Le marketing genré n'est pas propre aux enfants, les produits destinés aux adultes sont aussi différenciés par le genre : stylos, rasoirs, brosses à dents, etc. Cette segmentation peut être là aussi source d'inégalités entre femmes et hommes. Fin 2014, une commission mise en place par la Direction générale de la concurrence a été chargée d'enquêter en France sur ce que les Américains nomment la «woman tax» – la «taxe rose» en français – qui désigne le fait que les produits destinés aux femmes soient plus chers que leur équivalent pour les hommes, comme les déodorants ou les coupes de cheveux. Aux États-Unis, la woman tax avait été évaluée dans les années 1990, à la suite de quoi la Californie et l'État de New York avaient légiféré pour sanctionner par une amende la pratique de prix de vente différents en fonction du sexe des consommateurs dans les services (coiffeurs, pressing, garages, etc.).

8) Il est donc nécessaire combattre les stéréotypes de genre, même s'ils constituent des "repères" dans la construction sociale des individus…

C.D. : Cette idée que les stéréotypes sont importants en tant que repères repose sur des travaux en psychologie ou des études cognitives disant que le raisonnement humain ne fonctionne que par stéréotypes et qu'on est obligé d'avoir des stéréotypes pour penser et se comprendre. Cela permet de nous représenter de manière simple et partagée les choses que nous évoquons, comme «un chat» ou «un arbre».

Le problème n'est pas le stéréotype en lui-même, mais les inégalités qui sont liées à ces stéréotypes de sexe, mais aussi de race ou autre. Ces stéréotypes sont élaborés à partir de représentations hiérarchisées des deux sexes, de la fameuse «valence différentielle des sexes», dont découlent ensuite des préjugés sur les individus de chacun des deux sexes. On va ainsi considérer qu'une femme n'est pas apte à diriger une équipe et qu'un homme n'est pas compétent pour s'occuper d'enfants. Une grande partie des inégalités professionnelles entre hommes et femmes et entre «métiers d'homme» et «métiers de femmes» résultent de ces préjugés.

9) Dans la lutte pour l'égalité des sexes, certains débats, comme la question de la féminisation des noms de métiers ou le port de la jupe pour les garçons, peuvent paraître anecdotiques face à des problèmes plus graves comme les violences envers les femmes ou les homosexuels, les inégalités de carrière et d'accès aux positions de pouvoir, ou, dans certains pays, l'existence d'inégalités beaucoup plus flagrantes et profondes entre les sexes. Le combat ne doit-il pas être mené ailleurs ? 

C.D. : Si l'on pense, encore une fois, le genre comme un système de hiérarchie, tous les petits détails ont leur importance, puisque chaque élément a sa place dans ce système et vient révéler l'exercice de la même logique de genre.

Deux arguments sont fréquemment donnés pour s'opposer à la féminisation des noms de métier : premièrement «ça ne sonne pas bien», deuxièmement «ça n'est pas important», ce qui importe ce sont les inégalités.

Même si cela ne règlera pas tous les problèmes, féminiser les noms de métiers peut contribuer à réduire les inégalités, car nommer les métiers au féminin donne un éventail de représentations beaucoup plus large et facilite l'identification des filles à ceux-ci. Dire «maîtresse de conférence» ou «ingénieure», ce n'est pas seulement désigner des professions mais aussi leur donner la possibilité d'exister. Les travaux en psychologie sociale sur les stéréotypes de genre en science montrent par exemple que lorsqu'on demande à des enfants de dessiner «un scientifique» ils représentent rarement une femme et lorsqu'on leur demande de dessiner «une scientifique» ou «une personne scientifique» ils dessinent encore des hommes mais plus de femmes. Les mots peuvent participer à changer les représentations et à combattre les stéréotypes. La féminisation des noms de métiers n'est donc pas anodine, elle est un des éléments qui contribue, grâce aux effets de la socialisation, à la réduction des inégalités professionnelles entre hommes et femmes. Agir sur les multiples endroits, comme la langue, où se joue l'ancrage des représentations genrées, fait partie de la lutte pour l'égalité des sexes.

Concernant l'argument «ça sonne mal», je renvoie aux travaux de l'historienne de la langue Eliane Viennot [28]. Elle explique que la domination du genre masculin sur le genre féminin en grammaire a été inventée au XVIIème siècle. L'Académie française, créée en 1630, a alors banni certains mots comme «autrice» ou «médecine» qui étaient couramment utilisés à l'époque. L'interdiction de décliner certains noms de métiers au féminin est interprétée par Eliane Viennot comme la volonté d'exclure les femmes de certains domaines (le pouvoir, les lettres, les sciences). Si on avait gardé l'habitude de dire autrice comme on dit actrice, cela ne choquerait personne. Et on se rend compte qu'il faut peu de temps pour s'habituer à ces sonorités oubliées, comme on peut en faire l'expérience à l'échelle individuelle. J'emploie le terme «maîtresse de conférence» depuis quelques années et je suis déjà choquée quand une femme se présente comme «maître de conférence». Les mots comme autrices ont disparu de notre langue il y a presque quatre siècles, mais il ne faudra pas quatre siècles pour que tout le monde s'habitue à nouveau à les entendre.

10) Certains travaux récents montrent l'intérêt d'articuler la catégorie genre avec d'autres catégories d'analyse telles que la classe sociale ou l'origine pour montrer la complexité des systèmes de domination. Qu'apportent ces approches dites « intersectionnelles » à l'analyse des inégalités sociales ?

C.D. : Les travaux sur l'intersectionnalité sont récents en France, parce que traduits récemment. Le livre de bell hooks Ne suis-je pas une femme ? qui parait aux États-Unis en 1981, mais qu'elle avait écrit dix ans auparavant, vient seulement d'être traduit en France [29]. Dans ce livre, il est question d'intersectionnalité avant que l'approche ne soit théorisée dans les années 1990. Bell Hooks explique qu'elle ne se reconnait pas dans la voix des féministes blanches car elle est à la fois noire et pas du même milieu social. Dans cette nouvelle conception des inégalités de genre, inspirée du féminisme noir américain, on ne s'attache pas seulement au fait d'être une femme, mais une femme de tel milieu social, origine, couleur de peau, orientation sexuelle, âge… Toutes ces catégories sociales représentent autant de rapports de pouvoir différents. Il s'agit donc, avec la notion d'intersectionnalité, de comprendre comment les dominations se combinent, dans un sens ou dans l'autre, pour les individus situés à l'intersection de plusieurs rapports de domination.

Pendant longtemps les femmes ont été le «point aveugle» en sociologie et anthropologie, pour reprendre l'expression utilisée par Danielle Kergoat dans Se battre, disent-elles… [30]. En sociologie du travail par exemple, les travaux portaient sur les ouvriers mais jamais sur les ouvrières. Par la suite, la question du genre a été prise en compte et les recherches se sont focalisées sur les inégalités en termes de genre, mettant entre parenthèse les questions de classe sociale ou d'inégalités raciales. Aujourd'hui, considérer seulement le genre n'est pas toujours suffisant pour comprendre la complexité des mécanismes de domination et il est intéressant d'articuler l'analyse du genre avec celle d'autres rapports sociaux. On peut prendre comme exemple la chaîne de domination entre femmes du nord et femmes du sud qui passe par une chaîne de soin et de services domestiques. Les femmes blanches occidentales, de milieux favorisés, emploient, pour faire le ménage ou garder leurs enfants, des femmes noires, immigrées, en provenance de pays du sud, qui font elles-mêmes garder leurs enfants dans leur pays par des femmes pauvres qui viennent de la campagne, et ainsi de suite. Ainsi, les femmes immigrées sont dominées dans les pays du nord lorsqu'elles viennent servir des femmes blanches, mais dominantes dans leur pays car urbaines, plus éduquées, etc.

Les inégalités, c'est donc bien plus compliqué qu'un simple rapport de domination entre les deux sexes car on est face à une multiplicité des systèmes de domination. 


Notes :

[1]  Les principaux textes de la féministe matérialiste Christine Delphy sont réunis dans : L'ennemi principal, 2 tomes, Syllepse, 1997 et 2001.

[2] Rose-Marie Lagrave, "Recherche féministe ou recherche sur les femmes", Actes de la recherche en Sciences Sociales, n°83, juin 1990, p. 27-39.

[3] Voir par exemple cette contribution sur la généalogie du concept de genre : Yannick Chevalier et Christine Planté, "Ce que le genre doit à la grammaire", in L. Laufer, F. Rochefort (dir.), Qu'est-ce que le genre ?, Payot, 2014.

[4] Joan W. Scott, "Gender: A Useful Category of Historical Analysis", The American Historical Review, Vol. 91, Issue 5, 1986. Traduction française dans Les Cahiers du GRIF, Vol. 37, n°1, 1988, p.125-153.

[5] Ann Oakley, Sex, Gender and Society, London, Temple Smith : New society, 1972.

[6] Joan Scott définit ainsi le genre : « Le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir » (op. cit., 1988[86], p.141).

[7] A. Fausto-Sterling, Corps en tous genres. La dualité des sexes à l'épreuve de la science, La Découverte, "Genre & Sexualité", 2012 (édition originale 2000).

[8] op. cit., tome 2 : "Penser le genre", 2001.

[9] Voir aussi : Delphine Gardey et Ilana Löwy, L'invention du naturel. Les sciences et la fabrication du naturel et du féminin, Édition des archives contemporaines, 2000.

[10] Thierry Hoquet, Des sexes innombrables : Le genre à l'épreuve de la biologie, Seuil, coll. "Science ouverte", 2016.

[11] Joan Roughgarden, Le Gène généreux. Pour un darwinisme collaboratif, Seuil, coll. "Science ouverte", 2012.

[12] Voir la conférence de C. Détrez "Il était une fois le corps…" sur SES-ENS.

[13] Lynda Birke, Feminism and the biological body, Rutgers University Press, 2000.

[14] Emily Martin, The Woman in the Body, Beacon Press, 1987.

[15] IVème congrès de l'AFS, "La sociologie, une science contre nature ?" (Saint-Quentin en Yvelines, 29 juin-2 juillet 2015).

[16] Sébastien Lemerle, Le singe, le gène et le neurone. Du retour du biologisme en France, Puf, coll. "Science, histoire et société", 2014.  Compte rendu sur Lectures.

[17] Geneviève Fraisse, Muse de la raison, démocratie et exclusion des femmes en France, Éditions Alinéa, 1989, Folio-Gallimard, 1995.

[18] Evelyne Peyre et Joëlle Wiels, "Le sexe par défaut", in L. Laufer, F. Rochefort (dir.), Qu'est-ce que le genre ?, Payot, 2014.

[19] Christine Planté, La petite sœur de Balzac. Essai sur la femme auteur,  PUL, 2015 (première éd. 1989).

[20] Catherine Vidal, Nos cerveaux, tous pareils, tous différents, Belin, coll. "Égale à égal", 2015.

[21] C. Détrez, Les femmes peuvent-elles être de Grands Hommes ? Sur l'effacement des femmes de l'histoire, des arts et des sciences, Belin, coll. "Égale à égal", février 2016.

[22] Odile Fillod, "Sexes, mensonges et vidéo : Baron-Cohen et le modèle norvégien", 4 octobre 2013.

[23] Corps en tous genres, op.cit..

[24] L'ennemi principal, op.cit., tome 2 : "Penser le genre".

[25] Et cela même lorsque les hommes évoluent dans des domaines professionnels «féminins». Voir par exemple Marie Buscatto et Bernard Fusulier, "Les «masculinités» à l'épreuve des métiers «féminins»", Recherches sociologiques et anthropologiques, vol.44, n°2, 2013.

[26] Voir par exemple cette communication de Mona Zegaï au colloque "Enfance & Cultures" de 2010 : "Trente ans de catalogues de jouets : Mouvances et permanences des catégories de genre".

[27] Denis Colombi, "Le sexisme fait-il vendre ?" (12/01/2012).

[28] Éliane Viennot, Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! Petite histoire des résistances de la langue française, Éditions iXe, 2014.

[29] bell hooks, Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme, Ed. Cambourakis, sept. 2015.

[30] Danielle Kergoat, Se battre, disent-elles…, La Dispute, 2012. Compte rendu sur Lectures.


Pour aller plus loin

Des publications de Christine Détrez sur la thématique du genre

Christine Détrez, Les femmes peuvent-elles être de Grands Hommes ?, Belin, coll. "Égale à égal", février 2016.

Christine Détrez, Quel genre ?, Thierry Magnier, mars 2015.

Christine Détrez et Claire Piluso, "La culture scientifique, une culture au masculin ?", in Sylvie Octobre (dir.), Questions de genre, questions de culture, Ministère de la culture-DEPS, déc. 2014 (synthèse de l'ouvrage).

Christine Détrez , "Des shonens pour les garçons, des shojos pour les filles ? Apprendre son genre en lisant des mangas"Réseaux n°168-169, 4/2011.

Christine Détrez, "Il était une fois le corps... la construction biologique du corps dans les encyclopédies pour enfants"Sociétés contemporaines, n°59-60, 2005/3-4.

Sur SES-ENS

Conférence de Christine Détrez, "Il était une fois le corps…" sur SES-ENS (avril 2011).

Vous pouvez aussi consulter ce passage d'un entretien réalisé avec Christine Détrez et Pierre Mercklé en 2011, qui aborde la différenciation selon le genre des pratiques culturelles et des loisirs des enfants et adolescents.

Manuels et revues

Outre les références citées dans l'entretien, nous vous signalons deux manuels récents qui abordent les problématiques nouvelles en sociologie du genre :

- Laure Béréni et alii, Introduction aux études sur le genre, De Boeck, 2012 (2e édition).

- Marie Buscatto, Sociologie du genre, A. Colin, coll. Cursus, 2014.

Ainsi que deux revues consacrées à la réflexion et la recherche sur le genre :

- Cahiers du Genre (Éditeur L'Harmattan), revue pluridisciplinaire et internationale qui diffuse des travaux de recherche sur les questions et rapports de genre dans de multiples sphères sociales (travail, politique, famille, sexualité, corps, violence, sciences, art, etc.), différentes sociétés et époques.

- Travail, genre et société (Éditeur La Découverte), revue pluridisciplinaire et internationale qui se donne pour objet l'étude de la différence des sexes dans le monde du travail et plus largement de la place des femmes dans la société.

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