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Les auteurs : entre libéralisme et socialisme

Publié le 17/09/2008
Auteur(s) : Jean-Pierre Potier
Durant la première moitié du XIXe siècle, la pensée économique classique fait l'objet de nombreuses critiques qui proviennent d'horizon très divers. En effet, ces réactions émanent de philanthropes, de réformateurs sociaux et de socialistes (désignés un peu abusivement sous le nom de « socialistes utopiques »), mais aussi de conservateurs et de nationalistes. Les critiques sont d'ordre méthodologique quand elles reprochent aux classiques l'excès d'abstraction, le caractère universel et naturel des lois économiques. Les critiques portent aussi sur les théories classiques et sur la société capitaliste dont elles seraient le reflet. Les critiques portent enfin sur le libéralisme et le rôle très restreint de l'Etat dans l'économie.

En fait, il est très difficile de procéder à un classement systématique et exhaustif des réactions contre le classicisme. Cependant, parmi les auteurs anglais, français et allemands de la période, nous pouvons dégager quelques groupes d'auteurs ou de courants dont l'influence a été importante. Nous envisagerons successivement les contributions de Sismondi, des réformateurs sociaux dont la postérité sera socialiste, des socialistes jusqu'en 1848, puis celles de Friedrich List et de Karl Marx.

La réaction interventionniste de Sismondi.

Le genevois J.-C.-L. Simonde de Sismondi (1773-1842) est tout à la fois un historien et un économiste. Sa contribution est originale dans la mesure où elle vient de l'économie classique elle-même. En effet, son premier ouvrage, De la richesse commerciale paraît la même année que le Traité d'économie politique de Say (1803).Tout en restant fidèle à Adam Smith, Sismondi s'en prend à ses héritiers, en particulier Ricardo et son école, dans l'article « Political Economy » rédigé en 1815 pour l'Edinburgh Encyclopaedia, dans les Nouveaux principes d'économie politique (1e édit., 1819 ; 2e édit., 1827), puis dans les Etudes sur l'économie politique (1837-38).

Devenu adversaire des classiques, Sismondi attaque une « orthodoxie » qui réduit l'économie politique à une « science abstraite des richesses », la « chrématistique » et à la « maxime la plus simple, et en apparence plus libérale, de laisser faire et laisser passer » (Avertissement à la 2e édition des Nouveaux principes d'économie politique, Calmann-Lévy, p. 50). Sismondi ne croit pas à la réalisation automatique d'un équilibre permanent ; il combat la loi des débouchés de Say, propose une explication des crises générales de surproduction (voir le thème précédent), mais il dénonce aussi la spoliation et la misère dont sont victimes les travailleurs. Il réagit contre le libéralisme absolu et il plaide pour l'intervention de l'Etat afin de résoudre la « question sociale ». Toutefois, il se méfie des solutions proposées par les réformateurs sociaux en Angleterre et en France : « qui serait - dit-il - l'homme assez fort pour concevoir une organisation qui n'existe pas encore, pour voir l'avenir comme nous avons déjà tant de peine à voir le présent ? ». Dans le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, Sismondi est qualifié de chef de file du « socialisme petit-bourgeois ».

Les réformateurs sociaux dont la postérité sera socialiste.

Nous trouvons ici quelques réformateurs sociaux que l'on peut qualifier de « présocialistes » ou de « protosocialistes » : Owen, Saint-Simon et Fourier.

Robert Owen (1771-1858). Industriel du coton à Manchester, il devient, à partir de 1800, directeur d'un ensemble de quatre filatures à New Lanark en Ecosse. Anticipant sur la législation ouvrière, il améliore les conditions de travail, de rémunération et de vie des salariés. Il refuse de faire travailler les enfants de moins de dix ans et les fait instruire gratuitement dans des écoles. Il tente aussi, jusqu'en 1818, à plusieurs reprises et sans succès, de faire adopter un Factory Act par le Parlement britannique.

Son affaire ayant périclité, il s'installe aux Etats-Unis où il fonde dans l'Indiana, la communauté de New Harmony, qui se soldera par un échec (1825-28). Auteur de A New View of Society (1813), An Address to the Inhabitants of New Lanark (1816), The Book of the New Moral World (1836-44), Owen pense que les hommes sont soumis toute leur vie exclusivement à l'influence du milieu historique et social, indépendamment de leur volonté. Ainsi, ni les capitalistes, ni les travailleurs ne peuvent être tenus pour responsables des malheurs de la société. Il convient donc de changer le milieu social et l'éducation joue un rôle décisif en la matière. Owen préconise la formation de villages coopératifs afin de résoudre la question du chômage et de la pauvreté. Il souhaite aussi le remplacement de la monnaie par le travail comme « étalon naturel de la valeur », au plan pratique, au moyen de « labour notes ». Une expérience malheureuse en ce sens sera tentée en 1832 par le « National Equitable Labour Exchange ». En 1844, les disciples d'Owen vont créer la première coopérative de consommation britannique, les « Equitables pionniers de Rochdale ».

Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825). L'essentiel de la pensée de Saint-Simon appartient au courant de l'« industrialisme ». Toutefois, son « industrialisme » connaît plusieurs phases. Ainsi, en 1816-18, dans la période de publication de L'Industrie, avec Augustin Thierry, Saint-Simon est un adepte du libéralisme politique et économique. En revanche, de 1819 à 1825, sa pensée se détache du libéralisme et se fait l'annonciatrice du socialisme, en plaidant pour les associations industrielles. Il est l'auteur de : L'Industrie (1816-17), L'Organisateur (1819-20), Du système industriel (1821-22), Catéchisme des industriels (1822-24), Le Nouveau christianisme (1824).

Dans L'Organisateur, Saint-Simon publie un célèbre pamphlet, auquel Olinde Rodrigues, en le rééditant donnera le nom de « Parabole ». Il explique que si la France perdait dans chaque science, chaque art, chaque industrie, chaque métier, les « 50 premiers », la situation serait catastrophique ; en revanche, si elle perdait les princes, les ministres, les maréchaux, les juges, le haut-clergé, et les 10 000 plus riches propriétaires, on ne constaterait « aucun mal politique pour l'Etat », car ils pourraient être aisément remplacés. Saint-Simon souhaite confier le pouvoir politique aux « industriels », c'est-à-dire aux producteurs. Il imagine la nation comme un « grand atelier » et pense que la société doit « être gouvernée au meilleur marché possible » et « le moins possible ». Saint-Simon condamne la « classe oisive » (prêtres, militaires, capitalistes rentiers, propriétaires non exploitants...), qui vit de la rente foncière ou du profit prélevé sur les producteurs.

Charles Fourier (1772-1837) se propose, dans la Théorie des quatre mouvements et des destinées générales (1808) et dans Le nouveau monde industriel et sociétaire (1829), de faire naître l'harmonie sociale par la coopération des tendances individuelles et du jeu de douze passions humaines. Les phalanstères, ou petites associations de producteurs agricoles et industriels, en sont la forme d'organisation.

Les socialismes jusqu'en 1848.

Tout d'abord, rappelons que l'usage du mot « socialisme » se répand en France à partir des années 1830. Dans un article intitulé « Economie politique », paru dans la Revue encyclopédique en août 1834, Pierre Leroux affirme : « Nous sommes [...] aujourd'hui la proie de ces deux systèmes exclusifs de l'individualisme et du socialisme, repoussés que nous sommes de la liberté par celui qui prétend la faire régner, et de l'association par celui qui la prêche » (p. 106). Il utilise le mot « socialisme » pour désigner les Saint-simoniens et les fouriéristes.

Jusqu'en 1848, en Angleterre et en France, les socialismes se présentent sous différentes formes : les « socialistes ricardiens » ou les « labour writers » ; les Saint-simoniens ; le socialisme de l'« Ecole sociétaire » : Victor Considérant ; le socialisme de Louis Blanc ; le « socialisme mutuelliste » de Pierre-Joseph Proudhon.

Les « socialistes ricardiens » ou les « labour writers ».

Il existe un courant actif en Angleterre, dans la période 1820-1830, que Marx appelle l' « opposition aux économistes sur la base de la théorie ricardienne » (Théories sur la plus-value). En 1899, H. S. Foxwell désigne ce courant sous le nom de « socialistes ricardiens » dans sa Préface à sa traduction en anglais du livre d'Anton Menger (frère de Carl), Le droit au produit intégral du travail, affirmant que ce n'est pas Owen mais Ricardo et sa théorie de la valeur qui inspire le socialisme en Angleterre. En réalité, les « socialistes ricardiens » reprochent à Ricardo de ne pas tirer les conséquences de sa théorie de la valeur et de ne pas admettre que la rente, le profit, l'intérêt constituent autant de prélèvements illégitimes sur le produit intégral du travail. Une série d'auteurs « anticapitalistes » peut être rattachée à ce courant :

William Thompson (1723-1833), auteur de: An Inquiry into the Principles of the Distribution of Wealth Most Conducive to Human Happiness (1824) et de Labour Rewarded. The Claims of Labour and Capital Conciliated (1827).

John Gray (1799-1850), auteur de : A Lecture on Human Happiness (1825).

Thomas Hodgskin (1787-1869), auteur de: Labour Defended Against the Claims of Capital (1825) et de Popular Political Economy (1827).

John Francis Bray (1809-1895), auteur de: Labour's Wrongs and Labour's Remedy or the Age of Might and the Age of Right (1839).

Les Saint-simoniens.

Dans le Saint-simonisme, il convient de distinguer la pensée de Saint-Simon (cf supra) et celle de ses disciples. À la mort du maître en 1825, un groupe de fidèles se constitue autour de Saint-Amand Bazard (1791-1832), Barthélémy-Prosper Enfantin (1796-1864), Olinde Rodrigues (1794-1851), Philippe Buchez, les frères Pereire et Gustave d'Eichthal. À ce groupe, adhérent des chefs d'entreprises, des artisans, des banquiers, des ingénieurs. L'école saint-simonienne diffuse ses idées par des journaux tels que Le Producteur (1825-26), L'Organisateur (1829-31), Le Globe (1830-32) et elle met en place un système d' « exposition de la doctrine », sous la forme de conférences publiques. À la fin de 1829, l'école décide de fonder une Eglise avec une hiérarchie à la tête de laquelle se trouvent les deux « Pères suprêmes », Enfantin et Bazard.

À partir de cette date, plusieurs schismes vont survenir : celui de P. Buchez, celui de Bazard et celui d'O. Rodrigues. L'Eglise devenue secte se retire dans une maison de Ménilmontant avec ses vêtements, ses rites, ses cantiques ; elle sera poursuivie en justice, en 1832, pour outrage à la morale et aux bonnes mœurs.

Les Saint-simoniens se livrent à une critique de la concurrence et de la propriété, qui conduit à l'exploitation de l'homme par l'homme. Ils proposent une réorganisation complète de la société, qui conduit à les classer dans le « socialisme technocratique », le « socialisme hiérarchique » ou le « socialisme organisateur ». La devise du Globe devient : « À chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses œuvres ».

Après 1832 et tout au long du XIXe siècle se développe en France un « saint-simonisme pratique », qui se déploie dans de très nombreuses directions : le percement d'isthmes comme ceux de Suez et de Panama, l'assèchement de marécages, l'exploitation de mines, l'éclairage au gaz à Paris, les chemins de fer, la création d'établissements de crédit et d'institutions d'assurance, les logements à bon marché, l'aide sociale, l'enseignement professionnel et l'action en faveur du libre échange. Les Saint-simoniens vont insuffler un grand dynamisme à une génération d'hommes d'affaires, de capitaines d'industrie et ils ont compris l'importance des techniques modernes. L'un des représentants politiques de ce mouvement est Michel Chevalier (1806-1879), conseiller de Napoléon III pour les questions économiques et professeur d'économie politique au Collège de France, de 1840 à 1876.

Le socialisme de l'« Ecole sociétaire » : Victor Considérant.

Polytechnicien, Victor Considérant (1808-1893) abandonne la carrière militaire en 1831 pour se consacrer entièrement à la diffusion de la pensée de Charles Fourier, dont il renforce l'orthodoxie et l'aspect pratique ; il tente la création d'un phalanstère à Condé-sur-Vesgres. Il dirige les journaux Le Phalanstère (1832-34), La Phalange (1836-49) et Démocratie pacifique (1843-50). Entre 1834 et 1844, il publie Destinées sociales, dont le premier volume est mis à l'index (en 1836) par le pape Grégoire XVI, puis Exposition du système de Fourier (1845), Principes du socialisme (1847), Description du Phalanstère (1848). En 1848, il est élu député à l'Assemblée constituante et participe à l'insurrection de juin aux côtés de Ledru-Rollin. Réfugié en Belgique, puis au Texas (1853), il y fonde une société communautaire, qui sera ruinée par la guerre de Sécession.

Le socialisme de Louis Blanc.

Adversaire de la Monarchie de Juillet, Louis Blanc (1811-1882) publie en 1839 Organisation du travail, dans lequel il combat la libre concurrence et prône la formation d'« ateliers sociaux ». L'ouvrage connaîtra un grand succès jusqu'en 1848. Après la Révolution de février, Louis Blanc devient l'un des représentants de l'opposition socialiste au sein du gouvernement provisoire. Président de la « Commission du Gouvernement pour les Travailleurs » ou Commission du Luxembourg, il sera considéré à tort comme le promoteur des « ateliers nationaux ». Jugé responsable des journées de juin 1848, il doit se réfugier en Grande-Bretagne de 1849 à 1870. Louis Blanc réalise une synthèse des pensées d'Owen, de Fourier et de Saint-Simon en se faisant le promoteur de l'association avec l'aide de l'Etat.

Le « socialisme mutuelliste » de Pierre-Joseph Proudhon.

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) est l'auteur de Qu'est ce que la propriété ? (1840) qui contient la célèbre formule : « La propriété, c'est le vol ». Selon lui, les propriétaires prélèvent un « droit d'aubaine », qui prend la forme de revenus sans travail (rente foncière, intérêt, profit...), contraires à la justice. Dans le Système des contradictions économiques ou Philosophie de la misère (1846), Proudhon combat aussi bien les socialistes « utopiques » que les économistes; l'ouvrage suscitera une réaction brutale de Karl Marx dans la Misère de la philosophie. En 1848, dans Organisation du crédit et de la circulation, et solution du problème social, Proudhon propose un système de crédit gratuit par le moyen d'une Banque d'échange; peu après, il fonde la Banque du Peuple qui se solde par un échec. Député de juin 1848 à février 1849, il est ensuite condamné à trois ans de prison. Plus tard, il expose l'ensemble de ses idées dans De la Justice dans la Révolution et dans l'Eglise (1858). Dans le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, Proudhon est qualifié de représentant du « socialisme conservateur ou bourgeois ».

Hostile aux réformateurs sociaux de son temps, Proudhon recherche la « vraie mutualité », un système dans lequel chacun obtiendrait les mêmes avantages en échange des mêmes services : service pour service, produit pour produit, prêt pour prêt, crédit pour crédit, etc. Les institutions à promouvoir sont donc le crédit mutuel, le secours mutuel, les garanties de débouchés, d'échange, de travail.

La réaction nationale et protectionniste : Frédéric List.

Friedrich List (1789-1846) est tout d'abord fonctionnaire dans l'Etat de Wurtemberg (1805-17), puis professeur d'administration publique à l'Université de Tübingen (1817-19). À partir de 1819, il dirige une association qui milite pour la suppression des douanes provinciales et pour l'adoption d'un tarif extérieur commun aux Etats allemands. Opposant politique, il est emprisonné. En 1825, il décide de s'installer aux Etats-Unis, où il devient journaliste économique et adepte du protectionnisme. De 1832 à 1837, il exerce les fonctions de consul américain, à Baden, puis à Leipzig. Il milite alors pour la formation d'une union douanière autour de la Prusse, le « Zollverein » (qui sera fondé en 1834) et pour la construction d'un réseau de chemins de fer dans les Etats allemands. Séjournant à Paris de 1837 à 1840, il rédige Le système naturel d'économie politique, qui restera inédit jusqu'en 1927. En 1841, il fait paraître le Système national d'économie politique. Selon List, l'économie classique considère la richesse comme une somme de valeurs échangeables réalisées. Or, la richesse d'un individu ou d'un pays est constituée par la somme de ses forces productives déjà mises en œuvre ou à activer. Les « forces productives » désignent un ensemble de forces en interdépendance : forces naturelles (ressources naturelles et travail manuel), forces intellectuelles (travail qualifié, esprit d'entreprise...) et forces sociales telles que les institutions et le rôle de l'Etat. List combat le « cosmopolitisme » de l'économie classique et il entend valoriser le rôle de la nation (un intermédiaire nécessaire entre l'individu et le genre humain) dans le développement économique. Tant que l' « état normal », c'est-à-dire l'« état agricole, manufacturier et commerçant », n'est pas atteint dans une nation, le protectionnisme reste nécessaire. Une fois les nations parvenues à l' « état normal », dans le cadre d'une union universelle, le libre échange peut devenir la règle.

Le socialisme de Karl Marx.

Karl Marx (1818-1883) occupe une place très spécifique dans l'histoire de la pensée économique et l'histoire des idées en général. Son œuvre a profondément marqué le XXe siècle et se trouve associée aux expériences historiques et sociales du « socialisme réel ». Les idées philosophiques de Marx et les caractéristiques de son « matérialisme historique » ne seront pas examinées ici. S'il emprunte beaucoup d'éléments aux économistes classiques anglais (Smith et Ricardo), Marx n'accepte pas leur conception des lois naturelles de fonctionnement et d'évolution du système économique et il affirme le caractère historique, et donc transitoire, du mode de production capitaliste. L'« Introduction à la critique de l'économie politique » (1857) contient un exposé de la méthode marxienne. Devant une réalité économique et sociale complexe, le chercheur doit procéder en deux temps. Tout d'abord, dans la phase d'investigation, il « remonte » du concret à l'abstrait en sélectionnant les catégories économiques les plus abstraites et les plus simples. Ensuite, dans la phase d'exposition (plan que Marx tente de suivre dans le Capital), il « redescend » de l'abstrait vers le « concret de pensée » par un travail de complexification croissante. Cela explique pourquoi le Capital débute par l'examen de la marchandise et fait abstraction dans un premier temps de la concurrence entre les capitalistes.

L'œuvre économique de Marx est très abondante. Aussi, nous nous limitons ici à l'indication de quelques ouvrages : Manuscrits économico-philosophiques ou Manuscrits de 1844, Misère de la philosophie (1847), le Manifeste du parti communiste, en coll. avec Friedrich Engels (1848), Manuscrits de 1857-1858 (Grundrisse), Contribution à la critique de l'économie politique (1859), Salaire, prix et profit (1865), Le Capital - Livre I (1867), Livre II (1864-77), Livre III (1869-79), Théories sur la plus-value - Livre IV du Capital (1861-63), Critique du programme du Parti ouvrier allemande ou Critique du programme de Gotha (1875).

Une part non négligeable des travaux économiques de Marx sont restés à l'état de manuscrits inachevés. En effet, concernant son œuvre majeure, Le Capital, seul le livre I est paru de son vivant, en 1867. À partir de manuscrits incomplets, les livres II et III seront publiés par son ami Engels, respectivement en 1885 et 1894, tandis que le livre IV, Théories sur la plus-value, sera édité par Karl Kautsky en 1905-10. Quant au premier « brouillon » du Capital, les Manuscrits de 1857-58, il paraîtra seulement en 1939-41.


Jean-Pierre POTIER, Professeur de Sciences économiques à l'université Lumière-Lyon2 et chercheur au laboratoire Triangle - pôle Histoire de la Pensée (Centre Walras) pour SES-ENS.

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